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DOUZIÈME LEÇON

Des hallucinations dans la mélancolie.

Sommaire. — L'existence et la fréquence des hallucinations dans la mélancolie sont très controversées.

Elles font défaut dans la mélancolie avec conscience, sans délire.

Lorsqu'on les recherche dans la mélancolie avec délire, il faut faire des distinctions rigoureuses, ne s'adresser qu'à des cas de mélancolie vraie et pure, et préciser la nature des hallucinations.

Les hallucinations sensorielles ne sont pas un symptôme constant, ni essentiel, dans la mélancolie délirante. Leurs caractères.

On observe plus souvent les hallucinations motrices, communes ou verbales, à différents degrés.

Exemple clinique. — Mélancolie délirante ; hallucinations sensorielles rares ; hallucinations motrices nombreuses et fréquentes ; accès de mutisme conséculif. — Autres causes du mutisme.

Exemple clinique. — Mélancolie délirante; hallucinations motrices; refus d'aliments; confusion mentale.

Messieurs,

Nous avons, dans notre dernière réunion, jeté un rapide coup d'œil d'ensemble sur le délire dans la mélancolie délirante. Aujourd'hui, nous allons examiner brièvement un symptôme qui se rattache étroitement au précédent, je veux parler des hallucinations. Ces considérations nous serviront aussi pour le diagnostic de cas que nous aurons à examiner par la suite.

Si l'on s'accorde à dire que les délirants mélancoliques peuvent être hallucinés, les opinions sont, en revanche, très partagées au sujet de la fréquence des hallucinations dans la mélancolie. Certains auteurs les regardent comme

exceptionnelles ; d'autres pensent, au contraire, qu'elles sont fréquentes, et que les mélancoliques avec conscience sont les seuls à n'en pas avoir (1).

C'est là une question très délicate, et dont la solution ne sera jamais donnée par des statistiques générales. Il importe, en effet, de faire des distinctions au point de vue non seulement de la maladie elle-même, mais aussi du symptôme en litige.

Tout d'abord, un fait sur lequel l'accord est unanime, c'est que les hallucinations ne se rencontrent pas dans la mélancolie avec conscience, simple, sans délire. Voilà ainsi déjà une première catégorie de mélancoliques éliminée. Nos recherches, dès lors, n'ont plus à porter que sur la mélancolie délirante.

La première condition est, d'ailleurs, que la mélancolie soit vraie et pure. Et voici ce que j'entends par ces qualificatifs.

En vous parlant de mélancolie délirante vraie, j'entends qu'il faut que le malade chez lequel vous vous proposez d'étudier les hallucinations soit bien et dûment reconnu atteint d'un véiitable accès de mélancolie délirante, en un mot que votre diagnostic soit scrupuleusement exact.

C'est là, n'est-il pas vrai, une recommandation banale. En apparence, sans doute, mais non pas en réalité ; et si j'insiste sur ce point, c'est que les erreurs ne sont pas rares. Souvent, en effet, le diagnostic de mélancolie ne repose que sur la simple constatation d'idées d'humilité,

(1) De la mélancolie et de ses diverses variétés. Discussion à la Société médico-psychologique : M. Legrain (24 lévrier I890),M. Saury (28 juillet 1890). — Voir aussi Revertéyat, Thèse de Paris, 1093,

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