SYMPTOMES SOMATIQUES. 1G
toujours 1'emprciutc du fonds primitif de confusion mentale sur lequel ils reposent.
Aussi est-ce à tort que Baillarger avait voulu voir dans le délire généralement triste une activité réelle de l'esprit, confondant ainsi tous ces faits dans le cadre de la mélancolie.
Or, les phénomènes délirants, remarque Delasiauve, développant ainsi l'opinion déjà émise parFerrus, ne sont ni constants, ni continus, et leur persistance même, fût-elle établie, n'est pas une preuve péremptoire d'activité mentale. « Dans les phénomènes d'imagination, il faut distinguer ceux auxquels le moi s'associe par une volonté libre ou instinctive, et ceux qui résultent exclusivement du pur automatisme cérébral. A cette dernière catégorie appartiennent notoirement les symptômes sur lesquels portent la controverse. Leur caractère passif est tout en faveur de l'inertie stupide. »
Les idées délirantes, les hallucinations, les actes du malade ne sont donc que la manifestation d'un état d'automatisme psychique résultant de l'affaiblissement de l'activité mentale volontaire.
« Tandis que les phénomènes mélancoliques et hallucinatoires n'accusent de la condition morbide que des modifications, sinon toujours instables, au moins éventuelles, la confusion mentale en constitue l'expression directe et nécessaire. » (Delasiauve.)
B. — Messieurs, les troubles psychiques, quels qu'ils soient, ne constituent pas à eux seuls la symptomatologie delà confusion mentale primitive. Ici, comme je vous le disais, à l'inverse de ce qui s'observe dans bien des maladies mentales, on rencontre généralement des signes soma-
tiques qui même prennent parfois la place prépondérante.
Ils revêtent, dans leur ensemble, les caractères de Y affaiblissement général, de Y épuisement, de la dénutrition.
Parfois au début, ou par intervalles au cours de l'affection, on peut noter de la fièvre, fait bien rare chez les aliénés. D'ailleurs, rien de caractéristique dans sa marche ; elle procède par poussées irrégulières, sans lois aucunes.
L'asthénie générale, le manque des forces, est le symptôme qui attire surtout l'attention. Les malades ne marchent qu'avec peine, ils se traînent, leurs jambes ploient sous eux.
Il y a toujours un certain amaigrissement, parfois même excessif et très rapide. Il semble alors vraiment que les malades secachectisent.
Le pouls et le cœur battent faiblement et les troubles vasomoteurs ne sont pas rares ; on peut noter aussi des troubles trophiques, éruptions diverses, ulcérations, eschares, gangrène symétrique des extrémités.
En même temps existent des troubles digestifs : haleine fétide, langue mauvaise, état saburral des voies digestivés, alternatives de diarrhée et de constipation ; voracité ou refus d'aliments ; gâtisme, sinon constamment, du moins par intermittences.
L'examen des urines révèle souvent des variations dans la quantité des éléments normaux, ou même la présence d'éléments anormaux tels qu'albumine, sucre, urobiline, etc.
Chez les femmes, les règles surviennent irrégulièrement u sont même tout à fait suspendues.
En outre des mouvements automatiques dont je parlais tout à l'heure, les confus éprouvent souvent des crampes, des secousses spontanées dans les muscles des membres et surtout de la face. Ils ont de même de.- tremblements dans