ALCOOLIQUES
de leurs persécutions, qui restent alors toujours imméritées.
Sauf ces traits particuliers, la symptomatologie, l'évolution de l'affection ne se distinguent en rien de celles des autres formes de folie systématique primitive.
4° Messieurs, les malades dont je viens de vous entretenir appartiennent tous au groupe de la folie systématique primitive chronique.
Mais j'ai déjà eu l'occasion de vous dire que cette affection pouvait, dans certains cas, se présenter à l'état aigu, en conservant d'ailleurs, sauf cela, ses autres caractères habituels. De même que dans les cas chroniques, les idées de persécution, fréquentes aussi dans ces cas aigus, peuvent se trouver associées parfois à des idées de formule mélancolique, d'auto-accusation.
Ce sont surtout ces faits qui, eu égard à leur caractère d'acuité, peuvent être d'un diagnostic difficile et doivent être différenciés soigneusement ou de la mélancolie délirante ou de la confusion mentale primitive. J'ai déjà eu l'occasion de vous en citer deux exemples (p. 391 et 403), et je crois inutile d'y revenir de nouveau.
En terminant, je vous rappellerai qu'il est d'autres aliénés ne rentrant pas dans le cadre de la folie systématique primitive, aiguë ou chronique, qui peuvent présenter cependant de véritables idées de persécution, les alcooliques, par exemple. Or, il n'est pas absolument rare de rencontrer chez eux, ainsi que Ta signalé Moeli il y a déjà plusieurs années, la présence d'idées d'auto-accusation à côté des idées de persécution habituelles. Dans nos précédentes réunions, je vous ai fait remarquer (p. 377) l'association de ces deux
562 PERSÉCUTÉS AITO-Au I SATEURS.
ordres de conceptions délirantes chez une alcoolique du service (I).
(J) Depuis cette époque, M. Roubinowitch a fait sur ce point particulier, à la Société médico-psychologique (28 mai 1894), une communication, à la suite de laquelle j'ai résumé brièvement les points principaux exposés dans cette conférence.