ÉDUCATION DE L'IDIOT
est permis et ce qui est défendu; au besoin il faut lui inlliger des privations de promenades, de dessert, etc., et il est bon de faire les réprimandes, pendant que les élèves sont réunis, afin que ses camarades en profitent.
2° Le sentiment du beau est éveillé en montrant les arbres, les fïeurs, les animaux, etc.
3° Affection pour les siens en particulier. — Cette faculté doit être nécessairement cultivée pour que l'idiot puisse vivre dans sa famille.
M. 0... m'a cité un exemple probant de la possibilité d'arriver à ce résultat. Il a eu à s'occuper d'un garçon de douze ans qui n'avait d'afTection pour personne, qui était excessivement vaniteux et qui avait été ilatté d'une façon démesurée par ses parents et par les personnes de son entourage.
Dans les premiers temps, il appelait M. 0... « coch..., animal ». M. 0... le laissa dire; il eut quelques prévenances pour lui; si l'enfant soulïrait, M. 0... cherchait à le soulager, il allait au-devant de ses désirs. Jamais il ne l'a frappé, ne voulant pas user de ce moyen pour se faire aimer de l'enfant. Sa famille ne pouvait le posséder seul sans qu'il se produisît des scènes très pénibles ; M. 0... ayant réussi à prendre de l'ascendant sur lui, l'emmena faire de courtes visites à ses parents. Devant M. 0... l'enfant n'osait pas se montrer désagréable.
M. 0... prolongea ses visites, puis il se fit inviter àdiner avec d'autres membres de la famille. Après dîner, il laissa l'enfant seul avec ses parents pendant quelques minutes ; un autre jour plus longtemps; mais il recommanda chaque fois aux parents de ne jamais se fâcher quoi que fît leur enfant. Aujourd'hui il est très affectueux et très reconnaissant envers M. 0... des leçons d'afTection qu'il lui avait données. La durée du traitement a été de deux ans et demi.
4° Bienveillance. — Vn grand nombre d'arriérés et d'idiols n'a aucun sentiment de bienveillance et ne peut vivre de la vie commune. Le moyen qui réussit le mieux consiste à charger ces enfants de s'occuper d'autres enfants infirmes, de leur donner de petits soins usuels et de leur rendre des services journaliers. On se trouve encore bien de charger quelques-uns de ces enfants d'aider les professeurs et d'être moniteurs. Quelques compliments et même des récompenses sont utiles dans ces cas.
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5° Pudeur. — Le sentiment de la pudeur manque très souvent. L faut reprendre ces enfants dès le début de l'éducation. On commence par leur apprendre à uriner dans le vase de nuit, dans des coins. Lorsque l'enfant se 'déshabille pour se coucher, il faut veiller à ce qu'il ne retire son pantalon qu'après avoir passé sa chemise de nuit.
Je recommande de ne jamais relever devant les autres enfants les actes ou les paroles impudiques de leur camarade, mais de lui faire des remontrances en particulier, parce que les autres, s'ils n'en avaient pas l'idée, pourraient la prendre.
La pudeur est une nécessité de la vie en société et l'éducateur doit y veiller d'une manière toute particulière; aussi, il devra éviter que la décence ne soit choquée. Pour cela, il importe d'avoir soin que les parties nues des enfants soient toujours protégées, que les jeunes filles aient leurs robes baissées et que les garçons aient leurs pantalons boutonnés. Voici comment on arrive à apprendre aux enfants idiots à se boutonner et à se déboutonner. On met entre les mains de l'enfant deux bandes d'étoffe, l'une garnie de boutonnières, l'autre de boutons à distance égale.
On montre à l'élève comment on déboutonne et comment on boutonne, et on le lui fait faire. Il faut quelquefois des semaines avant de réussir. Plus tard on lui fait faire le même exercice à ses vêtements ou aux vêtements des personnes avec lesquelles il se trouve. Quant à l'onanisme, il ressort de l'observation que lorsqu'un enfant y est porté, le seul moyen de l'en empêcher est de le distraire, de l'intéresser et de l'amuser. Lui ôter l'occasion de ce vice, c'est lui en faire perdre l'habitude. II faut occuper ces enfants toute la journée, sans qu'ils aient un moment à perdre ; on arrive, en les fatiguant ainsi, à obtenir qu'ils dorment dès qu'ils sont au lit.
Il arrive que quelques idiots se livrent instinctivement à l'onanisme ; il est alors nécessaire de leur appliquer des camisoles ù brassières et à longues manches boutonnées, en arrière. M Nicolle estime que ce penchant honteux peut disparaître par l'éducation. Le moyen qu'elle emploie chez les idiotes ayant un certain degré d'intelligence, consiste à inspirer le dégoîît pour ce vice, à leur rappeler que si elles s'y livrent, elles deviendront des idiotes incura-