‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 45 sur 135 · TRAITEMENT PHYSIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PHYSIQUE

tiques résulterait sans nul doute de ce qu'ils favoriseraient l'élimination des substances toxiques contenues dans l'organisme. Les anciens auteurs avaient d'ailleurs signale que la guérison de la stupidité pouvait être précédée de phénomènes critiques, diaphorèse, sialorrhée, diarrhées abondantes, jugeant la maladie.

Enfin, il est une série de procédés thérapeutiques que l'on peut appliquer à ce genre de malades avec quelque avantage et qui sont en rapport avec l'hypothèse d'une autointoxication : ce sont ceux qui sont destinés à réaliser l'antisepsie gastro-intestinale.

Lorsqu'il existe de l'insomnie ou des symptômes d'agitation, on peut prescrire l'emploi des bains tièdes prolongés, avec ou sans affusions froides sur la tête, qui ont en même temps l'avantage de rétablir les fonctions de la peau; ou bien l'emploi du sulfonal à petites doses, du valérianate d'ammoniaque. Mais, contrairement à ce que disent certains auteurs, je pense que l'usage des bromures alcalins doit être absolument proscrit. Ces médicaments déterminent rapidement un état de dépression intellectuelle et par suite l'augmentation delà confusion mentale ; je les ai toujours vus produire un effet plutôt défavorable.

Mais, Messieurs, si le traitement physique est nécessaire à cause des caractères de maladie générale véritable que revêt la confusion mentale primitive, il ne faut pas non plus négliger le traitement moral.

Les règles en ont été nettement formulées jadis par le Dr Sauze ; on ne peut mieux faire que de les suivre à la lettre :

« Si, dans la période d'acuité, le traitement moral est impossible, il n'en est plus de même dans la période de

déclin. Quand l'intelligence recommence à fonctionner, quand arrivent les rémissions, il faut activer sans relâche les opérations cérébrales, il faut interroger les malades, lixer leur attention, insister quand leur réponse est ou trop lente ou peu précise. On doit s'attacher à leur faire comprendre qu'ils sortent d'une maladie grave; on les voit presque toujours être dans Tétonnement, ne pas se rendre compte des diverses circonstances de leur maladie, ni du changement qui s'est opéré .en eux, comme un individu qui, pendant son sommeil, transporté dans des lieux inconnus, mettrait un certain temps à reprendre ses sens. Quelques-uns nous ont dit qu'il leur semblait sortir d'un long sommeil. A ces malades qui se réveillent, il faut expliquer tous ces détails, les éclairer sur leur position, rappeler leur mémoire, leur poser des petits problèmes et leur en demander plus tard la solution. Cet exercice intellectuel, répété chaque jour, sans interruption, en procédant des choses simples aux questions plus difficiles, ramène peu à peu toutes les facultés à leur activité première ; c'est comme un enfant dont l'intelligence se développe progressivement, a En même temps que pour la conversation, on force le malade à mettre en jeu ses diverses facultés, il faut encore le mettre au travail. Cet exercice salutaire achève de rétablir la santé physique, maintient l'appétit et le sommeil, et donne également à l'esprit une préoccupation qui produit le meilleur effet. C'est en suivant cette méthode, en ayant recours à ces divers moyens, qu'on verra chaque jour Tintel ligence faire un progrès nouveau. Les réponses, d'abord lentes, deviennent plus faciles. Le malade s'occupe avec plus d'intérêt de ce qui l'entoure; son attention se fixe plus souvent sur les objets qui sont à sa portée. A mesure que l'attention est revenue, les autres facultés de l'entendement

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