EXEMPLE CLINIQUE D'UALLUCINATIONS VERBALES MOTRICES
nation des divers degrés d'hallucinations motrices a également son importance.
Je terminerai là cette courte revision séméiologique. Je tenais seulement à vous faire passer en revue, sous leurs aspects les plus simples, les différentes variétés d'hallucinations — surtout verbales — pour que vous puissiez les reconnaître rapidement à l'occasion ; et ces notions pourront aussi nous servir de guide dans l'étude des formes complexes que nous aborderons dans notre prochaine réunion.
Pour revenir à la clinique, je vous présenterai maintenant une malade atteinte d'hallucinations verbales motrices très nettes ; vous retrouverez chez elle la plupart des caractères sur lesquels je viens d'attirer votre attention.
C'est une jeune fille de vingt ans, née de parents très bornés. Son père était presque imbécile; sa mère est bien peu intelligente; elle a un frère qui est presque idiot.
Elle-même est une faible d'esprit. Elle a marché très tard, elle a appris à lire à grand'peine, et, à la suite d'une lièvre typhoïde grave, ses facultés se sont arrêtées dans leur développement. Depuis deux ans, sur cet état de faiblesse mentale se sont greffés des symptômes délirants. Elle dit avoir vu «des images sur le plafond ». S'agit-il là d'illusions ou d'hallucinations de la vue? La chose est difficile à préciser.
Elle a aussi de vagues idées de persécution et elle rapporte à des êtres mal définis qui la tourmentent les hallucinations dont elle souffre.
Mais ce qui a surtout attiré l'attention et ce qui aujourd'hui domine tout le tableau morbide, ce sont des hallucinations verbales motrices. Celles-ci sont visibles pour
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tout le monde, et dans le service on connaît cette jeune fille sous le nom de la malade qui parle toute seule.
Elle s'exprime à cet égard d'une façon fort explicite :
« Cela lui part du gosier de la bouche. » — « Les autres malades disent : c'est des voix; mais cela ne les fait pas causer comme moi. » — « On me fait quelque chose dans la gorge, sur la langue, pour parler; on croirait que ma langue marche toujours; elle ne reste jamais tranquille. »
Vous reconnaissez là, sincèrement décrite, l'hallucination verbale motrice.
Remarquez aussi ce qu'elle dit quand elle veut faire cesser ses voix : « Je serre les dents pour qu'ils ne me fassent pas causer; mais je ne me bouche jamais les oreilles. »
Enfin, quand elle essaye de lire mentalement, l'hallucination l'interrompt : ce Ils me font quitter la lecture, pour me dire des paroles. Je lis haut pour pouvoir lire, sans cela c'est impossible. »
Jusqu'ici, tout se borne au premier degré des hallucinations verbales motrices. Mais regardez attentivement la malade, et vous verrez par instants ses lèvres remuercomme si elle causait à voix basse. Devant un public qui ne lui est pas familier, elle se contient cependant. Mais quand, tout à l'heure, elle sera rentrée dans sa division, elle va prononcer à haute voix des mots violents, des injures, des « choses qu'ils lui font dire et qu'elle ne voudrait pas dire », et dont elle s'excuse. C'est là, Messieurs, un bel exemple d'impulsion verbale.
Pour en finir avec cette malade, je vous dirai qu'elle a aussi des hallucinations motrices communes : ses vagues tourmenteurs (on ou les /tommes de voix) lui remuent, dit-elle, les bras ou les jambes, lui font tourner la tête, etc.