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TRENTE ET UNIÈME LEÇON

Là, se trouvant en contact avec du cérumen accumulé et des poussières venues du dehors, le pus forme des concrétions qui irritent la peau, l'enflamment et, ainsi, se trouve produite de toutes pièces l'otite externe.

Si la matière purulente séjourne trop longtemps au contact de la membrane du tympan, celle-ci s'enflamme (myringite), se perfore, et la suppuration envahit alors l'oreille moyenne, qui devient à son tour le siège de l'inflammation , (otite moyenne).

Quelquefois même, le mal ne s'arrête pas là. L'inflammation peut en effet se propager jusqu'à l'oreille interne et, de là, aux méninges.

Que de méningites dites tuberculeuses qui sont imputables à une otite, méconnue ou non, et primitivement externe ou moyenne avant de devenir interne!

L'eczéma de l'oreille est donc toujours dangereux, en raison de la suppuration à laquelle il peut donner lieu et des conséquences graves qui peuvent en résulter.

Il faut établir des degrés dans l'otite, même externe, et le pronostic doit varier avec chacun d'eux.

Nous reviendrons ultérieurement d'ailleurs sur ce point de pratique extrêmement important.

Chez les enfants, l'otite moyenne a souvent pour origine V inflammation du pharynx.

L'angine, d'une manière générale, peut la déterminer par l'intermédiaire de la trompe d'Eustache.

Il suflit en effet qu'il existe une angine simple, pour que l'enfant puisse présenter de Votalgie ou même delà surdité.

Si l'inflammation se propage à la trompe, celle-ci ne tarde pas à se rétrécir, sa muqueuse se tuméfie, il se produit une hypersécrétion qui pénètre et s'accumule dans

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la caisse du tympan, donnant ainsi naissance à l'otite moyenne.

Le pus se trouvant alors emprisonné dans une cavité close de toutes parts, il faut que V obstruction cesse ou que la membrane du tympan se 'perfore; sinon l'inflammation se propage plus facilement aux méninges par l'intermédiaire de l'oreille interne.

Je ne passerai pas successivement en revue devant vous, Messieurs, toutes les causes d'angine ou de pharyngite.

L'enfant couché au n° 14 de la salle Saint-Joseph est atteint d'amygdalite chroniqîie plus marquée du côté droit, et c'est à elle que doit être attribuée, selon toutes probabilités, son otite droite qui a eu pour conséquence la perforation du tympan. Cette perforation, visible àl'œil nu comme à Totoscope, est aussi révélée par le bruit spécial produit dans cette oreille et perçu à distance toutes les fois que ce malade, la bouche fermée et les narines closes, essaye de souffler fortement.

L'otite est souvent liée à l'influence de causes générales.

Que de fois avons-nous vu des enfants prélsenter une otite à la suite de la coqueluche, d'une fièvre éruptive quelconque (rougeole, variole, scarlatine), de la dothiénentérie, d'une pneumonie, de la diphtérie, de la grippe, etc. !

La malade couchée au n" 2 de la salle Sainte-Julie, âgée de 7 ans et atteinte d'une otorrhée double depuis six ans environ, se trouve précisément dans ce cas, à la suite de la rougeole.

Toutes ces maladies infectieuses peuvent, d'une manière ou d'une autre, engendrer l'otite.

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L'angine du début et celle de la fin de la scarlatine, celle du début de la fièvre typhoïde, sont des éléments étiologiques importants avec lesquels il faut savoir compter.

La coqueluche est une affection à manifestations catarrhales. Quoi d'étonnant si ce catarrhe se transmet parfois jusqu'àl'oreille moyenne ?

Dans tous les cas, il faut tenir compte aussi de Idi nature infectieuse de ces divers états morbides.

Je suis convaincu que, si l'otite est imminente, ces états pathologiques la feront éclater plus vite ; si elle existe déjà, ils la compliqueront toujours et Vaggraveront le plus souvent.

A ce sujet, laissez-moi rappeler ici certains faits qu'il m'a été donné d'observer et qui sont, à mon avis du moins, des plus démonstratifs.

Certain jour, je suis appelé à soigner un malade atteint de pneumonie aiguë peu évidente, qui présentait aussi tous les signes d'une méningite avec délire Qi fièvre intense.

Au bout de quelques jours, un écoulement très abondant de pus se produisit tout à coup par X oreille droite et je constatai aussitôt la disparition, complète et définitive, de l'appareil symptomatique de la méningite.

Il est probable que, sous l'influence de la nature infectieuse de la pneumonie, peut-être aussi, d'une certaine prédisposition locale, il s'était produit chez ce malade une otite moyenne facilement transmise à l'oreille interne, et que les symptômes de méningite étaient dus à cette inflammation, propagée jusqu'aux enveloppes du cerveau.

Quant à la perforation du tympan, qui donna issue au pus et qui provoqua pendant quelques semaines de la surdité unilatérale, elle se cicatrisa et le malade finit par entendre aussi bien de ce côté que de l'autre.

Il y a deux ans environ, je fus appelé auprès d'un autre malade alleinlde fièvre typhoïde bien manifeste etrpii se plaignait de vives douleurs de tête. L'ayant interrogé attentivement, j'appris que, depuis très longtemps, ses oreilles suppuraient.

Ce malade succomba à une méningite survenue au cours de sa fièvre typhoïde, mais préparée de longue main par son otite double et chronique.

Je passe maintenant à la symptomatologie de l'oLite, particulière à l'enfance.

Ici, Messieurs, ne vous attendez pas à des renseignements bien nombreux, ni bien précis.

Chez l'enfant, Votalgie est très fréquente à l'époque de la dentition. Rarement accusée par le patient, elle peut, quand elle l'est, vous induire en erreur.

Cette otalgie peut se produire aux diverses époques de l'évolution dentaire ou accompagner la carie des dents.

Toutes les fois que vous serez en présence d'un jeune malade souffrant d'une oreille ou des deux, examinez attentivement le conduit auditif externe ainsi que l'isthme du gosier, l'amygdale et la cavité pharyngienne, principalement dans le voisinage de la trompe d'Eustache.

Je vous ai montré, bien des fois et tout à l'heure encore à la visite, comment il fallait s'y prendre pour examiner l'oreille externe.

Le malade étant placé latéralement en face d'une fenêtre, vous appuyez le pouce, gauche ou droit suivant l'oreille malade (gauche ou droite), en avant de l'orifice externe du conduit auditif, au niveau du tragus qu'il maintient ainsi écarté, tandis que, de la main restée libre, vous tirez en arrière et en haut le pavillon de l'oreille saisi par sa partie

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supérieure. De cette façon vous donnez au conduit auditif une rectitude aussi grande que possible et votre regard peut alors plonger, si le conduit est libre, jusqu'à la membrane du tympan.

Il peut se faire que, sans cela, V Injpersécrétion ou la suppuration se traduise au dehors ; mais, en général, c'est V examen direct du conduit auditif externe qui permettra d'établir sûrement le diagnostic.

L'examen otoscopique vous aidera à découvrir l'état normal ou pathologique du tympan, des osselets, de Toreillc moyenne. Il vous fera constater l'existence ou l'absence de perforations sur la membrane tympanique. Mais, ici, il est un moyen bien plus simple de s'en rendre compte.

Vous priez le malade de soufQer bien fort, après avoir hermétiquement fermé son nez et sa bouche.

Si la membrane est perforée, vous entendrez un sifflement caractéristique, qu'il est impossible de méconnaître lorsqu'on l'a bien perçu une première fois. II est déterminé par le passage de l'air à travers l'orifice anormal et par la collision de cet air avec les divers liquides qu'il rencontre sur son passage.

Dans le cas contraire, on ne perçoit rien de particulier.

L'intégrité fonctionnelle de l'ouïe n'est pas toujours et nécessairement compromise, du moins d'une façon définitive, par la perforation de la membrane du tympan.

Il importe surtout, dans ces cas, que l'oreille interne soit intacte, car la cicatrisation peut fort bien se produire, ainsi que je vous l'ai déjà dit. Je vous en ai cité tout à l'heure un exemple fort remarquable.

Les enfants ont la mauvaise habitude de respirer par la bouche. Il en résulte d'ordinaire une angine chronique.

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L'intlammalion occupe la muqueuse pharyngienne, souveiiL aussi les amygdales. De là, la fréquence des angines, soiL aiguC'S, soit chroniques, à cet âge. Aussi doit-on recommander à l'enfant de respirer toujours par le nez, surtout s'il souffre habituellement des dents ou de la gorge.

Si vous désirez connaître l'état réel de la trompe d'Eustaclie, comme son cathétérisme est relativement difïïcile à cet âge, contentez- vous d'examiner la membrane du tympan.

Si vous trouvez celle-ci intacte, il est très probable que la trompe n'est pas atteinte; si, au contraire, la première est enflammée et surtout plus ou moins saillante au fond du conduit auditif, vous pouvez affirmer l'existence d'une obstruction de la seconde ainsi que la présence d'un liquide plus ou moins abondant, le plus souvent du pus, dans l'oreille moyenne.

Vous devez, dans ce cas, vous attendre à tout instant à voir ce liquide, purulent ou non, faire irruption à l'extérieur, après perforation de la membrane du tympan, ou fuser vers les méninges.

Voilà le tableau symptomatique ordinaire de l'otite. Mais, ainsi que je vous l'ai dit, la maladie peut se compliquer et donner lieu consécutivement à une méningite.

Toutes les fois, Messieurs, que vous croirez être en présence d'une méningite, songez à l'otite et à la pseudoméningite de dentition, dont je vous ai parlé si souvent.

L'enfant, dans ce dernier cas, présentera de la stomatite, il refusera les aliments, froids ou chauds.

Abandonné le plus souvent à lui-même, parles parents qui ne veulent pas le contrarier, encore moins le tourmenter ou le faire souffrir, cet enfant ne boira pas suffisamment. La flèvre s'accentuera de plus en plus. Les déchets

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