‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 132 sur 135 · ABASIE ET A8TA81Ë ÉMOTIVES · texte numérisé non relu

ABASIE ET A8TA81Ë ÉMOTIVES

gique des troubles psychiques de la marche et de la station debout dans les deux variétés que j'ai en vue, il s'ensuit que ce traitement moral varie du tout au tout, à tel point même qu'il sera absolument l'inverse dans les deux circonstances.

En effet, tandis que chez les astasiques ordinaires, on devra faire une sorte de rééducation en fixant, par tous les moyens possibles, l'attention du sujet sur les mouvements à accomplir pour réveiller les images motrices, les graver dans la mémoire et faire rentrer dans le domaine de la conscience les acquisitions, jadis automatiques, qu'il a perdues; au contraire, chez une malade comme celle que nous venons d'examiner, il faudra distraire l'attention de l'acte à exécuter, en forçant le sujet à la fixer sur d'autres points, afin de favoriser l'exécution automatique, inconsciente, des actes qu'il ne peut accomplir sans angoisse.

Un dernier point à signaler est celui du pronostic. Dans son mémoire, M. Blocq le regarde comme à peu près toujours favorable chez ses malades. Je n'oserais pas en dire autant pour ceux que j'ai ici en vue. Le pronostic devient celui des idées obsédantes qui, si elles disparaissent quelquefois, sont le plus souvent rémittentes ou s'évanouissent pour faire place à d'autres idées du même genre et, souvent même, durent toute la vie, quoiqu'on puisse tenter contre elles.

En dehors de ces particularités de symptomatologie, de mécanisme, de pronostic, de traitement, ce qui m'a engagé à vous présenter cette dame, c'est que je crois les exemples de ce genre rares jusqu'ici. Pour ma part, je n'en connais que quatre : un, dû à M. Bouveret (1), de Lyon; les autres.

(1) Bouveret, la Neurasthénie, p. 75, 4870.

DIAGNOSTIC 7f)!)

à M, Biswanger (\), d'Iéna. Tous ces malades, comme la nôtre, étaient des neurasthéniques.

Jl me semble d'autant plus indiqué de faire connaître et d'élucider ces faits que, justement dans son mémoire M. Biswanger fait une critique en règle de la description de l'astasie-abasie donnée par M. Gharcot et M. Blocq, et, pour cela, il fonde son opinion sur trois observations tout à fait différentes des leurs et ressemblant absolument à celle de notre malade.

On ne peut comparer que des faits semblables; aussi m'a-t-il paru nécessaire d'attirer l'attention sur cette forme particulière des troubles de la marche et de la station debout, qui, ressemblant par un côté à l'astasie-abasie déjà décrite, se rapprochent plutôt des idées obsédantes, des états émotifs comme l'agoraphobie et que, pour ce fait, et afin d'établir une distinction, je propose d'appeler astasieabasie émotive (2).

(1) 0. Biswanger, Berl. Klin. Woch., 19 et 20 mai 1890.

(2) Cette distinction a été accentuée depuis sur de nouvelles observations publiées par dilïérents auteurs. Voir notamment : P. Blocq, Les Troubles de la marche dans les maladies nerveuses, in Bibl. mcd. Charcot-Debove ; Debove et Boulloclie, De la basophobie, Société médicale des hôpitaux, 17 novembre 1893, etc.

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