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HISTORIQUE

Gotard, en môme temps que j'essayais de fixer la valeur séméiologique et la pathogénie de ce délire particulier. M. Dagonet lils (1) apportait, de son côté, une nouvelle observation ; M. Régis (2), une étude de diagnostic. Puis vint la discussion du Congrès de Blois [1892] (3), et quand j'aurai cité une nouvelle observation de M. Arnaud (4), une autre que j'ai publiée en collaboration avec M. Sourdille (5'), deux observations et une revue critique de M. Toulouse (G), une nouvelle observation de M. Paris (7) et une thèse récente de M. de Gool (8), j'aurai épuisé la liste des documents pour la littérature française.

A l'étranger, il n'y a que peu de publications se rapportant spécialement à ce sujet; je vous noterai toutefois celles de Joâo Barreira (9), Gristiani (10), Serbsky (il).

(1) J. Dagonet, Bulletin de la Société de médecine mentale de Belgique, 1891.

(2) Régis, Congrès international de médecine mentale, Paris, 1889.

(3) Compte rendu du Congrès de Blois, 1893.

(4) Arnaud, Annales médico-psychologiques, novembre 1892.

(5) J. Séglas et G. Sourdille, Annales médico-psychologiques, mars 1893.

(6) Toulouse, Annales médico-psychologiques, 1893 ; Bulletin delà Société de médecine mentale de Belgique, 1893; Gazette des hôpitaux, 1892.

(7) Paris, Annales médico-psychologiques, 1884 ; Congrès de la Rochelle, 1893.

(8) De Cool, Thèse de Paris, 1893.

(9) Joùo Barreira, 0 delirio de Negaçoes, Porto, 1892.

(10) Gristiani, Nuova rivista di psichiatria, nos 8, 9, 10, 1892 ; Gazetta del manicomio di Macéra ta, n° 6, 1893.

(11) Serbsky, Analyse in Arch. neurol., novembre 1893. — Ajouter comme travaux parus depuis sur le sujet : J. Séglas, le Délire des négations, 1 vol., 234 pages, Masson, éditeur, 1894; X. Franeotte, Bulletin delà Société de médecine mentale de Belgique, 1894; Vauriof, Thèse de Nancy, 1894.

Messieurs, la plupart des auteurs s'accordent ù reconnaître l'existence de cas de mélancolie avec délire des négations revêtant l'aspect clinique mis en lumière par Cotard ; mais il existe quelques variantes dans leurs interprétations.

Les uns considèrent le délire des négations comme constituanten quelquesorte une forme distincte de mélancolie. D'autres — la grande majorité ~ pensent qu'il ne marque qu'une période de la maladie; c'est pour eux un état délirant spécial à certaines formes graves de mélancolie anxieuse, arrivant à la chronicité.

A côté de ces partisans, se trouvent quelques adversaires, comme on a pu le voir au Congrès de Blois.

Les uns reconnaissent bien qu'il existe des faits se rapportant à la description de Cotard; mais en présence d'autres cas différant par la symptomatologie ou l'évolution, ils pensent que le délire des négations ne doit être considéré que comme un épisode, un simple accident dans la maladie, et qu'il ne mérite pas une description à part.

Les autres nient l'existence du délire des négations pour une raison quelque peu singulière. Il n'existe pas, prétendent-ils, car ils ne l'ont jamais observé. Certes, la chose est possible, car les exemples n'en sont pas très nombreux. Mais vous viendra-t-il à l'idée de nier, je suppose, l'existence du typhus exanthématique, sous prétexte que vous n'en avez jamais rencontré un cas?

Je n'entreprendrai pas, Messieurs, de faire, dès maintenant, la critique de ces opinions diverses.

Mais je tiens à vous dire qu'à mon avis, les discussions viennent surtout de ce fait, qu'on ne s'entend pas très bien sur la signification du terme : délire des négations.

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