TERMINAISONS
La marche des obsessions est essentiellement rémittente ; parfois rémittente et progressive, les paroxysmes devenant alors plus intenses, plus prolongés, les intervalles plus courts, si bien qu'à la fin la maladie tend à revêtir une forme presque continue, mais n'aboutit toutefois pas par elle-même à la démence.
ht pronostic dépend surtout de la forme de la maladie. La forme constitutionnelle ne guérit jamais ; les autres peuvent guérir. La curabilité de la maladie dépend surtout de l'état morbide sur lequel est venue se greffer l'obsession.
Quant à la variété de l'idée obsédante, elle est en général peu importante pour le pronostic ; toutefois les variétés impulsives semblent être d'un pronostic plus sérieux.
Un autre mode de terminaison est quelquefois le suicide, alors même que les malades n'ont pas d'obsession-suicide, mais parce qu'ils ne voient pas d'autre moyen pour se dé^ barrasser des tortures de l'obsession que de se donner la mort. C'est logiquement, et par suite d'un raisonnement, qu'ils mettent fin à leurs jours.
Les obsédés deviennent parfois des hypocondriaques délirants, ou commencent un délire systématique, souvent des persécutions.
L'interprétation nosologique de ces faits est aujourd'hui encore très discutée. Tandis que certains auteurs ne voient là qu'une simple association morbide, d'autres admettent une évolution de l'obsession qui, de l'état de paranoia rudimentaire, est ainsi passée à celui de paranoia (folie systématique) confirmée.
Quand un obsédé devient ainsi délirant, on peut voir s'établir une véritable combinaison entre l'obsession et le délire. Une de nos malades, avant de délirer, a eu des obsessions simples, comme de refaire trois fois une même chose.
88 l'obsession.
« Ils ont repris cela en théologie, » dit-elle en parlant de ses persécuteurs, qui lui suscitent des préoccupations analogues concernant par exemple certaines lettres. Si elle ne trouvait pas la réponse, elle serait, dit-elle, ce plus agitée que toutes nos agitées ». Elle éprouve alors en effet un grand malaise, des crispations, des tremblements, des étouffements, du vertige. Elle ne sait plus que son obsession est un phénomène pathologique, et elle la fait rentrer dans son délire; l'obsession s'est combinée au délire des persécutions.
Je ne vous dirai que quelques mots du Traitement, toujours complexe, comportant des indications multiples suivant chaque malade.
L'isolement, parfois nécessaire, est souvent contre-indiqué.
Du côté moral, un premier point est de gagner la confiance du malade, qui souvent est honteux de son état et cherche à le cacher le plus qu'il lui est possible. Aussi estil nécessaire de toujours prendre ses confidences au sérieux, de ne pas considérer ses obsessions comme des manies ridicules et puériles, mais au contraire de le rassurer, de lui montrer que Ton comprend ses souffrances et qu'il peut trouver ainsi auprès de vous un appui pour sa volonté toujours défaillante, et dont lui-même déclare souvent ressentir le besoin.
Ce qui importe surtout dans les paroxysmes, c'est de distraire les malades de leur idée obsédante, plutôt que de les faire entrer en lutte avec elle et de les exposer ainsi à une défaite presque certaine. Si la fixation de l'attention est difficile, la distraction impossible à provoquer, rappelezvous qu'une simple affirmation catégorique, une défense