QUATRIÈME LEÇON LE GROS VENTRE
Messieurs,
J'ai pensé qu'il serait inléressant de vous parler aujourd'hui de cet enfant de 4 ans. entré hier dans un état déplorable et couché au no -4 de la salle Saint-Yincent.
Il présente, vous l'avez vu, le tableau le plus complet de la misère physiologique.
Très amaigri, il a de la diarrhée, ses membres sont grêles, ses fausses côtes déjetées en dehors ; son ventre est énorme.
Sur le pli inguinal gauche se trouve une plaie, produite par le bouton d'un bandage qu'on lui avait appliqué pour maintenir réduite une hernie inguinale double.
La moitié droite du cuir chevelu est le siège d'une horrible plaie occasionnée par une brûlure.
Ce malade est enfin profondément anémié et il est, en outre, porteur d'une cyphose lombaire des plus accusées.
Tout cela dénote, à première vue, un grand vice de nutrition et surtout d'assimilation.
A quoi peut tenir cet état pathologique ?
Pour moi, Messieurs, je le rapporte tout entier à ce que j'appelle le gros ventre.
Que faut-il entendre par ces mots ?
Dans vos ouvrages classiques, cherchez le chapitre relatif à cette maladie. Vous ne le rencontrerez nulle part.
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Vous IroLivercz cependant un article, intitulé : Carreau, dans lequel se trouve englobée la description de cette maladie, dont le carreau n'est, à mon avis, que la seconde période.
Ce matin, vous avez pu le voir quand je percutais avec attention l'abdomen de cet enfant, j'ai trouvé de la sonorité gastrique exagérée (dilatation de -l'estomac) et de la matité, splénique et bépatique, plus étendue que de coutume (hypertrophie du foie et de la rate).
Tout cela dénote, à mes yeux, un état pathologique particuher dont l'étiologie est, semble-t il, facile à déterminer.
Toutes les fois que je suis en présence du gros ventre, chez l'enfant, je songe tout de suite à l'alimentation vicieuse, soit par la qualité ou la quantité des substances ingérées, soit en raison de l'état spécial dans lequel certains aliments arrivent dans l'estomac par le fait d'une mastication incomplète.
Et cela n'est pas exclusivement propre à l'enfant.
Les gens très occupés, qui consacrent très peu de temps à leurs repas, et en général tous ceux qui pour un motif ou pour un autre mastiquent mal, souffrent habituellement de gastralgie ou de dyspepsie, parce que, leur mastication étant défectueuse, l'estomac est obligé pour ainsi dire de suppléer cà celle-ci.
lien résulte pour l'organe : d'abord de la simple fatigue, puis de la dilatation, cnQn de l'inflammation et l'on se trouve alors en présence d'une gastrite aiguë ou chronique.
Les enfants sont encore plus sujets à cette maladie. Les parents, craignant en général qu'ils ne se nourrissent
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pas suffisamment, les poussent à manger plus qu'ils ne doivent et, par ce moyen ajouté au précédent, les rendent facilement malades.
Les premiers résultats d'une alimentation vicieuse par excès sont : l'indigestion et la dilatation gastrique, bientôt suivies de la gastrite et même de la gastro-entérite.
Je ne reviendrai pas ici sur la gastro-entérite alimentaire, à laquelle j'ai déjà consacré une leçon.
Je vous répéterai toutefois que le nourrisson, ainsi que l'adulte et peut-être mieux que lui, est exposé à cette maladie .
Les nourrices, en général, donnent le sein aux enfants toutes les fois qvi'ÛQ pleurent.
Elles pensent que c'est la faim qui les fait pleurer ainsi, vu qu'ils se calment aussitôt au sein.
Il leur serait difficile, franchement, de faire les deux choses à la fois.
Avec un peu d'attention on remarquera toutefois que, dès qu'ils ont tété, ils se remettent à pleurer plus fort que jamais, parce qu'alors les coliques qui leur arrachaient des cris précédemment sont plus violentes encore .
11 faut donc être très sévère dans la réglementation des tétées.
Lorsque l'enfant vient de naître, c'est assez difficile semble-t-il.
Or il s'agit alors simplement de donner le sein toutes les heures environ si l'enfant ne dort pas, de ne le lui ojEfrir, dans le cas contraire, que lorsqu'il s éveille, enffii de ne lui donner que le sein, une fois passées les 24 ou 48 premières heures après la naissance.
Mais, dès qu'il a atteint l'âge de deux mois environ, exigez de la nourrice qu'elle ne donne à téter que toutes