‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 118 sur 135 · DENTS · texte numérisé non relu

DENTS

7" Des anomalies de structure; la plus importante est V érosion (Parrot, Fournier) avec toutes ses variétés, terme impropre, car il s'agirait là d'une lésion de développement.

Telles sont, avec les anomalies de l'éruption que nous avons vues tout à l'heure, les principales variétés d'anomalies dentaires.

Quant aux accidents pathologiques qui affectent le plus souvent le système dentaire chez nos malades, c'est d'abord la carie dentaire précoce (idiots, imbéciles, morphinomanes |Combes]); l'ébranlement ou la fracture des dents (épileptiques). L'usure des dents est fréquente chez les paralytiques généraux qui ont du mâchonnement; enfin, il n'est pas rare

l'articulation qui en résultent, les anomalies de forme, d'éruption, les anomalies de nombre, d'une signification cependant plus grave. puisqu'elles trahissent un défaut de développement. — Ce sont les anomalies vraies de V articulation des dents qui donnent à l'idiot sa physionomie la plus particulière. Ces anomalies vraies sont celles, qui tiennent à la disposition générale des arcades dentaires et à leurs rapports respectifs dans les divers plans ; c'est-à-dire que ce sont toutes les variétés de prognathisme, d'opistognathisme, etc. Parmi ces anomalies de l'articulation, il en est une très remarquable et que M. Cruet n'a rencontrée que chez l'idiot. Les dents étant d'ailleurs rangées régulièrement sur l'arcade des deux mâchoires qui décrivent une courbe égale et dans le même plan, la bouche ne peut se fermer qu'incomplètement, c'est-à-dire que les dernières molaires se rencontrent seules par le sommet de leurs tubercules et que les dents antérieures des deux mâchoires s'éloignent d'un angle qui va en augmentant jusqu'à la ligne médiane. Lorsque la bouche est fermée, il reste entre les sommets des dents antérieures un espace vide, dont l'ovale est plus ou moins haut ou allongé. Cette anomalie peut tenir à deux causes : d'une part à ce que la ligne de l'arcade supérieure se relève fortement sur la ligne médiane au niveau des os incisifs ; d'autre part et surtout, à l'ouverture exagérée de l'angle formé par le corps et la branche montante de la mâchoire inférieure. Il en résulte un défaut de parallélisme forcé des deux arcades qui ne peuvent plus s'appliquer l'une sur l'autre, et l'impossibilité de fermer la bouche. [Communication orale.)

d'observer des mutilations des dents chez les idiots ou les mélancoliques.

II. TRONC ET MEMBRES. — L'examen du tronc etdes membres peut être fait également aux deux points de vue anthropométrique et descriptif.

1° Examen anthropométrique. — Cet examen fournit, en général, peu d'indications utiles à Taliéniste; mais, cependant, comme on peut avoir besoin de le pratiquer dans certains cas particuliers, je vous donnerai brièvement les quelques indications élémentaires et indispensables.

L'instrumentation, réduite au strict nécessaire, comporte le mètre à ruban etl'antbropomètre. A défaut même de cet instrument, vous pourriez vous servir de la double équerre dont je vous ai déjà parlé, et qui a fourni le principe sur lequel sont construits les anthropomètres.

Le sujet est placé debout comme il a été dit pour la tête, regardant à l'horizon, les bras pendants le long du corps, Pavant-bras en pronation, la paume delà main appliquée à la cuisse, les jambes rapprochées, les pieds en équerre ; cela fait, vous prendrez les mesures suivantes en vous servant des points de repère indiqués et marqués au préalable sur la peau. Pour avoir la longueur d'une partie, vous retrancherez la plus petite de la plus grande.

Voici les principales mesures à prendre et les points de repère nécessaires à cet effet :

1 laideur au-dessus du sol en millimètres :

Du vertex (taille) ;

Du conduit auditif;

Du bord inférieur du menton;

De l'acromion (omoplate) ;

TRONC MT membre 720

De la fourchette sternale ;

De l'épicondyle (tubérosité externe de l'humérus, en bas);

De l'apophyse styloïde du radius ;

De l'extrémité inférieure du médius;

De l'ombilic;

Du bord supérieur de la symphyse du pubis;

De l'épine iliaque antéro-supérieure;

Du grand trochanter;

De l'interligne articulaire du genou (en dehors);

De la malléole interne.

On peut ajouter la hauteur du vertex au-dessus du sol dans l'attitude assise; le sujet est assis sur un banc de la à 20 centimètres dont la hauteur est à défalquer, le bassinet le dos doivent être absolument appliqués contre le mur auquel le sujet est adossé. Diminuée de la partie sus-jacente à l'acromion, cette hauteur devient alors la hauteur totale du tronc.

Largeur en millimètres :

Grande envergure. De l'extrémité d'un médius à l'autre, le sujet appuyé contre un mur et les deux bras en croix. Elle est à peu près égale à la taille qu'elle dépasse un peu;

Circonférence de la poitrine (horizontalement, au niveau des mamelons, respiration habituelle, bras abaissés);

D'un acromion à l'autre (en arrière) ;

D'une crête iliaque à l'autre (épine iliaque antéro-supérieure);

D'un grand trochanter à l'autre ;

Longueur du pied.

Vous rapporterez ensuite les mesures ainsi trouvées à la taille totale, de façon à établir ce qu'on appelle le canon ou les proportions respectives des différentes parties du corps. Un calcul très facile vous permettra de le comparer au

730 EXAMEN M0RPU0L0GIQUE.

canon type dans lequel toutes les mesures sont rapportées à la taille considérée comme égale à 100.

Un procédé plus simple et plus rapide consiste dans l'usage du compas imaginé par M. Paul Richer, qui donne à la fois la mesure directe de la longueur cherchée et son rapport avec la taille égale à 100.

Je ne peux pas entrer ici dans des détails à propos des différents canons et que vous trouverez dans le traité d'anthropologie de M. Topinard (\). Cependant, pour vous donner une idée sommaire des proportions respectives des différentes parties du corps, je vous citerai quelques mesures empruntées au canon de M. Paul Richer (2). Bien que fait surtout au point de vue artistique, il s'accorde cependant avec les canons anthropologiques et a l'avantage d'être facile à retenir.

La taille est comme toujours rapportée à 100; c'est la longueur de la tête qui sert de module; elle est comprise sept fois et demie dans la taille.

La taille = 100.

La grande envergure dépasse un peu 100.

N 100 Du vertex au menton (tête) —-—-=== 13,3:

Du menton au creux sus-sternal (fourchette) = 1/3 de tête;

De la fourchette à l'épine iliaque, 2 têtes;

Du vertex à l'ombilic, 3 têtes;

De l'acromion au bout du médius, un fpeu moins do 3 têtes 1/2;

(1) Topinard, loc. cit.

(2) Paul Kicher, Description des] formes extérieures du eorpt humain, Paris, 18!>0; Canon des proportions du corps humain. I

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