‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 66 sur 135 · CONDITIONS DE L'EXAMEN · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE L'EXAMEN

anxieuse de la mélancolie, qui sont d'ailleurs identiques au fond et ne diffèrent guère, que par les réactions extérieures, de la douleur morale.

Lorsqu'on s'est bien assuré que l'on a affaire à un cas de mélancolie vraie et pure, il faut encore préciser avec soin la nature du phénomène qu'on recherche, et déterminer s'il s'agit bien réellement d'une hallucination ; puis quelle est sa nature.

L'hallucination, en effet, est souvent confondue avec l'interprétation délirante et l'illusion, symptômes qui sont incontestablement très fréquents chez les mélancoliques délirants. C'est donc là un diagnostic symptomatologique qu'il importe de faire très exactement. Je n'y insiste pas, vous ayant donné antérieurement les indications nécessaires (p. 23).

Il importe également de bien distinguer s'il s'agit d'un de ces phénomènes ou simplement d'un trouble de la conscience personnelle survenu sous le coup des modifications du fonds émotionnel ou de la difficulté des opérations intellectuelles, de l'arrêt psychique.

Enfin, lorsqu'il vous paraît dûment établi que votre mélancolique est halluciné, il est nécessaire, surtout s'il s'agit d'hallucinations verbales, d'en déterminer la nature, sensorielle ou motrice.

En tenant compte de toutes ces distinctions, voici, Messieurs, les résultats auxquels on arrive sur la nature et la fréquence des hallucinations dans la mélancolie délirante.

Considérons d'abord les hallucinations sensorielles; ce sont à peu près les seules qui aient fixé dans ce cas l'attention des auteurs.

En procédant comme je vous l'ai indiqué, on s'aperçoit alors que si elles peuvent exister dans la mélancolie délirante, elles sont bien loin d'y être fréquentes et se présentent dans des conditions particulières.

Ce n'est pas un symptôme constant ni essentiel. Souvent elles font totalement défaut ; d'autres fois elles se montrent isolées ou d'une façon transitoire.

Il est également indispensable de considérer l'époque de la maladie à laquelle elles apparaissent. On ne les trouve en effet, le plus souvent, qu'au bout d'un certain temps; lorsqu'elles existent, elles appartiennent à cette catégorie, établie par Baillarger, des hallucinations qui reproduisent les préoccupations actuelles des malades ; encore sont-elles bien souvent peu précises.

Ces considérations s'appliquent à toutes les variétés d'hallucinations sensorielles : élémentaires, communes ou verbales. Toutefois, il importe de remarquer que les hallucinations sensorielles sont plus fréquentes sous la forme élémentaire ou commune. Elles peuvent porter sur l'un quelconque des sens, mais principalement sur la vue et l'ouïe. Il semble qu'à ce sujet la couleur du délire ne soit pas indifférente et les hallucinations visuelles se rencontrent surtout dans les cas où le délire revêt une teinte mystique.

Plus rares sont les hallucinations verbales sensorielles. Quelquefois visuelles, plus souvent auditives, elles sont généralement tardives, vis-à-vis des premiers symptômes du début de la maladie, coniirmatives également des idées délirantes, et se montrant d'une façon épisodique, par bouffées ou même à l'état isolé.

Je ne puis, Messieurs, dans cette conférence, accumuler les faits à l'appui de l'opinion que je viens de vous exposer.

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