‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 54 sur 135 · DIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DIXIÈME LEÇON

De la Mélancolie sans délire l.

Sommaire. —Définition de la mélancolie. — L'état de douleur morale, son origine. — Troubles physiques au début de la mélancolie. — Cénesthésie; troubles céneslhétiques. — Aboulie; arrêt psychique.

Mélancolie simple, sans délire, avec conscience. — Exemple clinique.

Le suicide dans la mélancolie.

Messieurs,

Nous allons examiner aujourd'hui une malade atteinte de cette forme particulière de troubles intellectuels — plus fréquente dans la clientèle de ville que dans la pratique hospitalière — et qu'on désigne d'habitude sous les noms divers de mélancolie sans délire, mélancolie simple, mélancolie avec conscience, hypocondrie morale.

Mais auparavant, et afin de mieux vous faire saisir les détails du cas actuel, permettez-moi de vous exposer quelques considérations générales sur la mélancolie, et plus spécialement sur cette forme simple, consciente, de la maladie.

Qu'entend-on par mélancolie? A mon sens, on peut en donner la définition suivante : « La mélancolie est une psychoneurose, qui — en plus de symptômes physiques d'une grande importance — est psychiquement caractérisée : 1° par la production d'un état ce nesthé tique pénible; 2° par des modifications dans l'exercice des opérations in-

(1) Leçon du 11 février 1894, recueillie par MM. le docteur H. Meige et Apert, interne des hôpitaux {Bulletin médical, 15 avril 1 80 * .

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