‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 131 sur 135 · ABAS1E ET ASTASIE ÉMOTIVES · texte numérisé non relu

ABAS1E ET ASTASIE ÉMOTIVES

Le mécanisme psychologique semble également différer clans les deux cas. Chez les astasiques-abasiques ordinaires, il ne s'agit que d'un trouble de la mémoire en ce qui concerne les mouvements associés nécessaires à la marche et à la station debout, d'une amnésie de ces actions automatiques secondaires.

Je suis d'autant plus disposé à accepter cette interprétation donnée par MM. Gharcotet Blocq, que j'ai pu obsencr un cas, dont j'ai rapporté, avec M. Sollier, l'histoire au Congrès de médecine mentale de Rouen (1), et dans lequel j'ai pu, chez une astasique-abasique de ce genre, venir promptement à bout des désordres pathologiques, uniquement à l'aide d'un traitement psychologique, ayant consisté à rendre à la malade, par différents procédés d'éducation, la mémoire de ces acquisitions, auparavant automatiques et qu'elle avait perdues en devenant astasique-abasique. Il n'y a donc là, au point de vue des mouvements, qu'un fait d'amnésie particulière, et c'est tout.

Je ne crois pas qu'il en soit de môme chez Mlle A... Chez elle, ce n'est plus la mémoire, mais Y attention et la volonté qui sont en jeu.

Rappelez-vous en effet que, lorsque la malade est assise, elle ne peut éviter l'angoisse qu'en restant appuyée au dossier desa chaise. Mais, si Ton distrait l'ortementson attention sur un sujet quelconque, elle peut rester calme sans appui. Nous pouvons contrôler le fait de différentes manières: en lui faisant serrer un dynamomètre, ou en lui Taisant exécuter des mouvements des bras, ou en attirant son attention, par exemple, sur un tableau placé assez loin d'elle et dont on lui explique les détails. Pendant ce temps.

(lj P. Séglas et P. Sollier, Archives de neurologie, novembre 4890.

d'elle-même, inconsciemment, elle se détache du dossier de la chaise sans aucune angoisse. Dès qu'on le lui fait remarquer ou qu'on cesse d'occuper ailleurs son attention, l'angoisse arrive. .

Ici, loin de pouvoir noter une amnésie des mouvements automatiques, les mêmes mouvements s'accomplissent au contraire fort bien lorsqu'on se place dans les conditions nécessaires et habituelles à leur réalisation. C'est l'inverse chezlesastasiques-abasiques ordinaires, qui, loin de distraire leur attention, doivent la fixer tout entière sur l'effort qu'ils accomplissent pour obtenir un résultat, si minime qu'il soit.

Je me résume, Messieurs : conservation de la mémoire des mouvements automatiques secondaires, concentration de l'attention involontaire sur l'idée pathologique empêchant l'exercice de l'attention volontaire dans d'autres directions, faiblesse générale de la volonté se traduisant par de la paresse intellectuelle, de la lenteur et de l'indécision de tous les mouvements, par l'impuissance à refréner les réactions émotives, état d'aboulie fréquent chez les obsédés et en rapport étroit avec les symptômes neurasthéniques.

Ces considérations ont leur importance pour le traitement.

Sans insister ici sur le traitement physique dirigé contre les accidents hystériques ou neurasthéniques, il ne faut pas oublier que, puisqu'il s'agit d'un trouble psychique, il doit également y avoir dans le traitement un côté psychologique. J'ai déjà cité le cas d'une malade chez laquelle j'ai pu voir disparaître très rapidement l'astasie-abasie, rien que sous l'action d'un traitement de ce genre.

De ce que l'on peut savoir sur le mécanisme psycholo-

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