‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 105 sur 207 · IG · texte numérisé non relu

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IDIOTIE

J'ai séparé cette classe de la précédente, quoique l'on trouve souvent la tuberculose et la scrofule associées, parce que les travaux les plus récents sur les maladies constitutionnelles tendent à faire admettre une assez grande dissemblance entre ces deux manifestations héréditaires.

Obs. CXXXIX. — Scrofule de la mère. — Idiotie congénitale légère.

Clémentine D..., vingt ans, entre à la Salpêtrière, le 21 mai 1873.

Enfant nattirelle, née à Paris. Sa mère nous dit qu'elle a été traitée depuis de longues années comme scrofuleuse, elle en présente en effet tous les caractères. Son intelligence ne s'est pas développée; sait à peine lire, écrit seulement son nom. Physionomie assez gentille, face pâle, front fortement bombé. Saillie des pariétaux. Le pli postérieur de l'oreille droite présente deux petites saillies. Les deux narines ne sont pas égales, la cloison est convexe à gauche. La bouche et les dents sont normales. Voûte palatine bien faite. Elle ne sait pas compter, ne sait depuis combien de temps elle est ici. Les membres sont bien faits et forts. La malade éprouve par moments une sorte de perte de connaissance, avec fixité des yeux, léger frissonnement, pâleur de la face, durant quelques minutes et se terminant par des vomissements.

Diamètre antéro-postérieur 188millim.

Obs. CXL. — Scrofule de la mère: — Mal de Pott. — Déformation de la colonne vertébrale et paralysie consécutive. — Cécité et surdité. — Idiotie.

La nommée G..., âgée de quatorze ans, entre à la Salpêtrière, le 3 novembre 1869.

Pas d'hérédité morbide. La mère porte une solution de continuité congénitale de la voûte palatine, par laquelle on aperçoit les cornets; on voit sur le bord delà mâchoire irtférieure à gauche une cicatrice, et on trouve une pléiade ganglionnaire au cou, en arrière. Les parents ont eu douze enfants dont dix sont morts de maladies inflammatoires, vers l'âge de douze à seize ans. Des deux filles qui restent, l'une se porte bien, l'autre est notre malade. Bien portante jusqu'à l'âge de sept ans, elle a été atteinte à ce moment d'une maladie de la colonne vertébrale avec déformation. A l'âge de dix ans, paralysie des membres inférieurs qui a duré deux mois ; il y a sept mois, retour de la paralysie, douleurs dans les membres, oppression, douleurs dans l'œil gauche. N'a jamais eu d'attaques de nerfs. Depuis deux ans, elle a eu deux fois des règles peu abondantes.

État actuel. — La tète est fortement fléchie en avant, le cou très court. Les dernières vertèbres cervicales font une saillie considérable en arrière, tandis qu'on voit au-dessous une dépression considérable formée aux dépens de la colonne dorsale qui est portée en avant et à droite. Face régulière. Cécité absolue de l'œil droit atteint de strabisme interne; vision nette à gauche. Ouïe abolie à droite. Le goût et l'odorat sont

pariétal

bi-auriculaire frontal

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intacts. La sensibilité est oijtuse par places. La parole est un peu nasonnée. L'intellig-ence est faible ; sait cepeiuianl un peu lire et compter, sait où elle se trouve, demande pour ses besoins. La malade meurt subitement le l"' janvier 1870.

Autopsie. — La moelle au niveau de la courbure normale du rachis présente une dépression à sa [)artie postérieure, avec un épaississement des méninges, et un tissu blanchâtre et nodulé d'aspect tuberculeux. La surface supérieure du cerveau est saine ; les méninges s'enlèvent facilement. La protubi'rance (1) est complètement dr'Formée et présente des saillies et des dépressions ra])pelant d'autant pins celles des lobules cérébelleux qu'elles présentent aussi une teinte grisâtre. La partie droite de la protubérance est notablement plus volumineuse que la gauche, il en est de même du pédoncule cérébral droit. A droite le trijumeau naît à 18 millimètres dU sillon médian, à gauche â 14 millimètres. Plusieurs examens liistologiques me montrent dans les diverses parties qui présentent des dépressions, une atrophie notable du tissu nerveux.

La première grande classe de l'idiotie étant connue et nettement déterminée en ce qu'elle tire toujours soti origine d'une cause extérieure au sujet lui-même, en sorte qu'on pourrait l'appeler idiotie de cause extrinsèque par opposition à l'autre classe de cause intrinsèque puisqu'elle se développe toujoui^s à la suite de troubles survenant chez le sujet lui-même, nous allons passer à l'étude de la seconde grande classe de l'idiotie, c'est-à-dire de l'idiotie acquise.

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