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DIAGNOSTIC ACTUEL. 2,'J

Ainsi, l'élément moteur domine dans tous ses troubles hallucinatoires.

Pour terminer, permettez-moi, Messieurs, de vous donner encore quelques indications à propos du diagnostic séméiologique de l'hallucination.

Il ne faut jamais trop se hâter de conclure à l'existence d'une hallucination. Si simple qu'il paraisse, ce diagnostic n'est pas toujours facile et sa précision présente une réelle importance, aussi bien en clinique qu'en nosographie.

Plusieurs cas peuvent se présenter.

Prenons d'abord le plus simple et supposons-nous en face d'un malade halluciné au moment même de l'examen et répondant d'autre part aux questions qu'on lui adresse.

Lorsqu'il s'agit d'une hallucination élémentaire, le diagnostic est facile : vous pouvez aisément contrôler par vousmême la réalité de la perception accusée par le malade.

Dans le cas d'une hallucination commune, il est deux phénomènes avec lesquels il importe de la distinguer, c'est X illusion et X interprétation délirante.

Tandis que l'hallucination est, comme nous l'avons vu, une perception sans objet, l'illusion est la perception fausse, inexacte, d'un objet existant réellement. C'est ainsi, par exemple, qu'un malade atteint d'illusions, verra dans les plis d'un rideau la silhouette d'un fantôme, d'un assassin, etc.

Dans l'interprétation délirante, la perception est exacte, mais le malade lui attribue un sens particulier en rapport avec ses préoccupations. Une mélancolique, par exemple, entend dans le voisinage le bruit du marteau d'un menuisier réparant une cloison. Elle se rend bien compte de la

nature de ce bruit, mais l'interprète faussement disant : « C'est Téchafaud qu'on apprête pour mon supplice. »

Les mêmes distinctions s'appliquent aux hallucinations verbales. Prenons comme exemple l'hallucination verbale auditive que nous venons d'étudier longuement, et dans laquelle le malade entend des paroles, alors que tout est silencieux autour de lui. Dans l'illusion, il entend encore des mots; mais ces mots prononcés réellement sont mal perçus par lui, comme cela se produisait chez un de nos malades devant qui on parlait de « pièges à loups », et qui entendait « il est jaloux ».

Une autre forme d'illusion est celle dans laquelle un bruit extérieur est perçu par le malade sous forme de mots. C'est ainsi que le bruit du vent, le son d'une cloche, seront perçus sous forme de paroles. Un malade entend son nom dans le bruit du tonnerre. Ces sons qui devraient, en s'adressant aux centres auditifs communs, réveiller seulement l'idée d'un objet, réveillent au contraire chez lui une image verbale emmagasinée dans le centre auditif des mots. Le malade la perçoit comme si elle venait de l'extérieur et la rapporte à un objet déterminé.

Les faits de ce genre sont à distinguer de ceux dans lesquels le malade donne une signification des bruits réels extérieurs qu'il traduit lui-même. C'est ainsi qu'une jeune fille, que nous aurons l'occasion d'examiner plus tard, donne un sens au cri des oiseaux qu'elle entend chanter dans le jardin ; elle pense, par exemple, que, lorsqu'elle sort, ils disent : « Tiens, voilà la petite jeune fille. » Mais, ces mots, elle déclare ne pas les entendre, elle se figure simplement la signification de leurs oris.

Cet exemple se rapproche donc plutôt de l'interprétation délirante se manifestant à propos de phénomènes auditifs,

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