TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ GÉNÉRALE
de l'agoraphobie, voyait quelquefois les crises occasionnées par ces obsessions remplacées par d'autres crises semblables, mais uniquement déterminées par ce fait qu'il se sentait tout d'un coup allonger ou grossir.
Un autre, également douteur, avait des crises de symptomatologie identiques à ses crises de doute, mais déterminées par une sensation spéciale. Tout d'un coup, n'importe où, dans la rue, il était obligé d'enlever son chapeau, parce qu'il sentait sa tête devenir énorme, et, comme le précédent, il ne pouvait arriver à corriger ces fausses sensations.
Une dame, atteinte d'idées obsédantes très variées (folie du doute, délire du toucher, impulsions diverses, etc.), tombait souvent dans une crise angoissante, parce qu'elle sentait sa tète devenir démesurément grosse, et cela d'une façon si nette, qu'il lui fallait se tâter longtemps avec les mains, se regarder dans une glace, avant d'acquérir une certitude qui mît iio à son angoisse.
Dans cet ordre d'idées, nous pouvons invoquer à titre d'exemples un certain nombre des faits relatifs à la glossodynie, aux obsessions buccales ou dentaires, ou plus généralement aux algies psychiques, à la topoalgie.
Chez une des malades de la consultation externe, obsédée par la peur de l'eau, des voitures, des ponts, des grandes places, la crise est souvent amenée aussi par une sensation douloureuse qu'elle éprouve sur le côté et à la base de la langue. Cela la pique, la gêne, « absolument, dit-elle, comme si elle avait une épingle, une arête de poisson dans la bouche » ; et elle tousse, crache pour s'en débarrasser. La sensation douloureuse disparue, le calme revient.
L'histoire des perversions sexuelles fourmille aussi de faits analogues.
116 l'obsession.
J'espère, Messieurs, que les différents exemples que je viens de vous fournir ont pu vous convaincre qu'il ne fallait rayer de la symptomatologie de l'obsession, ni les hallucinations, ni même les phénomènes analogues qui se produisent du côté de la sensibilité générale.