SYMPTOME! PSYCHIQUES FONDAMENTAUX
La symptomatologie prosente d'emblée un caractère important : c'est qu'en dehors des symptômes psychiques, il existe aussi des signes physiques, qui parfois môme tiennent le premier rang. De ce chef, la confusion mentale primitive se distingue déjà de la plupart des formes de l'aliénation, où les signes physiques font en général défaut et elle semble rentrer davantage dans le domaine de la pathologie interne.
A. — Voyons d'abord les symptômes psychiques et étudions-les dans un cas complet, d'intensité moyenne, à la période d'état.
Ces symptômes ne sont pas tous de même importance. Les uns sont prédominants, essentiels, fondamentaux. Ils se résument dans la gêne de l'exercice volontaire des facultés intellectuelles, qui se traduit par la confusion mentale primitive.
Les autres sont instables, accidentels, secondaires. Ce sont des phénomènes d'automatisme cérébral, qui sont une conséquence des précédents et se traduisent par les hallucinations, le délire, les réactions du malade.
1° Quels sont donc, pour commencer, les symptômes fondamentaux ?
Messieurs, quand on est appelé auprès d'un malade atteint de confusion mentale, une chose frappe dès l'abord : le faciès. Ce qu'on y voit, c'est l'étonnement, l'égarement, l'hébétude, ou bien la physionomie est absolument inerte, abrutie, stupide; le regard mobile ou vague, comme voilé.
On commence l'interrogatoire et l'on remarque alors tout de suite que le patient, ahuri, se perd, s'embrouille dans ses réponses. Il est tout désorienté, semble ne recon-
naître ni les objets familiers, ni les personnes qui l'entourent ; il ne se souvient de rien, il a perdu les notions de lieu, de temps. Cette confusion des idées devient plus évidente à mesure qu'on approfondit l'examen, qu'on cherche à entrer en rapport avec le malade, ce qui n'est pas toujours facile.
Le premier obstacle réside dans les troubles fréquents de la fonction langage. Ils consistent soit dans la perte de certaines images du mot; soit, lorsqu'elles sont conservées, dans la difficulté qu'éprouvent les confus à adapter les mots à l'idée qu'ils veulent exprimer et à les coordonner ensemble pour comprendre ou exprimer une pensée. Veulent-ils parler? ils ne peuvent y réussir. Les fait-on lire? ils ne comprennent pas soit les mots, soit plutôt le sens des phrases. Leur parle-t-on? s'ils entendent encore isolément les mots que vous prononcez, s'ils comprennent la première partie de votre question, ils en saisissent plus malaisément le sens général. « On dirait les demandes saisies. Des efforts visibles annoncent l'intention d'y répondre. Mais le plus souvent ces velléités avortent, soit qu'en réalité la compréhension ait été insuffisante, que les éléments de renonciation n'aient pu être rassemblés, ou qu'échappant à la mémoire les mots expirent sur les lèvres. Si quelques phrases sont articulées lentement, tardivement, rarement elles expriment autre chose que l'inertie et l'indifférence. » (Delasiauve.)
L'écriture ne peut fournir que rarement des renseignements utiles. Le plus souvent, le malade ne trace que quelques phrases ou même quelques muts inachevés, parfois en épelant. On peut voir des omissions ou des répétitions de lettres, de mots, un tracé irrégulier, des lignes jetées comme au hasard. Mais il y a rarement