TUBERCULOSE RÉNALE. «J-'-J
au point de vue do l'interprélation palhogénique à donner de celte anémie spéciale.
Je demeure convaincu que son étiologie vraie nous échappe d'une manière complète à l'heure actuelle et qu'il y a là quelque chose qui reste encore à trouver.
Tous les auteurs qui ont étudié la question, depuis Biermer jusqu'à présent, sont, eux aussi, dans le doute le plus absolu à cet égard et, pour mon compte, je suis persuadé qu'on trouvera un jour la solution de ce problème si déhcat, dans l'altération, encore inconnue, de quelque organe important.
Poursuivons toutefois nos investigations relativement aux causes de l'anémie chez notre malade.
Issu d'une mère tuberculeuse, cet enfant serait-il simplement prédisposé à la maladie infectieuse, ou bien aurait-il au contraire déjà réalisé celle-ci ?
Cet enfant aurait, en outre, eu les fièvres intermittentes (?) à Frontignan.
Nous pourrions invoquer, comme cause d'anémie dans l'espèce, la cachexie palustre ; mais, en raison de la faible intensité des accès fébriles observés et de l'importance des troubles fonctionnels rénaux révélés par l'usage de la quinine, je trouve là des motifs suffisants pour songer à toute autre chose qu'à une cachexie paludéenne.
Il reste en effet bien d'autres questions à résoudre.
Vous m'avez vu noter une augmentation de volume de la rate. Cela m'a fait penser sans doute à la possibilité d'une leucémie splénique, c'est-à-dire à cet état particulier du sang caractérisé par l'augmentation du nombre des globules blancs et qui peut avoir pour origine la rate.
Virchow a établi une distinction importante dans la leucémie, suivant qu'elle est produite par les ganglions
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(leucémie giinglioniiaire)ou par la raie (leucémie splénique).
En raison du petit nombre de ganglions augmentés de volume chez notre malade, nous aurions pu admettre que la rate, hypertrophiée consécutivement à l'impaludisme, avait pu produire la leucémie.
Mais pour qu'il y ait augmentation de volume de la rate, il suffit que la circulation porte se fasse mal, il suffit que le foie soit cardiaque, cirrhosé, hypertrophié; or notre enfant souffrait aussi du côté du foie (hypochondre droit), ce qui pouvait encore, à la rigueur, nous rendre compte de l'anémie.
J'ai songé, aussi, à la tuberculose ; examinons ensemble cette question.
La tuberculose chez l'enfant ne diffère pas, en général, de la tuberculose de l'adulte.
Toutefois l'enfant présente certaines particularités, relatives à cette maladie, qu'il est intéressant de connaître.
Souvent la porte d'entrée du mal, chez lui, est le tégument externe. C'est ainsi qu'on voit quelquefois l'eczéma de la face et du cuir chevelu être suivi de tuberculose.
Pour ce qui est de l'appareil respiratoire, rien ne diffère, chez l'enfant, de ce qui se passe à un âge plus avancé; si ce n'est que la rapidité de l'évolution morbide est en raison inverse du nombre des années.
Cependant il est un fait universellement reconnu, c'est que la tuberculose ganglionnaire est beaucoup plus commune chez l'enfant, soit qu'il s'agisse des ganglions bronchiques, soit, au contraire, des ganglions mésentériques.
Notre jeune malade a présenté, depuis qu'il est dans le service, des troubles gastro-intestinaux (vomissements, diarrhée).
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Je vous ai fuit remarquer, à plusieurs reprises, son ventre en bateau et la matilé qu'il présente. Il semble, en effet, que le météorisme ne puisse pas s'y produire.
Il est encore quelques particularités relatives à l'enfant, qu'il est bon de connaître.
Certains organes (foie, rate, mn), qui cbez l'adulte sont presque à l'abri de la tuberculose, sont au contraire souvent atteints de cette maladie dans le jeune âge (d'Espine et Picot).
En ce qui concerne le rein, tandis que, chez l'adulte, c'est généralement la tuberculose génitale qui débute (telle est du moins la conclusion à laquelle est arrivé tout récemment M. le D' Lancereaux chez l'enfant, au contraire, c'est la tuberculose urinaire .
Il peut se faire également qu'il y ait dégénérescence des organes (foie, rate, rein), surtout dégénérescence amyloïde, et, chez l'enfant, on ne doit jamais oublier, à ce point de vue, la syphilis héréditaire. Nous sommes complètement édifiés à cet égard, dans le sens de la négative, en ce qui concerne notre malade.
Reste enfin le côté relatif à la méningite tuberculeuse.
Il semble qu'un tissu est d'autant -plus tuberculisable qu'il est le siège d'une congestion plus active.
C'est ainsi que la méningite se montre surtout de 4 à 5 ans, c'est-à-dire au moment du développement le plus actif de l'intelligence.
La généralisation de la tuberculose chez l'enfant se fait, dit-on, très facilement. Gela ne me paraît pas toutefois aussi absolu qu'on le prétend.
Mon attention a été un moment, chez notre malade,
' Lancereaux ; La tuberculose des voies urinaires et des reins (6'em. merfic, 1891, pag. 450).