‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 32 sur 135 · DIVISIONS · texte numérisé non relu

DIVISIONS

Un premier point à établir, c'est que la confusion mentale, prise au sens strict du mot, n'est qu'un symptôme banal qu'on peut rencontrer dans presque toutes les formes de l'aliénation, mais sous des aspects divers et avec une valeur différente, ainsi que l'a très bien indiqué M. Ghaslin.

Vous pourrez vous en rendre compte en vous reportant au tableau que je vous soumets :

( Affections mentales diverses. ( Symptôme secondaire, j Confusion) f) Etats de confusion symptomatiques.

mentale. ) u États de confusion épisodiques.

( Symptôme primitif.

f Confusion mentale primitive, affection.

C'est ainsi qu'on peut constater la confusion mentale, au cours d'affections psychopathiques variées, à titre de symptôme secondaire et comme origine et comme importance. C'est à ce titre qu'on peut la rencontrer dans la manie aiguë par suite de l'état de surexcitation des facultés, de l'idéorrhée ; dans le délire systématisé aigu hallucinatoire, où elle se présente comme un symptôme surajouté, simple conséquence de l'intensité et de la multiplicité des hallucinations ; dans la mélancolie, par suite de l'intensité des troubles émotionnels, etc.

Dans d'autres cas, la confusion mentale se rattache étroitement et donne une note particulière à un état vésanique symptomatique. C'est ce qu'on voit dans les délires toxiques (alcool, plomb, etc.), dans certains états dyscrasiques (uricémie, albuminurie, glycosurie, etc.) ou infectieux (délires fébriles), dans certaines affections organiques (tumeurs cérébrales, paralysie générale, etc.), dans certaines névroses (épilepsie, hystérie).

Parfois, la confusion mentale peut être alors primitive, c'est-à-dire se développant en dehors de tout autre phénomène psychique ; souvent aussi il existe quelques variations dans l'aspect clinique qui font de ces cas des délires hallucinatoires s'accompagnant de confusion secondaire. Mais envisagés dans leur ensemble, ils se distinguent toujours par ce fait que les troubles intellectuels suivent pas à pas les manifestations de la maladie générale dont ils font partie.

La confusion mentale peut encore se présenter sous les mêmes aspects, mais d'une façon épisodique, à titre de complication, au cours ou à la suite d'une affection mentale antérieure, ayant déterminé par exemple un état d'épuisement. Gela n'est pas rare chez les mélancoliques, lorsqu'ils refusent les aliments ; si ce refus se prolonge, que l'alimentation soit insuffisante, il se produit alors, à côté des symptômes délirants préexistants, de nouveaux troubles intellectuels, présentant l'aspect de ce que certains auteurs ont décrit, d'autre part, sous le nom de délire d'inanition et qui ne sont autre chose qu'un état épisodique de confusion mentale.

Mais, en regard de ces cas divers, il en est d'autres où la confusion mentale semble constituer une affection autonome, ayant son évolution per se. C'est sur cette affection, à laquelle s'applique plus particulièrement le nom de confusion mentale primitive, que je désire attirer aujourd'hui votre attention.

Dans cette étude, je laisserai un peu de côté les descriptions courantes pour m'appuyer surtout sur les faits déjà nombreux que j'ai observés moi-même, et dont je compte me servir pour tracer le tableau clinique de l'affection.

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