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MODE DE DÉBUT

Gomment apparaît l'obsession, quel est le mode de début de l'affection?

Dans la forme constitutionnelle, le début est souvent insidieux, se mêlant avec l'histoire du développement psychique anormal. C'est là une des causes de la confusion qu'on fait souvent entre l'idée obsédante et les stigmates de dégénérescence dont la différence est pourtant bien mise en lumière, tant par l'étude clinique que par celle du mécanisme psychologique qui préside à la genèse de l'obsession. Souvent c'est à la puberté, quelquefois même avant, qu'apparaissent les premières manifestations pathologiques (scrupules, terreurs, impulsions) qui sont la forme rudimentaire de l'obsession. Mais déjà on a pu constater un fonds mental particulier révélant la présence des stigmates proprement dits d'une constitution psychique anormale ou, comme l'on dit souvent, d'un état de dégénérescence.

Il faut bien connaître, Messieurs, ce développement anormal de l'individu qui le fera classer dans le groupe dit des dégénérés. .Nous pouvons le constater par la recherche des antécédents et des stigmates physiques ou psychiques.

J'ai fait ici, il y a quelques années, une série de conférences, publiées depuis, sur la morphologie des aliénés et les stigmates physiques divers qu'ils peuvent présenter. Je n'y reviendrai pas aujourd'hui, car je n'aurais pas grand'chose de nouveau à vous en dire.

Les stigmates psychiques sont d'ailleurs les plus importants chez les individus que nous étudions; vous les connaissez pour la plupart.

Ils peuvent se traduire par un arrêt ou un retard dans le développement des facultés intellectuelles ; ou bien — et c'est généralement le cas des malades que nous avons maintenant en vue — ils se résument dans un développement

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inégal, un manque d'harmonie, d'équilibre entre les facultés. Ces individus sont intellectuellement des êtres partiels, incomplets, déséquilibrés. Ils peuvent avoir une mémoire prodigieuse, mais ne peuvent arriver à fixer leur attention. Mobiles et distraits, leur instabilité mentale est parfois extrême.

En même temps, ils sont abouliques, apathiques, avec des accès de grande excitabilité, des « emballements » inexplicables. Ce sont des originaux, des excentriques, des rêveurs d'imagination déréglée, à tendances romanesques.

Enfin ce sont des émotifs, des timides, sensibles à l'excès, impressionnables et susceptibles, égoïstes et orgueilleux.

Et je ne parle pas des perversions morales plus graves, dont la simple énumération nous entraînerait trop loin de notre sujet.

Voilà. Messieurs, les vrais stigmates de cette constitution psychopathique — ou, si vous préférez, de cet état de dégénérescence — qui représente un terrain favorable au développement, possible mais non fatal, des accidents psychiques à forme d'obsessions.

Leur début, vous disais-je tout à l'heure, est alors souvent insidieux, lent, difficile à préciser. Il est toutefois des cas où l'on peut assister à un début plus rapide avec quelques symptômes précurseurs.

Ces différences deviennent de plus en plus nettes à mesure que l'on empiète sur cette série de cas intermédiaires qui nous amènent aux formes non constitutionnelles, acquises, où nous allons retrouver avec un début plus brusque, les mêmes symptômes précurseurs beaucoup plus accentués.

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