‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et nerveusesChapitre 76 sur 135 · DÉLIMITATION · texte numérisé non relu

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bach (1), del Greco (2), Grimaldi (3), adoptent a cet égard les idées de Westphal.

En France, M. Magnan se rapproche également de cette manière de voir, car il englobe tous ces cas aigus dans sa folie des dégénérés sous le nom de délires d'emblée et polymorphes (4).

2° En revanche, Krafft-Ebing (5) n'admet pas l'existence d'une forme aiguë de la paranoïa [Verrùcktheit), et décrit les faits en question dans un chapitre à part, sous le nom de délire hallucinatoire [hallucinatorischer Wahnsinn). Us seraient, pour lui, assez voisins de la stupidité ou démence primitive aiguë, que les auteurs précédents décrivent, au contraire, absolument à part.

Un certain nombre d'auteurs se rangent à cette manière de voir, mais en usant d'une terminologie différente. C'est ainsi que Mayser (6) fait remarquer, et à juste titre, que l'expression de Krafft-Ebing n'est pas heureuse, car les aliénistes ne sont pas d'accord s'ils doivent appeler la paranoïa Wahnsinn ou Verrûcktheit, et, d'un autre côté, le langage actuel identifie Wahnsinn avec Verrûcktheit, tandis que hallucinatorischer Wahnsinn diffère rigoureusement

(1) Rosenbach, Annales médico-psychologiques, iS9\ .

(2) Del Greco, Nanicomio moderno, 1892.

(3) Grimaldi, Manicomio moderno, 1889.

(-1) Magnan, Leçons cliniques, 2e édition, 1893. — Dans un article tout récent sur ce sujet, le même auteur ajoute simplement que ces délires doivent être distingués de ceux décrits en Allemagne sous le nom à' hallucinatorischer Wahnsinn, dont il ne donne pas d'ailleurs de description et qui ne figurent pas dans sa classification, pas plus que la confusion primitive ou la démence aiguë {Progrès médical, n° 5, 1895.)

(5) Krafft-Ebing, Lehrbuch der Psychiatrie.

(6) Mayser, Allg. Z. f. Psych., 1886.

de Paranoïa, Il importerait donc de trouver, pour ces cas bien caractérisés, une dénomination spéciale,, telle que, par exemple, acute astenische Delirium.

C'est ce qu'ont fait aussi d'autres aliénistes, qui décrivent les cas du même genre sous les noms de Verioirrtheit (Fritsch(l), Meynert(2), Koch (3),Salgo(4),Schlangenhausen (5), Amentia (Meynert), hallucinatorische Verworenheit (Konrad (6), Salgo) ; primary confusional insanity et acute hallucinatory confusion (Spitzka) (7) ; frenosi sensoria acuta (Morselli) (8) ; delirio sensoriale acuto (de Luzenberger) (9), etc.

En fait, nous voilà jusqu'ici en face de deux opinions relatives au cas en question : Tune les rattachant à la paranoïa, à titre de forme aiguë; l'autre en faisant un groupe clinique à part, et les rapprochant ouïes confondant même avec la démence primitive aiguë, ce qui les ferait correspondre à notre variété hallucinatoire de la confusion mentale primitive.

3° Une troisième opinion, moins radicale que les précédentes, .distingue parmi ces cas aigus deux groupes,

(1) Fritsch, Jarh. f. Psych., 1881.

(2) Meynert, Jarh. f. Psych., 1881. Dans ce travail, l'auteur distingue de la Verrùcktheit la confusion (Verioirrtheit) hallucinatoire qu'il sépare aussi de la Verrùcktheit aiguë de Westphal, à laquelle il applique le nom de Wahnsinn. Plus tard (Klinische Vorlesungcn, Wien, 1890), il réunit tous ces cas aigus sous le nom à' Amentia.

(3) Koch, Guide pour V étude de la psychiatrie; Trrenfreund, 1SS0, et Allg. Z.f. Psych., XXXVI.

(4) Salgo, Compcndium der Psychiatrù .

(5) Schlangenhausen, Jarh. f. Psych., 1881. (G) Konrad, Arch. f. Psych., 1885.

(7) Spitzka, Traité.

(8) Morselli, ManUel de séméiologie des maladies mentales.

(9) De Luzenberger, Manieomio moderno, 1 888.

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d'après l'analyse des symptômes, leurs rapports intrinsèques, l'importance et la nature primitive ou secondaire de la confusion. Mais ces deux groupes sont rattachés tous deux à la paranoïa.

C'est ainsi que Kirehoff (1) décompose la paranoïa en Verriicktheù, forme chronique et progressive, Wahnsinn, forme aiguë, mais cohérente, et Verwirrtheit (confusion), forme incohérente dans laquelle la confusion apparaît soit comme le fondement de la maladie, soit comme syndrome secondaire, consécutif.

Plus précis encore, Ziehen (2) admet alors une paranoïa hallucinatoire aiguë, avec confusion secondaire aux hallucinations, et une paranoia dissociative, avec confusion primitive, et correspondant à notre confusion mentale primitive. De môme Schuele (3), dans un article récent, tend à admettre dans sa paranoia aiguë une forme qui se rapprocherait de l'amentia de Meynert.

4° C'est un acheminement à une dernière opinion plus éclectique encore, qui sépare ces faits en deux groupes se rattachant soit à la paranoia en tant que forme aiguë, soit à la confusion mentale en tant que variété hallucinatoire, et cherche, à ce propos, à en établir le diagnostic.

Telles sont les idées émises parMendel (4), qui distingue la paranoia aiguë de ce qu'il appelle la manie hallucina-

(1) Kirehoff, Lehrbuch der Psychiatrie, 1892.

(2) Ziehen, Psychiatrie.

(3) Schuele, Allg. Z. f. Psych., t. L.

(4) Alendel, Die Manie, 1881 ; Real-Encyclopedie, 1888, Art. Paranoia aiguè. La distinction faite par cet auteur est plus nette dans des travaux ultérieurs. Le délire hallucinatoire (Médecine scientifin°2J, et Allg. Z. f.Psych., i.Ll).

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toire, par Amadei et Tpnnini (i), Wille (2), Wcrner (3), Neisser (4), Serbsky (5), Schœnthal (6), Korsakoff (7), Chaslin (8). Krœpelin (9) également fait le diagnostic de ces différents cas qu'il range soit dans sa Verwirrtheit, soit dans son Wahnsinn, ce dernier correspondant, surtout dans la variété hallucinatoire, à la paranoia aiguë d'autres auteurs, mais détaché cependant du cadre de la paranoia (Verrùchtheit) proprement dite, toujours chronique et incurable.

J'ai dû, Messieurs, vous exposer très brièvement, ces quelques considérations; en môme temps qu'elles pourront vous servir de guide dans la lecture des différents auteurs, elles vous montrent les difficultés de ces questions de diagnostic (10).

Tout cela vous a certainement paru très aride et fort obscur, mais quelques exemples vont vous rendre plus claires toutes ces distinctions.

N'oublions pas que le but de nos réunions est essentiellement clinique. Aussi, laissant maintenant de côté toute

(1) Amadei et Tonnini, Archivio italiano per le malattie nervose 1883-1884.

(2) Wille, Arch. f. Psych., 1888.

(3) Werner, Die Paranoia, Stuggart, 1891.

(4) Neisser, Centr. f. nervenh. und Psych. t 1892.

(5) Serbsky, Allg. Z. f. Psych., 1892.

(G) Schœnthal, Neurol. Centralb., 1891.

(7) Korsakoff, Traité de psychiatrie, 1893.

(8) Chaslin, Annales médico-psychologiques, 1892.

(9) Krœpelin, Compendium, 4°édlt., el Neurol. Centralb. , 1892.

(10) Pour plus amples détails, voir : J. Séglas, la Paranoïa (Archives de neurologie, nos 37 et suivants, 1887); et les travaux suivants qui ont paru depuis la rédaction de cette leçon : Kéraval, Paranoia (Archives de neurologie, 1894-1895) ; Cramer et Bœdeker, Rapportsur la i noia et discussion à la Société psychiatrique de Berlin (A//;/. Z. /'. Psych., t. LI); Ph. Chaslin, la confusion mentale primitive, 1 vol., 1895.

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