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Enfin, l'examen des parties profondes par l'ophtalmoscope, outre qu'il pourra donner des notions pour le diagnostic de lésions papillaires syraptomatiques d'affections coexistant avec la folie (ataxie locomotrice, sclérose en plaques), décèlera parfois des anomalies congénitales telles que la décoloration de la choroïde, le coloboma de la choroïde et de la rétine, la persistance de l'artère hyaloïdienne, l'implantation anomale de l'artère centrale de la rétine.
i\ez. — Du côté du nez, il faut noter l'enfoncement ou la saillie de la racine, la forme du profil, droit, convexe, concave ou sinueux. La base, regardée en dessous, peut être plus ou moins écrasée, et nous offre à considérer la forme et la disposition des narines elliptiques, allongées et parallèles dans le sens antéro-postérieur, ou transversales et bout à bout, ou plus ou moins rondes et accolées. La quantité dont elles sont cachées ou découvertes sur le côté est également à considérer, ainsi que leur mobilité. Tout est harmonique dans les variations du nez ; aussi l'indice nasal du vivant traduit-il les grandes distinctions. Cet indice est le rapport de la largeur maximum à la hauteur prise verticalement de l'épine nasale à la racine du nez. Suivant le chiffre de cet indice nasal, les individus se classent en trois groupes : platyrhiniens, mésorhiniens, leptorhiniens. Pour ce dernier groupe, qui ne comprend que des individus de race blanche, l'indice nasal est de 63 à 69.
Les difformités du nez sont fréquentes chez nos malades; elles peuvent être acquises (chutes chez les épileptiques) ou congénitales. Parmi ces dernières, je vous citerai d'abord, à titre de curiosité tératologique, l'ahsence de l'organe (Maison neuve), puis son volume exagéré, l'aplatissement extrême de la racine, la déviation de la pointe en haut, la
division congénitale, la déviation latérale congénitale ; pour les narines, la déviation de la cloison et le rétrécissement ou même l'oblitération congénitale des narines.
Bouche. — L'examen de la bouche est des plus importants et ne doit jamais être négligé; il comprend l'examen des lèvres, de la voûte palatine et du voile du palais, de la langue, des mâchoires, des dents.
Pour les lèvres, vous noterez d'abord la forme et la grandeur de l'ouverture buccale, sa direction, la déviation possible d'une commissure (asymétrie congénitale, contractures ou paralysies de causes diverses), la saillie totale et la proéminence relative des deux lèvres, le degré d'occlusion de la bouche, laissant écouler la salive (stupeur, démence, idiotie). Vous pourrez rencontrer parfois une atrésie partielle, congénitale ou accidentelle, de l'orifice buccal (phimosis labial), l'hypertrophie des lèvres ou, au contraire, une atrophie plus ou moins prononcée laissant les dents à découvert; le renversement en dehors (ectropion), surtout de la lèvre inférieure, dû le plus souvent à une paralysie de l'orbiculaire (idiots, paralytiques) ; Texstrophie de la lèvre supérieure, dont le bord libre est renversé en dehors et laisse voir derrière lui un bourrelet transversal formé par la muqueuse (lèvres doubles). Enfin, un vice de conformation très fréquent est le bec-de-lièvre avec toutes ses variétés (inférieur, supérieur, commissural, simple ou complexe).
Sur la voûte 'palatine, vous pourrez rencontrer également des fissures plus ou moins étendues, sa forme asymétrique, sa profondeur exagérée, sa disposition ogivale, le torus palalinus ou exostose médio-palatine de Chassaignac,avec ses variations.
Pour le voile du palais, vous pourrez constater sa division
BOUCUE. 72.'{
congénitale plus ou moins complète, parfois la simple I j i il— dite de la luette, des déviations congénitales ou acquises (paralysies de causes diverses).
Du côté de la langue, outre les déviations paralytiques, le tremblement, vous pourrez trouver des cicatrices résultant de trauraatismes (épilepsie) ou d'affections accidentelles, en particulier la syphilis, dont les manifestations buccales sont toujours à rechercher avec soin.
Du côté des mâchoires, outre le prognathisme dont je vous ai déjà parlé, vous examinerez l'asymétrie des arcades dentaires, le degré d'écartament ou de rapprochement (atrésie) des deux moitiés de chacune d'elles, leur forme ellipsoïde ou très fréquemment sinueuse.
Nous arrivons ensuite à l'étude des dents. Il y a à considérer, dans l'étude des dents, la dentition et la denture.
La dentition est une fonction de développement qui comprend la formation des dents, leur éruption et l'évolution du système dentaire. La denture est l'état du système dentaire au moment de l'observation.
En ce qui concerne la dentition, ce sera surtout la recherche des anamnestiques qui pourra vous renseigner sur l'époque de l'éruption successive des dents, sur les accidents (fui ont pu l'accompagner. Cependant, l'examen actuel, surtout chez des sujets jeunes, peut vous renseigner sur des anomalies d'éruption. C'est ainsi qu'elle peut être précoce, et certains idiots ont, tout comme Louis XIV et Mirabeau, des dents à leur naissance (Bourneville). D'autres fois, elle est très tardive et les dents de la première dentition, chez certains individus, peuvent persister très longtemps. Ces anomalies d'éruption ont souvent fait croire à l'existence de dents surnuméraires ou à une troisième dentition. Au point de vue de la dentition, il est utile de signa-
72i EXAMEN MORPHOLOGIQUE.
1er le moment de l'apparition de la dent de sagesse, qui se fait entre dix-huit et vingt-cinq ans. 11 est bon de vous rappeler que, pour certains auteurs, cette dent est chez l'homme un organe en voie d'atrophie, et que son absence, le retard de son apparition, son peu de développement, sa caducité ont été regardés comme plus particuliers aux races supérieures (Darwin, Mantegazza).
Pour l'observation de l'état actuel du système dentaire, la denture, je vous rappellerai que, chez l'adulte, les dents sont de quatre espèces, se succédant pour chaque demiarcade dans l'ordre suivant : deux incisives, une canine, deux prémolaires, trois molaires, soit trente-deux dents en tout. Ces dents sont numérotées à partir de la ligne médiane. Pour leur forme, les incisives sont tranchantes, la canine conique, la couronne des prémolaires pourvue de deux tubercules (bicuspidées), celle des molaires de plus de deux, généralement de quatre tubercules (multicuspidées). Dans la première dentition, il n'y a pas de prémolaires et il n'y a que deux molaires par demi-arcade. La formule dentaire (Blainville) est la notation du nombre des dents par demi-arcades; la voici pour l'adulte :
Inc- \à Can- bî Prém- i=i Mo1- s=! = 3--
Le numérateur représente la mâchoire supérieure et le premier chiffre à partir de la gauche se rapporte à la demiarcade de droite.
L'état du système dentaire doit être examiné au point de vue de ses anomalies et des troubles pathologiques. Cette étude, dans ses rapports avec la psychiatrie, n'a guère été faite complètement que par M. Bourneville (1) ou ses élè-
(I) Bourneville, Journal des connaissant « s médicales, 1868 ol 1863,
DENTS. 7v2.'i
ves 1). Mais de nombreux documents existent sur la question même des anomalies dentaires, et dont le principal est, sans contredit, le travail de M. Magitot (2).
Les anomalies de l'appareil dentaire sont d'espèces très variées; ce sont :
1° Des anomalies de formes, telles que la dent est parfois méconnaissable; parfois tout se réduit à une augmentation du nombre des tubercules des molaires ; cela est surtout à noter pour la dent de sagesse qui, normalement, en a moins que les autres molaires.
2° Des anomalies de volume de deux dents homologues ou de plusieurs dents d'une même série, qui peuvent être très petites (nanisme) ou extrêmement développées (gigantisme). Quant au volume relatif des différentes dents de même espèce, il doit décroître à partir de la ligne médiane, sauf pour les incisives inférieures (loi de décroissance).
3° Des anomalies du nombre frappant le plus souvent les incisives ou les molaires, telles que X absence d'une ou plusieurs dents, généralement l'incisive latérale ou la dent de sagesse en haut, ou la dent de sagesse, la prémolaire, les incisives médianes en bas. Jamais on n'a vu manquer la canine. D'autres fois, c'est une augmentation numérique. Alors les nouvelles dents sont dites supplémentaires si elles sont bien rangées; cela serait une anomalie réversive (Darwin); il s'agit, le plus souvent, d'une quatrième molaire. Ou bien, et c'est le cas le plus fréquent, elles sont mal rangi soit en avant, soit en arrière près des incisives; elles sont dites alors surnuméraires. Souvent des dents de la première dentition persistent avec celles de la seconde dont elles
(I) M** Sellier, Thèse de doctorat, Paris, 1887. Magitot, Traité des (montai'' s du système dentaire chez l'homme et les mammifèi
726 EXAMEN M01UM10L0GIQUE.
augmentent le nombre, et constituent alors de fausses dents surnuméraires.
4° Des anomalies de siège (hétérotopie) ; la dent est placée hors de son siège normal et implantée soit sur le rebord alvéolaire, soit sur la voûte palatine.
5° Des anomalies de direction, qui peuvent porter sur des dents isolées (antéversion, rétroversion, rotation sur Taxe) ou sur l'ensemble des dents. Dans ce dernier cas, elles peuvent être semblables aux deux mâchoires, ce qui constitue le prognathisme dentaire ou l'opisthognathisme, ou se présenter en sens inverse sur chaque mâchoire (antéversion et rétroversion).
6° Des anomalies de disposition telles que les réunions anormales de dents simulant la dent composée des herbivores, ou les divisions anormales par séparation des tubercules et des racines comme chez les lémuriens (anomalies réversives) ; les dispositions vicieuses par atrésie des maxillaires, écartement des dents par augmentation des mâchoires, c'est le diastè?ne, qui se présente le plus souvent entre l'incisive et la canine en haut, la prémolaire et la canine en bas. Cette disposition, normale chez le singe, s'observe aussi dans certaines races inférieures. Enfin, je vous signalerai l'engrènement des couronnes quand les mâchoires sont fermées, ou l'absence d'adaptation des dents, chevauchant ou laissant parfois entre les deux arcades des espaces vides (articulation défectueuse \\]).
(1) M. le docteur Cruet, qui a eu l'occasion d'observer, au point de vue du système dentaire, un grand nombre d'idiots et d'épileptiquos à Bicêtrc et à la Salpêtrière, considère que les anomalies n'ont, au point de vue qui nous occupe, de valeur que par leur ensemble et leurs combinaisons. Toutes d'ailleurs n'ont pas la même importance : les unes sont accessoires, les autres principales. Parmi les accessoires, il range les anomalies de direction et les anomalies apparentes de