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Idée de ne pouvoir jamais mourir

Nous désignerons, si vous le voulez bien, ce simple groupement de symptômes parle nom de syndrome de Cotard, proposé par M. Régis. Nous allons passer en revue chacun d'eux en procédant par ordre d'importance et avec les modifications que me paraît comporter la description primitive.

1° L'élément fondamental du syndrome de Cotard, celui qui lui donne sa caractéristique en quelque sorte, c'est le délire, les idées de négation.

Cette appellation générale s'applique h deux ordres de manifestations intellectuelles un peu différentes.

Tantôt, en effet, la formule négative du langage employée

par le malade répond simplement à une tendance morbide à l'opposition, à la contradiction systématique.

Tantôt, et le plus souvent, on rencontre sous cette formule une conviction particulière, répondant à l'idée de changement, de destruction, d'absence, de non-existence. C'est là, à proprement parler, ce qu'on entend désigner par le vocable idées délirantes de négation .

Prises isolément, elles peuvent se présenter sous quatre aspects différents, suivant leur objet.

a. Elles intéressent seulement la personnalité morale ou intellectuelle du sujet. Il dit par exemple : « qu'il n'a plus de cœur, plus de sentiments, plus d'intelligence, qu'il ne raisonne plus ».

b. Ou bien les idées de négation portent sur la personnalité physique : c'est le délire hypocondriaque de négation. Le malade dit : « Je n'ai plus de sang, de veines, de cerveau, d'organes génitaux. Je suis vide comme une armoire. »

c. Ce sont, dans d'autres cas, les objets du monde extérieur qui sont niés par le malade. On lui présente une fleur, et il nie que ce soit une fleur. Il n'y a rien autour de lui, ni choses ni gens. Il est dans le néant.

d. La négation, enfin, peut s'appliquer à des abstractions : il n'y a plus de vertu, plus de Dieu, etc.

Si l'une seulement de ces variétés existe, la négation est partielle.

Mais elles peuvent se rencontrer toutes ensemble, et c'est la négation universelle : rien n'est plus, ni le monde ni le sujet lui-même.

2° De l'idée de négation naît, parfois, par une sorte de déduction logique, Vidée d immortalité. N'étant plus dans

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