QUINZIÈME LEÇON LA FIÈVRE INTERMITTENTE
Messieurs,
La fièvre intermittente, vous le savez, est due à un hématozoaire particulier qui provient surtout des marais et qui a été découvert et décrit par M. Laveran.
Elle se manifeste d'ordinaire, chez l'adulte, par des accès comprenant trois périodes distinctes : 1° frisson; 2° chaleur ; 3° sueur.
Généralement irrégulière d'emblée, elle se règle par la suite donnant lieu aux types dits : quotidien., tierce, quarte, double tierce, tierce dotcblée, etc.
Je n'ai nullement l'intention d'insister aujourd'hui sur ces caractères pourtant très importants et en quelque sorte primordiaux. J'en arrive tout de suite à la fièvre intermittente chez l'enfant.
Nous en avons actuellement 3 cas dans le service: Le premier, au n» 6 de la salle Saint-Joseph, chez un garçon de 13 ans et demi.
Le deuxième, au no 10 de la même salle, chez un
enfant de 12 ans.
Le troisième, au n" 11, chez un autre de 7 ans, frère
du précédent.
Si nous considérons les courbes thermiques relatives à
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ces trois malades, nous n'y trouvons point la régularité pour ainsi dire mathématique que l'on observe habituellement dans cette maladie chez l'adulte, c'e?t-à dirc : un intervalle toujours égal d'apyrexie et la réapparition jo^nodique des accès.
Je commence par vous dire, ce qui doit en somme résulter de celte leçon, que : la caractéristique de la fièvre intermittente chez l'enfant est, en effet, Y irrégularité.
Non seulement la fièvre ne se produit pas chez lui suivant un type classique parfaitement déterminé; car, tantôt continue^ tantôt quotidienne, elle peut alternativement faire défaut et reparaître pendant plusieurs jours consécutifs ; mais elle est encore le plus souvent anomale, en ce sens qu'elle se traduit simplement par une décoloratioa tègumentaire momentanée, un refroidissement transitoire des extrémités , ou même des î;o?7^me??^eî^^5: symptômes fugaces, bien capables de ne pas attirer suffisamment l'attention ou de la détourner de la véritable nature du mal.
Cette irrégularité entraîne nécessairement, comme j'aurai à vous le montrer tout à l'heure, quelques modifications dans la thérapeutique ordinaire de la fièvre intermittente.
Jusqu'ici j'avais été fort systématique dans le traitement de cette affection chez l'adulte.
On conçoit d'ailleurs assez facilement qu'une maladie régulière nécessite un traitement régulier et pour ainsi dire presque mathématique.
Je donnais, ainsi que je l'avais vu pratiquer avec succès par mon maître M. le professeur Dupré à la Clinique médicale, le sulfate de quinine deux jours de suite, en trois fois et à demi-heure d'intcrvaUe, à la dose de 1 gram.