SYMPTOMES PSYCHIQUES SECONDAIRES
A côté de ces impulsions subites, il n'est pas rare de constater des mouvements se reproduisant, par intervalles, d'une façon stéréotypée, comme des sortes de tics. Parfois ils sont en rapport avec une idée donnée, comme chez un homme qui, se croyant la tête changée, se tâtait les joues, se passait la main dans les cheveux par un geste devenu rapidement machinal, qui n'existait pas avant la maladie. — D'autres fois, il semble ne s'agir que de mouvements purement automatiques, ne répondant d'ailleurs à aucune idée spéciale. Une de mes malades se grattait la cuisse; une autre remuait le pied comme battant la mesure; celle que je vais vous présenter tout à l'heure se frotte souvent les mains d'une façon tout à fait machinale.
Ces tics, ces mouvements automatiques, peuvent se reproduire assez fréquemment, et même pendant une certaine durée de la maladie. En général, ils ne sont point uniques. S'il en est qui se répètent plus souvent, d'autres sont très variables, et ils sont toujours essentiellement intermittents.
A un point de vue plus général, on peut observer soit de X agitation, soit de la dépression motrice à tous les degrés, se présentant sous une forme régulière ou alternante ; et c'est ainsi qu'on a distingué un type maniaque, mélancolique, ou alternant (Greidenberg). Mais il est à remarquer que ce sont là de purs phénomènes d'automatisme qui ne sont nullement en rapport avec un trouble émotionnel déterminé.
Au contraire, le ton émotionnel est la plupart du temps indifférent, sauf quelques moments d'anxiété, simples épisodes réactionnels provoqués par le désordre des idées ou les hallucinations.
Un dernier fait clinique, c'est la docilité presque constante de ces sujets, car elle contraste étrangement avec l'opposition et la résistance systématiques qu'on rencontre chez les mélancoliques. L'importance de ce fait pour le diagnostic n'avait pas échappé à Delasiauve, lorsqu'il disait : c< Le stupide se laisse volontiers déplacer et conduire. Il faut souvent se gourmer vigoureusement avec les lypémaniaques pour les réduire à l'obéissance. »
A ce point de vue, certains confus se conduisent même comme de véritables enfants, s'attachant à une personne déterminée dont ils ne peuvent se séparer un instant. J'ai vu une femme qui ne pouvait quitter son mari, pour si peu de temps que ce fût. Un jeune homme de trente ans qui ne pouvait se passer de son père, le suivait pas à pas, et même n'avait de repos la nuit que lorsqu'il couchait dans le même lit que lui.
Les personnes qui sont ainsi l'objet de cette préférence excessive peuvent rendre parfois de grands services pour l'organisation du traitement; car les malades leur obéissent avec une aveugle confiance.
Enfin, il n'est point exceptionnel, au milieu du bouleversement de toutes les notions psychiques chez le confus, d'observer de temps à autre comme une négligence, des oublis des convenances sociales, amenant l'exécution en public de certains actes, en désaccord complet avec l'éducation antérieure du malade.
Tels sont, Messieurs, les symptômes psychiques envisagés dans leur ensemble. Ce qu'il importe de retenir, c'est qu'ils n'ont pas tous la même importance. 11 est des cas où les symptômes secondaires semblent se placer au premier plan ; mais ce n'est là qu'une apparence, et ils portent