‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 30 sur 135 · SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SIXIÈME LEÇON

De la confusion mentale primitive1.

SOMMAIRE. — Confusion mentale primitive. — Considérations historiques. Divisions. — Confusion mentale, symptôme secondaire du primitif; états de confusion symptomatiques ou épisodiques ; confusion mentale primitive affection.

Symptômes. — Il en est de somatiques et de psychiques ; parmi ces derniers, les uns sont fondamentaux, les autres accessoires.

A. Symptômes psychiques : 1° fondamentaux : — faciès, désorientation, troubles du langage, de l'attention, de la perception, de la mémoire, des mouvements volontaires, de la conscience personnelle.

2° Symptômes psychiques accessoires: — idées délirantes, hallucinations, impulsions, tics, mouvements automatiques ; — agitation et dépression générales ; — ton émotionnel ; — docilité.

B. Symptômes somatiques : — fièvre, asthénie générale, amaigrissement; troubles moleurs, vaso-moteurs, trophiques, digestifs, etc.

Exemple clinique.

Messieurs,

Parmi les formes diverses que revêt l'aliénation mentale, il en est une qu'on observe peu souvent dans les services d'aliénés, mais qui, en revanche, se rencontre assez fréquemment dans la clientèle de ville. Je veux parler de la confusion mentale. Comme vous pouvez être exposés à vous trouver en présence de cas de ce genre dans la pratique courante, je tiens à vous dire quelques mots sur cette forme vésanique, généralement peu étudiée en France aujourd'hui.

(1) Leçon (février 1894) résumée par M, H. Meige, in Archives générales de médecine, mai 1894.

Vous n'en trouverez pas de description dans les traités français, à l'exception de celui de M. Dagonet. Il est même assez singulier de constater, en face de l'abondance des travaux étrangers, le silence des auteurs français actuels sur une question de médecine mentale qui, comme tant d'autres, fut cependant, à l'origine, mise en lumière dans notre pays.

Les premières indications, en effet, se rencontrent dans les œuvres d'Esquirol qui, dans le cadre trop vaste assurément de sa démence, décrit cependant une démence aiguë, variété « survenant à la suite d'écarts passagers de régime, d'une fièvre, d'une hémorragie, d'une métastase, de la suppression d'une évacuation habituelle, du traitement débilitant de la manie ».

Cette démence aiguë d'Esquirol est distinguée ensuite nettement et décrite à part par Georget sous le nom de stupidité.

Puis vinrent sur le môme sujet les travaux d'Étoc- Demazy, Ferrus, Brierre de Boismont. Mais c'est surtout à Delasiauve que nous devons les études les plus importantes sur la stupidité. Dans une série d'articles il a donné, et de main de maître, une monographie complète de la stupidité et des confusions intellectuelles à laquelle, aujourd'hui encore, il y a bien peu à reprendre et à ajouter.

Devant ce modèle d'analyse clinique et psychologique, on s'étonne que les idées de l'auteur, malgré le talent, la conviction qu'il mit à les défendre, n'aient point été adoptées par la grande majorité des aliénistes français, et qu'on n'ait pas accordé également plus d'attention aux travaux et observations à l'appui dus à quelques autres écrivains (Sauze, Berthier, Ach. Foville, Becquet, Dagonet, etc.).

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