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CONGESTION DU FOIE

2° La surface de la portion du foie qui dépasse les côtes est lisse.

3» Le malade accuse une sensation de constriction ou de distension douloureuse dans la région du foie, et la pression au-dessous du rebord costal détermine une sensibilité plus ou moins marquée, mais rarement très-aiguë. La douleur et la sensation de malaise peuvent s'étendre jusqu'à l'épaule droite par suite des connexions qui existent entre le nerf sous-clavier et le phrénique, et elles augmentent presque toujours après les repas, ou par le décubitus sur le côté gauche. Dans ce dernier cas, on constate une sensation de tiraillement ou de pesanteur dans la région hépatique, ce qui fait que la plupart du temps le malade dort sur le dos ou sur le côté droit.

4." L'ictère survient dans la plupart des cas au bout de deux ou trois jours, mais il est rarement intense et il est rare aussi de voir la bile disparaître des déjections. Lorsqu'il y a un ictère prononcé avec selles dépourvues de bile, il est probable qu'il est lié à un catarrhe des voies biliaires concomitant avec la congestion hépatique.

5" Il y a ordinairement des nausées, perte de l'appétit, céphalalgie, langue chargée, goût amer dans la bouche, de la flatulence et autres symptômes de mauvaise digestion; souvent il y a des vomissements ou de la diarrhée, ou les deux. La même cause qui détermine une congestion du foie peut amener un état analogue de l'estomac et des intestins; une légère irritation suffit alors pour produire une inflammation catarrhale de la muqueuse de ces organes, dont les vomissements et la diarrhée sont les symptômes saillants. Avec ces troubles digestifs, il n'est pas rare de trouver de l'anémie, une langueur et un afi"aiblissement généraux, de l'émaciation, la dépression des esprits, la tendance à l'assoupissement et l'hypochondrie.

6° Il n'est pas rare de rencontrer plus ou moins de dyspnée, même dans des cas où la maladie primitive n'intéresse pas la poitrine, et bien des malades sont exténués par une toux sèche et fréquente. La dyspnée peut offrir assez d'intensité pour faire naître des soupçons sérieux d'affection

aspect uniformément rouge, au lieu de la disposition spéciale qu'offre le foie noix muscade.

Un autre caractère anatomique qui sert à distinguer ces doux formes de congestion, c'est que dans le premier cas (congestion alimentaire, alcoolique, palustre, etc.), l'afllux sanguin étant sous la dépendance de la veine porte, atfecte surtout la péripliérie du lobule, tandis que la stase d'origine cardio-pulmonaire porte sur la veine hépatique, par conséquent sur la partie centrale du lobule.

On a encore proposé le terme foie cardiaque pour remplacer celui de foie muscade. Si cette dénomination a l'avantage de préciser une donnée pathogéniquc de la lésion, elle a le défaut de paraître limiter cette dernière aux alfectioiis du cœur, tandis qu'en réalité le foie muscade a une origine aussi bien pulmonaire que cardiaque.

Je n'insiste pas davantage sur cette question, d'autant mieux que l'auteur y revient à propos des atrophies, dans la VllI» leçon. (N- D. T.j

cariliaqiio ou pulmonaire, mais une bonne purgation en débarrasse souvent le malade complètement.

7° Il n'est pas rare de constater des signes d'obstruction de la circulation porte. Dans les cas aigus, il peut y avoir de la tension dans l'hypocliondre gaucbe, et extension de la matité spléni(fue; tandis que dans les cas de plus longue date il peut y avoir des liémorrhoïdes ou de l'ascite.

8° L'urine est ordinairement en petite quantité et fortement colorée; elle contient en outre plus ou moins de pigment biliaire, dépose souvent un sédiment abondant d'urates ou d'acide urique. L'albuminurie temporaire n'est pas rare (1).

9° Comme dans les autres formes d'augmentation de volume du foie, les circonstances dans lesquelles cet accroissement se produit aident efficacement au diagnostic de la nature réelle du cas.

La congestion hépatique peut être mécanique, active ou passive; voici les conditions principales dans lesquelles elle survient.

Étioiogie. — A. Congestion mécanique. — Parmi les causes les plus communes de congestion hépatique dans ce pays, il faut signaler 1 obstruction mécanique de la circulation dans la poitrine et particulièrement celle qui est liée à une affection valvulaire du cœur. Dans bien des cas de maladie cardiaque valvulaire, il vient un moment où les principaux symptômes sont ceux de congeslion hépatique, et c'est surtout contre eux que doit être dirigé le traitement.

B. Congestion active. — Plusieurs causes contribuent h. la produire :

a. Les ingesla irritants, sous forme d'alcool, de liqueurs fermentées, d'épices, ou une nourriture défectueuse soit par sa qualité trop substantielle ou sa quantité excessive, peuvent amener la congestion du foie. L'augmentation temporaire d'afflux sanguin dans le foie qui suit toujours le repas, est susceptible de présenter un degré morbide et de devenir permanente, si les ingesta ont habituellement un caractère irritant. La congestion du foie sous l'influence de ces causes surviendra plutôt chez les personnes faibles, qui mènent une existence indolente et sédentaire, que cliez celles douées d'une robuste constitution et qui font pas mal d'exercice en plein air.

b. On reconnaît généralement qu'une température élevée est une cause de congestion du foie; mais elle n'est probablement capable d'amener

(t) Je ferai remarquer en passant qu'on a signalé l'augmentation de la quantité d'urée comme un des caractères de l'urine dans la congestion du foie et, en général, dans tous les états pathologiques de cet orj^ane pendant la période d'hypérémie qui marque une de leurs piiases. Je n'insiste pas davantage, pour le moment, sur la question des rapports de l'urée avec le foie, parce (lue M. Murchison la traite dans plusieurs passages de cet ouvrage, et notamment dans la XIY» leçon. (N. D. T.)

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