INFLAMMATION CATARRHALE DES VOIES BILIAIRES
sur la 1. m. d, Densité de l'urine 1025; pigment biliaire abondant, mais pas d'albumine. Température 37»,77 à 38",6. Pouls à H2; au niveau du troisième espace intercostal gauche on constate une rudesse manifeste du premier bruit du cœur.
On prescrit à la malade 38 centigrammes environ de calomel, de temps en temps la médecine noire, et une mixture alcaline effervescente et des cataplasmes de moutarde et graine de lin sur le côté droit, avec un régime de lait, pain et thé de bœuf. Le 3 juin, l'éruption a augmenté; la malade se plaint d'avoir mal à la gorge et on trouva une ulcération profonde sur l'amygdale droite. On la toucha avec le nitrate d'argent et on remplaça la mixture précédente par une autre contenant de l'iodure de potassium et du bicarbonate de potasse. Le 1" juin on constate un peu de bile dans les matières, mais il n'y eut pas d'amélioration sensible jusqu'au 8 juin où la bile s'écoula librement dans l'intestin. Le 9 juin, on ne trouve plus trace de pigment biliaire dans l'urine, et à la suite de cela l'ictère s'effaça rapidement. Le 4 juillet la malade est congédiée, parfaitement débarrassée de son ictère, guérie de son ulcération et n'ayant presque plus d'éruption.
Dans le cas suivant, la mort a été déterminée par l'urémie résultant de l'altération des reins; mais les symptômes hépatiques parurent se rattacher à une inflammation de la vésicule et des voies biliaires provoquée par des calculs hépatiques et qui était en voie de guérison avant la mort du malade.
OBS. LXV. — Inflammation des voies biliaires produite par des calculs hépatiques. — Gangrène du pied. — Affection rénale. - Mort par urémie.
Beaucoup d'entre vous se rappelleront un malade, J. K., âgé de quaranteneuf ans, qui resta à l'hôpital Middlesex du 27 octobre 1866 jusqu'à sa mort le 21 novembre. Il avait joui d'une bonne santé jusqu'en juin de cette année. A cette époque, il commença à perdre l'appétit, il était abattu, il éprouvait dn malaise et de la flatulence après les repas. Vers la même époque il s'enfonça un clou rouillé dans le gros orteil gauche. Il s'en suivit un abcès qui s'ouvrit et continua à donner jusque peu de jours avant son admission. Malgré cela, il avait continué à travailler comme journalier jusque pendant ces trois dernières semaines. Pendant sa maladie, son poids avait baissé de H2 kilog. à 105. Le 20 octobre, il eut un violent frisson avec tremblement qui dura trois heures et fut suivi d'une douleur rongeante, constante et assez intense, avec sensibilité dans la région du foie, vomissement de liquide vert et amer, et céphalalgie. Deux jours aprè.s, ictère, démangeaisons et insomnie. En môme temps que l'ictère parut, le gros orteil gauche devint noirâtre et l'ulcération s'étendit. Cet homme n'avait jamais éprouvé de symptôme de colique biliaire.
A son entrée, ictère assez intense de la peau et des conjonctives; démangeaisons sur tout le corps, douleur sourde dans la région du foie, qui était augmenté de volume d'une façon uniforme, matité de 5 pouces 1/2 sur la 1. m. d. Il y avait aussi une sensibilité marquée en un point correspondant
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à la vésicule dont le volume était également accru; abdomen distendu, météorisme; tout ce que le malade prend est rejeté dans l'espace d'une demi-heure. Langue humide, jaunâtre et épaisse; constipation; selles couleur de l'argile. Urine foncée comme du porter et contenant une grande quantité de pigment biliaire, et aussi d'albumine avec des granulations et (juclques cylindres graisseux. Sur le dos et à la plante du gros orteil se trouvaient de larges ulcère.^ sanieux, les parties molles environnantes étant très-enflées et livides. Pouls à 72; peau fraîche. Il n'y a pas eu de frissons ni de transpirations. On traita le malade par des vésicatoires et des cataplasmes de moutarde et de graine de lin sur la région du foie et à l'intérieur par du bismuth, l'éther chloriquo, les purgatifs, etc.
Pendant quelque temps, il parut y avoir une grande amélioration; l'ictère diminua et la bile reparut en quantité considérable dans les matières. Mais, vers le 12 novembre, les vomissements reprirent avec plus de violence et la prostration augmenta. Le 19 on trouva le pied gauche très-enflé; des lignes livides marquaient sur les jambes le trajet des lymphatiques. Le 20, on ouvre un abcès au-dessus du cou-de-pied gauche; il en sort du pus fétide et un peu de gaz. Le même jour surviennent des convulsions suivies de coma. Les attaques convulsives se succèdent avec rapidité, si bien que le malade en eut près de trente avant sa mort, qui eut lieu le lendemain 21 à 5 heures du soir.
Aulopsie. — Cerveau normal, ainsi que ses membranes, sauf qu'il y avait à la base et dans les ventricules latéraux une quantité considérable de liquide qui contenait de l'urée. Reins gros et très-graisseux, dépôt granuleux dans leurs éléments sécrétoires. Foie gros, pesant 80 onces, cellules hépatiques chargées de graisse ; lobules plus distincts qu'à l'étal normal, donnant à la coupe un aspect granuleux. La vésicule contenait une concrétion noirâtre, aussi grosse qu'une noix et une foule de petits fragments de la même substance à forme irrégulière. Ils étaient en suspension dans une petite quantité de liquide vert foncé qui au microscope contenait quantité de corpuscules du pus. La nmqueuse de la vésicule avait un aspect blanchâtre, tiraillé; le fond était trèsinjecté, granuleux et excorié. Les conduits biliaires contenaient un liquide visqueux semblable à celui de la vésicule, avec de fines particules de bile noire épaissie. On ne pouvait le faire sourdre dans le duodénum sans beaucoup de difficulté. Muqueuse de l'estomac et du duodénum très-injectée, avec de nombreuses petites ecchymoses, et sa surface recouverte d'une couche épaisse de mucus visqueux. Œdème considérable et congestion des deux poumons. Graisse en quantité déposée par tout le corps; toutes les parties molles profondément ictériques.
J'ai maintenant à appeler votre attention sur une autre forme d'augmentation de volume du foie, avec douleur ol ictère.
VIII. — AUCMENTATION DE VOLUME PAR OliSTRUCTION DU CANAL CHOLÉDOQUE PAR DES CALCULS, DES Tl'MEURS, ETC.
L'obstruction du canal cholédoque peut produire raugmentation de volume du foie de deux manières :