II. — Tumeur hydatique
Il est assez rare de voir une tumeur hydatique remplir l'abdomen dans une telle étendue qu'on puisse la prendre aisément pour une ascite; cependant une pareille méprise est susceptible de se produire. Vous vous rappellerez que dans une des premières leçons (obs. XXXVIII, p. 124), je vous ai rapporté le cas d'une jeune fille de quinze ans chez laquelle une tumeur hydatique du foie avait tellement fait augmenter le volume de l'abdomen que la respiration en était sérieusement gênée et qu'on pouvait craindre une asphyxie; ce danger immédiat fut détourné par la paracentèse qui donna issue à près de six litres et demi de liquide, mais on ne connut la nature réelle du cas qu'à l'autopsie. Un pareil cas, cependant, pourrait être distingué de l'ascite par les caractères suivants :
1° Dès le début, le gonflement n'est pas symétrique, ou il est limité à une portion de l'abdomen, généralement la région hépatique, avant de devenir général. Le plus communément un kyste hydatique débute dans la région hépatique et se développe en bas; mais il ne faut pas oublier qu'il peut naître dans le bassin et se développer en haut (1).
(1) Voyez, par exnmple, un cas rapporté par lu docteur Habershon dans les Pathological Transactions (t. XI, p. 155), où la tumeur atteignit jusqu'à l'ombilic cl ressemblait
•4*6 ■ ASCITK.
2° La portion de l'abdomen sonoré à la percussion n'est pas tdnjours la plus élevée, quelque position que prenne le malade. Dans le cas que j'ai (iéjcà cité, il y avait un son clair dans les deux flancs, tandis que l;i portion antérieure de l'abdomen donnait de la matité et de la fluclualion.
3» Le liquide qu'on retire est clair et limpide, fortemeiit imprégné de chlorure de sodium, mais sans albumine ni urée (v. p. GO).
4" Dans les cas rares déjfi signalés (pp. 56, 09), où il y a en liiême temps ascite et tumeur bydatique, le diagnostic sera très-difficile.