‹ Leçons cliniques sur les maladies du foieChapitre 79 sur 104 · I. — Hydropisie du péritoine par affection rénale · texte numérisé non relu

I. — Hydropisie du péritoine par affection rénale

Les maladies des reins qui paraissent produire le plus sûrement riiydropisie pcritonéale sont :

a. La néphrite aiguë, consécutive à la scarlatine ou résultant d'un refroidissement, quand les reins sont hypertrophies ou hyperémiés;

b. Le gros rein blanc, quand la substance corticale est pâle et hypertrophiée et les tubes urinifères gorgés d'épithélium granuleux et qui n'est souvent qu'une période avancée de la néphrite aiguë, mais qui peut aussi lui être étranger et résulter d'un processus inflammatoire chronique;

c. Le rein graisseux, où l'organe est également gros et pâle, mais où les éléments glandulaires sont remplis d'huile. La clinique et l'anatomie pathologique sont d'accord pour montrer que la dégénérescence graisseuse est probablement précédée d'ordinaire de la forme morbide dite gros rein blanc.

Chacune de ces trois maladies peut donner lieu à une ascite qui présente les caractères suivants :

1° Il y a une anasarque du tissu cellulaire sous-cutané, qui dès le début est générale et qu'on remarque souvent d'abord à la face.

2° Il y a presque toujours des signes manifestes de liquide dans les autres cavités séreuses — les plèvres et le péricarde, aussi bien que dans le péritoine.

3° L'urine est rare, trouble, nuageuse; il y a beaucoup d'albumine et parfois du sang. Au microscope, vous y trouverez ordinairement de l'épithclium rénal et des cylindres de tubes urinifères , de caractère variable suivant l'espèce de maladie rénale, cylindres épithéliaux, hématiques, hyalins, dans la néphrite aiguë, cylindres d'épithélium granuleux dans le rein blanc et cylindres graisseux dans le rein gras.

4° Le faciès a une pâleur et un empâtement qui sont presque pathognomoniques.

5" Il y a une disposition à l'urémie et à l'état typhoïde, indiquée par l'état de la langue, qui est sèche et brune, la fétidité de l'haleine, perte de la mémoire, agitation, délire, coma et convulsions.

Tous ces caractères cliniques, vous avez pu les constater dans le cas de James S., qui était dans mon service de Middlesex Hospilal (obs.CLX).

Pour poser le diagnostic, il faut se rappeler que la plupart des affections rénales prédisposent à l'inflammation des séreuses et que les symptômes de péritonite \ euvent ainsi coexister avec ceux de l'hydropisie rénale, et aussi que l'urine peut contenir de l'albumine, bien que l'ascite soit indépendante d'afl'ection rénale (v. p. 290, 297).

PATHOGÉNIE DE I/ASCITE. 455

11 y a deux formes d'affection rénale chronique qui sont rarement accompagnées d'hydropisie et encore plus rarement d'ascite. Dans le rein contracté, granuleux ou goulleux, il y a ordinairement peu ou pas d'hydropisie, à quelque période que ce soit de la maladie; d'autre part, dans le rein cireux ou amyloïde, l'anasarque se manifeste rarement jusque peu de temps avant la terminaison fatale, et même alors elle est rarement excessive (v. p. 32). Ces deux affections rénales se distinguent en ce que la quantité d'urine est augmentée et qu'on n'y constate pas de cylindres de tubes urinifères; mais dans le rein contracté, la densité de ce liquide est très-faible et hors de toute proportion avec le degré delà dilution, l'albumine y est en très-petite quantité ou même manque complètement; il y a souvent dans ces cas des antécédents de goutte et une disposition marquée à l'urémie. Dans la dégénérescence cireuse des reins, la densité de l'urine est aussi très-faible, mais elle est en rapport avec le degré de la dilution, il y a une forte proportion d'albumine et il y a peu de tendance aux symptômes urémiques ; de plus, dans la plupart des cas, on constate les signes de dégénérescence cireuse du foie et de la rate, une diarrhée qui épuise le malade, et il y a eu antérieurement un écoulement purulent prolongé.

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