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HUITIÈME LEÇON

Des troubles de la mémoire et de l'amnésie continue dans la confusion mentale primitive.

Sommaire. — Troubles de la mémoire pendant la convalescence de la confusion mentale primitive.

Exemple clinique de confusion mentale primitive à forme délirante.

Un cas de confusion mentale primitive a forme asthénique consécutive à une fièvre typhoïde. — Discussion du diagnostic avec la paralysie générale.

Analyse des troubles de la mémoire pendant la convalescence. — Amnésie rétro-antérograde. — L'amnésie est consciente. — Persistance de la conservation et de la reproduction des souvenirs. — La reconnaissance est conservée. — La localisation est légèrement atteinte.

Suppression de la perception personnelle des souvenirs.

Des troubles de la mémoire dans la psychose polynévritique.

Que doit-on penser des troubles intellectuels décrits sous ce nom?

Messieurs,

En vous traçant la symptomatologie de la confusion mentale primitive, je vous ai parlé des troubles divers de la mémoire qui se manifestaient en pareil cas. C'est sur ce sujet que je désire revenir plus spécialement aujourd'hui, à l'occasion de deux malades que nous allons examiner.

Nous avons vu d'un côté, qu'au cours de l'affection, les souvenirs qui se rapportaient à la période antérieure à son début étaient le plus aisément évoqués, tandis que ceux qui avaient trait aux événements postérieurs étaient plus ou moins absents, et que les différents faits qui se passaient autour du malade, ses idées délirantes elles-mêmes, étaient souvent oubliés au fur et à mesure de leur production.

Vous vous rappelez aussi en quoi consistent ces désordres de la mémoire, dépendant de ces mêmes troubles de la conscience personnelle qui sont le fond de la maladie, traduisant le même défaut de synthèse, d'assimilation psychologique des images, qui constituent la base des souvenirs. Et, en effet, ces souvenirs, qui sont conservés et peuvent même être reproduits au cours des phénomènes automatiques — parfois d'une façon très précise, surtout lorsqu'il s'agit de souvenirs anciens — ne semblent disparaître que si le malade cherche à les évoquer volontairement. Je vous ai même cité à ce propos l'exemple d'un confus qui me saluait automatiquement des mots « Bonjour, docteur», alors que l'instant d'après il me demandait qui j'étais.

D'un autre côté, je vous ai exposé que pendant la convalescence^ ou même après guérison, les malades ne se souvenaient que très vaguement, parfois pas du tout, de leur maladie et n'avaient aucune conscience de sa durée. Aussi, contrairement à d'autres en apparence identiques, ne donnent-ils que des renseignements très vagues sur l'état par lequel ils ont passé. «Je ne puis rien dire, répondentils ; j'étais comme un morceau de bois, j'étais dans le chaos, etc. » Ou bien ils cherchent des explications, qu'ils abandonnent très vite, ne pouvant arriver à se rendre un compte exact des événements.

Enfin, je vous ai dit qu'assez souvent, à la suite de la confusion mentale primitive, l'exercice intellectuel restait difficile ; parfois même on note un trouble persistant, le plus généralement de l'attention ou de la mémoire, sous forme à? amnésie continue.

Je ne reviendrai pas aujourd'hui sur les troubles de la

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