‹ Leçons cliniques sur les maladies du foieChapitre 32 sur 104 · INFLAMMATION CATAIUUIALE DES VOIES BILIAIRES · texte numérisé non relu

INFLAMMATION CATAIUUIALE DES VOIES BILIAIRES

•onces, solidement adhérent aux organes voisins; capsule épaissie ; tissu induré par hépatite inlersiitielle ; nombreuses gommes syphilitiques fermes, quelques-unes aussi grosses que des cerises, distribuées principalement le long de la veine porte et de ses branches, certaines formant saillie à la surface du foie. La veine porte, dans la scissure, est très-dilatée ; la rate est ferme et pèse 14 onces. Pas de réaction amyloïde avec le foie, la rate ou les reins. Pleurésie récente des deux côtés; les deux poumons œdémateux.

Vît. — INFLAMMATION CATARRHALE DES VOJES BILIAIRES.

Cet état pathologique est ordinairement accompagné de congestion hépatique plus ou moins marquée, et par suite, ses caractères cliniques sont ceux qui appartiennent à la congestion et que je n'ai pas besoin de rappeler, auxquels s'ajoutent ceux qui sont particuliers au catarrhe des voies biliaires et de la vésicule. Ainsi, nous trouvons :

1° Une augmentation du volume du foie, qui, de même que dans la ■congestion, est uniforme dans toutes les directions et rarement considérable, mais qui est parfois accompagnée d'augmentation de volume de la vésicule qui se présente alors sous forme d'une tumeur plus ou moins pyriforme, faisant saillie au bord antérieur (voir fig. p. 169). Dans quelques cas, on ne peut constater aucun accroissement de volume.

2° La portion du foie faisant saillie au-dessus des côtes est lisse k la palpation.

3° II y a tout d'abord une sensation de constriction et de distension dans l'hypochondre droit, avec sensibilité à la pression, particulièrement sur la vésicule quand elle est augmentée de volume. Quelquefois cependant il y a peu ou point de douleur ou de malaise. Le pouls est d'habitude d'une lenteur anormale.

4° Comme les conduits biliaires sont obstrués par la tuméfaction de leur muqueuse aussi bien que par les produits inflammatoires qui s'éliminent de leur surface libre, l'ictère au bout d'un jour ou deux est beaucoup plus intense que dans la congestion simple, et les matières ne contiennent pas de bile.

5° Ici encore, les circonstances sous l'influence desquelles la maladie survient, aident beaucoup à poser le diagnostic.

a. Dans une grande majorité des cas, la maladie est précédée de symptômes de catarrhe de l'estomac et du duodénum. L'inflammation, en réalité, débute sur la muqueuse du canal digestif et s'étend de là au canal cholédoque. Par suite, on notera tout d'abord langue épaisse, perte de l'appétit, flatulence, nausées ou vomissements, douleur ou sensibilité à l'épigastre, et quelquefois diarrhée; ces symptômes s'accompagnent souvent de flèvre légère. Au bout de peu de jours, ou plus longtemps

après, riclère pnraîl, et la fièvre, si elle existe, peut tomber, bien que les troubles gastriques persistent. Les enfants sont très-sujets k l'inllammation des voies biliaires et chez eux elle résulte d'une nourriture indigeste ou en excès; et dans ce cas, l'ictère et les autres symptômes disparaissent habituellement au bout de dix ou vingt jours.

b. Le catarrhe des voies biliaires (comme le catarrhe des bronches) n'est pas rare chez des individus de constitution goutteuse, et j'ai plus d'une ibis rencontré des cas de ce genre, où les vomissements fréquents, l'émaciation, l'ictère persistant pendant nombre de semaines, ont fait supposer un cancer, mais ont disparu rapidement sous l'influence des purgatifs, du colchique et des alcalins.

c. Le catarrhe des conduits biliaires est une des affections hépatiques qui peuvent être produites par la syphilis. L'ictère, qui n'est pas rare durant ce qu'on appelle la période secondaire, tient ordinairement à cette cause, et c'est surtout dans des cas de cette nature que peut survenir l'atrophie aiguë du foie.

d. L'inflammation des voies biliaires peut être consécutive à la congestion ou autres affections du foie, et dans ce cas ses symptômes peuvent être persistants. II est probable que le catarrhe des conduits peut uonseulement déterminer la congestion du tissu hépatique, mais en être aussi bien le résultat. Dans le cas où la congestion du foie se développe sous l'influence des circonstances déjà mentionnées, et où, en sus des symptômes de la congestion simple, il y a un ictère prononcé, avec absence de bile dans les matières, on peut conclure qu'il y a catarrhe aussi bien que congestion de ces conduits. D'autres affections du foie, également, telles que la dégénérescence cireuse et la tumeur hydatique, peuvent accidentellement se compliquer de catarrhe des conduits; et c'est ainsi qu'on voit parfois survenir l'ictère dans des affections hépatiques où il est généralement absent. Dans une autre leçon (leçon VII), j'aurai l'occasion de vous rapporter un exemple d'augmentation de volume du foie par dépôt tuberculeux où l'ictère était vraisemblablement dû à l'inflammation du canal cholédoque.

e. L'inflammation des conduits biliaires et de la vésicule peut être déterminée par l'irritation de calculs ou autres corps étrangers. Dans ces circonstances, on la reconnaîtra d'après les antécédents de coliques hépatiques, qui cependant faisaient défaut chez un malade mort dernièrement dans nos salles (obs. LXV).

/. Certains poisons, tels que ceux de la pyoémie et le phosphore, seraient, d'après Virchow, susceptibles de provoquer le catarrhe des conduits biliaires (i). La cause de cette forme de catarrhe des voies biliaires, connue

(1) Virchow's Archiv, 1865, XXX, tl' 1.

Page 1