‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 63 sur 135 · RECHERCHE DU CARACTERE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

RECHERCHE DU CARACTERE SECONDAIRE

cas les plus classiques. Ce n'est que consérutivementqu'elles ont pu revêtir le caractère mélancolique; elles sont donc bien encore secondaires.

Ces distinctions, Messieurs, vous paraissent peut-être subtiles ; elles ont néanmoins leur importance. Elles peuvent aider à reconnaître les faits de ce genre de ceux où il s'agit de ces accès obsédants prolongés que je vous ai signalés et dont nous avons vu ensemble un exemple (p. 92); et aussi de ceux où l'on a affaire à de vieilles obsessions qui ont fini par devenir continues et totalement inconscientes (p. 142). Cette distinction devient alors d'autant plus importante qu'il s'agit, dans le premier cas, d'un état peutêtre transitoire, dans le second, d'une marche vers la chronicité.

e. — Dans les différentes hypothèses que nous venons d'examiner, vous avez vu, Messieurs, que, malgré certaines apparences, les idées délirantes mélancoliques conservaient leur caractère secondaire lorsqu'on examine l'évolution totale et les rapports intrinsèques des différents phénomènes psychopathiques.

11 est, cependant, des faits revêtant dès l'abord, par différents côtés, l'aspect symptomatique d'un état mélancolique, et dans lesquels l'analyse la plus précise et la plus attentive nous montre l'idée délirante apparaissant la première, provoquant par réaction les phénomènes émotionnels. Mais la détermination de l'ensemble psychopathique montre qu'ils ne rentrent pas dans le cadre de la mélancolie et se rapprochent plutôt des délires systématiques formant, entre les deux, comme des modalités intermédiaires.

Je ne veux pas insister aujourd'hui sur ces faits, que certains auteurs (Krœpelin) ont étudiés sous le nom de délire systématisé dépressif [depressiver WaJtnsinn). Je me contente de vous les signaler, espérant avoir l'occasion d'y revenir par la suite et de vous en montrer des exemples.

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