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DIAGNOSTIC RÉTROSPECTIF DE L'HALLUCINATION

et dans laquelle la perception auditive se fait très correctement, mais le malade donne à ce qu'il vient d'entendre une portée spéciale, un sens particulier en rapport avec le thème de son délire. Par exemple, un persécuté, que nous eûmes à examiner, entend un jour deux personnes, au cours d'une conversation, prononcer cette phrase : « Que voulez-vous qui les attire ? » Immédiatement il voit là comme une menace; c'est pour lui une preuve qu'il va être en butte à de nouvelles misères.

Les considérations précédentes peuvent s'appliquer aussi bien aux hallucinations verbales intéressant le sens de l'ouïe qu'à celles qui intéressent celui de la vue.

En ce qui regarde le diagnostic des hallucinations verbales auditives avec les psycho-motrices, nous avons déjà suffisamment insisté sur ces dernières pour montrer en quoi les malades qui en sont atteints, bien qu'ils disent entendre des voix, diffèrent de ceux qui ont des hallucinations auditives.

D'ailleurs, à côté des phénomènes subjectifs dévoilés par l'interrogatoire, les hallucinations, lorsqu'elles se produisent au moment actuel, s'accompagnent de symptômes objectifs sur lesquels nous reviendrons tout à l'heure.

Dans bien des cas, on n'assiste pas à la production de l'hallucination, et ce diagnostic doit en être fait rétrospectivement. Il reste évidemment le même, mais on ne peut se fonder alors que sur le côté purement subjectif du phénomène ; aussi importe-t-il de préciser exactement les moindres circonstances dans lesquelles il s'est produit, toutes ses conditions, toutes ses particularités, avant de se prononcer sur sa nature véritablement hallucinatoire. On peut le contrôler au besoin par les renseignements de personnes présentes au moment où il a eu lieu.

Jusqu'ici nous avons supposé le cas où Ton aurait affaire à un malade confiant, communicatif, se prêtant à l'examen.

Mais on peut avoir également à déterminer l'existence d'hallucinations chez des aliénés qui refusent de répondre à l'interrogatoire et se renferment dans un mutisme obstiné.

Je vous rappellerai même que, parmi les causes du mutisme vésanique que nous avons passées en revue dans de précédentes conférences, figure la présence des hallucinations à différents titres.

Ce peuvent être, par exemple, des hallucinations impératives défendant au malade de parler, ou bien des hallucinations motrices déterminant le mutisme parle mécanisme que je vous ai exposé.

Dans ces conditions, le diagnostic d'hallucinations ne peut résulter que de la notion des symptômes objectifs dont je vous parlais tout à l'heure et qui les accompagnent souvent d'une façon plus ou moins nette.

De ces symptômes objectifs, il est quelques-uns, tels par exemple que les modifications du pouls, de la circulation vaso-motrice... sur lesquels je n'insiste pas ; car ils ne valent guère pour le diagnostic pratique, et d'ailleurs sont communs, non seulement à toute espèce d'hallucinations, mais encore à bien des faits psychiques d'un autre ordre.

De plus importants sont ceux qui ont trait aux réactions mimiques provoquées par les hallucinations.

Dans les hallucinations auditives, par exemple, la tête se tourne de façon à porter le pavillon de l'oreille dans la direction d'où semble venir l'hallucination. En même temps on saisit une modification particulière dans l'expression du regard qui devient attentif, de même un léger mouvement de tout le corps, soit pour mieux écouter, soit

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