‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 21 sur 135 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

brève, un mot d'encouragement, suffisent parfois à couper court à la crise. Mais gardez-vous bien de favoriser remploi de ces trucs si familiers à certains malades, à l'aide desquels ils pensent combattre victorieusement leur idée obsédante et qui, au contraire, ne font que l'entretenir.

En dehors des paroxysmes, le traitement moral ne devra jamais être négligé.

Dans les formes constitutionnelles, il repose surtout sur l'éducation des malades reconnus atteints des tares particulières que je vous ai rapidement énumérées. Dans les autres il est nécessaire, pour tâcher de rétablir une certaine cohésion entre les facultés, d'exercer par tous les moyens possibles l'activité intellectuelle, l'attention, la mémoire, la volonté, mais cela d'une façon régulière, méthodique, modérée, en ayant bien soin d'éviter la fatigue.

Au physique, le traitement général est celui des épuisements nerveux, ou des états diathésiques, s'il en existe des manifestations. Une hygiène sévère est nécessaire; les exercices physiques sont souvent utiles, mais à la condition d'être réglés et de ne pas aller jusqu'à la fatigue. Le sommeil doit être surveillé avec le plus grand soin, surtout au moment des crises.

Outre les traitements usités d'ordinaire dans les états anxieux et applicables aux paroxysmes, on peut de plus trouver parfois une indication thérapeutique dans la constatation de certains phénomènes paraissant reliés directement à la crise obsédante ; comme chez une de mes malades diabétique, dont les crises coïncidaient avec une augmentation considérable de la glycosurie et disparaissaient lorsqu'elle venait à s'atténuer. Chez un autre, fils de parents arthritiques, atteint lui-même d'accidents neurasthéniques très prononcés : céphalée en casque, plaque sacrée, troubles

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dyspeptiques, constipation, et alternatives de diarrhée, eczéma des orifices, etc., les crises d'obsession étaient toujours annoncées par des troubles gastriques, de la constipation, des poussées eczémateuses, et des urines sédimenteuses. La fin de la crise au contraire coïncidait avec des débâcles diarrhéiques, une abondante diurèse et une excrétion exagérée d'acide urique.

Quoi qu'il en soit, et sans entrer ici dans plus de détails, il est un fait à retenir : c'est que le traitement physique ou moral s'adressant d'une part à l'état général du malade, de l'autre aux manifestations pathologiques elles-mêmes, peut aboutir souvent, chez les obsédés, à un résultat favorable, parfois môme à la guérison ; et je résumerais volontiers les opinions que je viens de vous développer par cette phrase d'un de nos distingués collègues, M. Féré : « Considérer tous les états émotifs comme des stigmates de dégénérescence, nécessairement inaccessibles au traitement, constitue une doctrine, non seulement erronée, mais néfaste. »

Nous allons passer maintenant à l'examen de nos malades ; vous y retrouverez la plupart des faits que je viens de vous exposer.

Il s'agit, dans le premier cas, de la forme constitutionnelle de l'obsession.

I. — Mme G..., âgée de cinquante ans, avait un père devenu goutteux très jeune ; sa mère, un peu exaltée, est morte paralysée à quatre-vingts ans. Elle a des frères, un peu exaltés également. Elle-même a eu cinq enfants, dont un est mort à trois mois, l'autre à quatre mois.

Au point de vue des antécédents personnels, nous savons qu'elle a commencé à marcher à dix-huit mois seulement,

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