‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 123 sur 207 · Mort de la pneumonie · texte numérisé non relu

Mort de la pneumonie

Autopsie. - - Poumons. — Tubercules avec ramollissement caséeux dans les poumons, llépatisation et suppuration du lobe supérieur du poumon droit.

Encéphale. — Méninges supérieures épaissies, iiilllirées, en plusieurs parties des lobes antérieur-, de sang liquide.

On voit aussi un certain nombre de taches blanchâtres dans l'arachnoïde viscérale. Adhérences nombreuses des méninges avec la substance corlicale. Uamollissemenl presque complet de celte substance.

Obs. XLI. — Paralijsic générak. — Vertiges épilepiiformcs. — Hallucinations. Délire mélancolique . — Pas de délire de satisfaction, de richesses.

La nommée Gar..., âgée de trenle-sept ans, est entrée dans jnon service le 19 janvier 1874, à la suite d'un certificat portant qu'elle était alteinle de délire mélancolique avec liailuciualions, inquiétudes, frayeurs, et de l'idée qu'elle est incapable.

Très nerveuse; a eu des chagrins de famille et depuis huit ans a perdu quatre sœurs de la phthisie pulmonaire. La mort de la dernière l'a beaucoup affectée.

Un mariage auquel elle tenait ne s'étant pas fait, elle en est tombée malade.

Elle a eu, il y a quelque temps, plusieurs accès convulsifs caractérisés entre autres

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par la perte de la raison, des douleurs vertébrales et des vomissements. On constatait aussi de l'originalité dans les paroles.

A son arrivée ici, sa physionomie exprime la tristesse. Elle est tranquille et tricote.

Pupilles égales.

Ouïe normale. Pas d'hallucinations de l'ouïe. Ueconnaît le poivre de la narine gauche, maib non de la droite. La langue tirée hors de la bouche tremble considérablement, et à sa pointe on aperçoit un pointillé rouge, mais on ne peut affirmer y voir des traces de morsures. Elle dit avoir eu une attaque dans laquelle elle s'est trouvée mal; elle a eu un embarras de la langue, de la difficulté de parler, et elle croyait voir quelqu'un de son pays qui est mort. Elle ne sait pas la durée de cette attaque.

Parole nette, mémoire affaiblie. Sommeil troublé par des visions de personnes qui sont mortes.

Pendant l'examen, elle est prise tout à coup d'une sorte de hoquet et de rire pendant lequel elle semble être dans le vague; elle se gratte les cheveux, la respiration est précipitée. Cependant elle répond et se met à pleurer; elle dit sentir comme une Imde qui monte du ventre à la gorge et y produit de la constriction ; quatre à cinq njinutes après, elle éprouve des frissons; elle reste égarée.

On constate qu'après cet accès, la pupille gauche est plus large que la droite. Pas de différence de sensibilité aux pincements. Pas de douleurs iliaques- Rendue non guérie à sa famille.

Notons ici la i^elation entre la nature des causes qui ont précédé et peut-être déterminé la maladie et le caractère du délire.

Au cinquième gi^oupe peuvent se rapporter les observations V et XIII que M. Brierre de Boisinont a relatées en 1859 {Annales ■médico-psychoiogiques) et deux observations que nous avons trouvées dans la thèse deLinas (observ. III et XII, thèse, Paris, 1857).

GROUPE VI. — Des cas où la mélancolie s"pst nionlrée sans trace de délire cxpansif, mais avec du déliie hypochondriaque pendant le cours de la deuxième période de la paralysie générale.

Obs. XLIL — Paralijsie générale. — Délire hypochondriaque. — Pas d'idées de grandeurs ni de satisfaction. — État de stupeur. — Pellagre.

La nommée Touj... est entrée à la Salpétrière le 3 mars 1869 et a été transférée dans mon service le 20 mai 1870.

.K son arrivée ici, elle se présente dans uu état de stupeur et d'immobilité et parle peu.

Traits réguliers, pupilles égales, étroites. Ouïe normale. La langue tirée hors de la bouche tremble. Parole tremblée, et les mots sont pour ainsi dire accrochés. Commencement de goitre. La peau de la face est grasse, présente de l'impétigo dont on retrouve la trace dans les cheveux.

3 juin. — La langue est blanche; depuis que la malade est arrivée, elle aune diarrhée très abondante, séreuse; debout elle laisse aller presque continuellement.

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La pression sur le ventre est douloureuse ainsi que dans les fosses iliaques.

La partie dorsale des deux mains présente surtout dans les régions métacarpienne t carpienne une teinte rouge jaunâtre ne disparaissant par aucun frottement et couerte de petites écailles blanches, fines, disposées sans symétrie. La teinte rosée et les cailles cessent dès qu'on approche des bords externe et interne de la main. La ligne e démarcation est très apparente. Sur les doigts il existe des taches purpurines rrondies irrégulièrement d'un diamètre maximum d'un grain de cliènevis, 25 ou 30 à haque main.

Les tracés sphygmographiques indiquent de la diminution de la tension artérielle- - T. R., 37»,2. - Pouls, 92.

Rains sulfureux. Diascord. — Sous-nilrate de liisnmlh.

l'oint d'idées de grandeurs, mais idées hypocliondriaques ; on entend à plusieurs îprises la malade dire'qu'elle n'a pas de langue, pas d'yeux. Morte le 25 mai 1871 par suite d'eschares au sacrum. Opposition à l'autopsie.

C'est bien là un cas de pellagre dans le cours d'une paralysie énérale chez une malade dont ledélit-e avait revêtu déjà la forme lélancolique et liypocliondriaque. Les idées ambitieuses ont fait éfaut pendant toute la durée de la maladie.

Bs. XLllI. — Paralysie (jênérale progressive. — Ataxie du mouvement. — Délire mélancolique. — Hallucinations. — Pas de délire de grandeurs, de richesses. Autopsie.

La nommée Mas...., quarante ans, est malade depuis deux ans. Elle a eu des étoulTeents qui la forçaient à passer ses nuits dans un fauteuil.

Depuis un an, faiblesse progressive des membres, fourmillements dans les extrélités et iiésitation delà parole. Puis peu à peu, conceptions délirantes; disait ((u'on julait l'empoisonner ainsi que sa fille et son mari ; avait des hallucinations, criait la iiit, avait peur et croyait voir tourner le lit. Jamais violente.

L'œil gauche est saillant depuis son enfance à la suite d'une maladie survenue avant apparition des règles.

Pas d'antécédents héréditaires.

Avril. — Elle a beaucoup d'hallucinations, voit des voleurs, des chevaux qui veulent écraser; cherche à les écarter. Pleure souvent, n'a pas d'idées de grandeurs, de chesses.

Parole excessivement tremblée, ânonnée ; les syllabes sont séparées les unes des itres. Prononce bien toutes les lettres sauf /, s. Mémoire conservée. Pupilles égales.

Tremblement considérable de la langue sortie hors de la bouche. Sensibilité aux incements bien conservée.

Ne peut se tenir debout, tremble, trébuche. Mouvements très tremblés, oscillations )nsidérables. Les yeux bandés, elle fléchit en arrière. Il est nécessaire de la maininir dans le lit afin de l'empêcher de tomber. Elle lève ses jambes en l'air, et pour

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mettre son pied dans ma main, on voit ses membres inférieurs trembler énormément ; hors cela pas du tremblement.

Août. — Atïaiblissemei.t, maigreur; bouffissures de la face. Pupilles toujours égales.

Eschares aux trochanters.

L'autopsie m'a inontré les lésions caractéristiques de la paralysie générale.

Obs. XLIV. — Paralysie générale. — Délire mélancolique.- — Pas d'idées de grandeurs. — Attaques épileptifornies. — Mort. — Autopsie.

La nommée Me..., quarante et un ans, fleuriste, est entrée le 4 mai 1868 dans le service de M. Baillarger, dans un état de mélancolie avec stupe'ur, de mutisme absolu.

Pâleur intense de la face. Flaccidité des chairs. Fixité des yeux. Elle se déshabillerait à chaque instant, si on ne la maintenait pas. On ne pouvait la faire asseoir, tellement elle se tenait raide.

Pupille droite plus large que la gauche.

Pas de tremldement de la langue sortie hors de la bouche, ni des lèvres, ni des mains. Parole nette, non tremblée, mais lente. Parle à voix basse et toujours avec une expression de stupeur.

Force musculaire normale, me porte sur ses épaules. Sensibilité aux pincements normale.

Rien au cœur, ni aux poumons. — Pouls, 68. Insp., 16. Tumeur tiljreuse de l'utérus.

Elle accuse des douleurs dans le ventre et dans tous les membres. Mange leuleinent. Est propre.

Ne se rappelle pas à son entrée, depuis combien de jours elle est ici, mais additionne bien de mémoire; réfléchit en additionnant. Calme, mais est toujours dans la stupeur, et ne sort de cet état que pour essayer de mordre les personnes du service. Physionomie crispée. Dit être devenue malade à cause de la mauvaise conduite de son mari qui lui aurait doimé une maladie vénérienne A perdu deux enfants dont l'un de vingttrois ans.

2i mai. — Perte de connaissance; tremblement des quatre membres, du tronc, convulsions cloniques du côté gauche de la face ; raideur des articulations ; pas de grimaces des yeux ; écume buccale ; lèvres violettes. Durée une minute.

Reproduction réitérée des mêmes phénomènes. Série de convulsions; cris, hurlements ; vomissements bilieux, respiration forte. 32 insp. Pas de pouls radial à gauche; et à droite, filiforme. puis. T. A., 38°,8.

Constipation. Urine dans le lit.

Mort dans la nuit du 25 au 26.

L'autopsie a montré les particularités suivantes:

Épaisseur, inliltration par des plaques laiteuses des méninges de la base. La face antérieure du quatrième ventricule présente un sablé fin qui donne la sensation de langue de ciiat. Il n'existe pas d'adhérences entre les méninges supérieures et la substance corticale ; mais cette substance présente un piqueté considérable par places.

Il existe une tumeur fibreuse utérine, du volume d'une tête d'enfant, qui fait saillie dans le bassin.

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Obs. XLV. — Paralysie générale. — Phénomènes kijpochondr laques. — Pas d'idées de grandeurs. — Attaques épileptifornies. — Mort .

La nommée T..., depuis son entrée dans mon service en 18G7, avait eu des idées hypocliondriaques, disant, qu'elle n'avait plus ni tête, ni bras, ni ventre, elle manifestait des idées très prononcées de suicide, quand elle fut prise en I8G8 d'attaques épileptiformes et d'embarras de la parole consécutif.

18 juillet 1868. — Physionomie très héijétée, actes enfantins.

Pupilles égales,' contractiles. Vue et ouïe bonnes; odorat et goût normaux.

Léger tremblement de la langue sortie de la bouche.

Pas de tremblement des mains.

Parole ânonnée et un peu lente.

Diminution notable de la mémoire.

Hésistance nmsculaire considérable. Lorsqu'on s'appuie sur ses épaules, elle supporte ce poids.

Menstruation régulière, abondante. Gâte.

Est méchante, parle souvent seule, marmotte des mots; déchire ses vêtements. Pas d'idées de grandeurs ni de richesses.

La malade ayant été transférée en province, l'observation n'a pu être continuée.

L'observation suivante est intéressante à plus d'un titre : d'abord elle rentre dans notice sujet; il s'agit en effet ici d'un délire mélancolique et hypochondriaque avec absence d'idées ambitieuses, survenu au commencement de la deuxième période d'une paralysie générale. De plus, on voit par le tracé ci-joint que la paralysie générale n'est pas une maladie apyrétique, môme quand elle évolue très lentement, que les exacerbations de température ont coïncidé avec une aggravation des troubles intellectuels; (|ue la digitaline sagement employée parait être arrivée à modérer l'allure de la maladie.

Obs. XLVI. — Paralysie générale. — Délire mélancolique et hypochondriaque dans le cours de la maladie. — Fièvre.

M. X..., avant d'être atteint de paralysie générale, éprouvait le besoin de se faire saigner tous les ans, parce qu'il avait des congestions vers la tête, de la rougeur de la face.

Il a un caractère violent; d'ailleurs une vie très sobre. Depuis l'année 1871, à la suite de travaux et de tracas considérables, il avait un peu d'hésilation de la parole, et de l'incoordination dans les mouvements des membres supérieurs.

En 1872, il n'avait pas de diminution appréciable de mémoire, ni de trouble de l'odorat ni de la vue, mais il avait quelques idées de satisfaction, un sourire parfois hébété, un notable tremblement de la langue. Il a fait à plusieurs reprises drs achats insensés: sept chapeaux en une semaine, six douzaines de faux cols. En janvier 1873 VOISIN. — Leçons cliniques. 29

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sa parole était troublée, ses pupilles étaient inégales, son caractère violent, parfois sombre; puis sa mémoire s'affaiblit. Il eut à deux reprises des accidents de congestion cérébrale, des convulsions, plusieurs fois des vertiges, une sensation de vague ; des troubles de la vision, des périodes d'excitation, avec cela une constipation opiniâtre et des accidents fébriles coïncidant le plus souvent avec une période d'excitation, et dont les caractères sont d'être peu intenses, fréquents et de peu de durée.

L'administration de la digitaline à doses variables de deux à quatre granules pendant les jours de fièvre maintient le malade dans un état relativement satisfaisant.

Dès 1873, M. X.... a uniquement des idées tristes et hypochondriaques. « Je suis malade, bien malade, répète-t-il souvent; — je ne peux tirer la langue. » La physionomie exprime la mélancolie, l'ennui.

Même état en 1880.

Il n'a jamais eu d'idées de satisfaction depuis le début de la maladie. Le traitement par la digitaline n'a pas été discontinué.

GROUPE VII. — Des cas où le délire mélancolique s'est montré sans trace de délire hypochon— driaque, mais avec du délire ambitieux pendant la deuxième période de la paralysie générale.

Nous ne relatons qu'une observation personnelle, mais nous renvoyons aux observations I et IV de la thèse de Materne (1), et à l'observation LUI du livre de Calmeil, Sur les maladies inflammatoires du cerveau.

Dans le cas suivant, le délire mélancolique et le délire expansif ont marché côte à côte pendant toute la durée de la maladie; mais c'est pendant la seconde période que les troubles intellectuels ont été observés avec le plus de soin.

Notons ici l'existence antérieure de névralgies frontales qui paraissent n'avoir pas duré moins de dix ans.

» Obs. XLVII. — Paralysie générale. — Alternatives de délire lypémaniaque et de richesses. — Hallucinations injurieuses. — Rémission de la maladie. — Névralgies faciales plusieurs années avant le début de la paralysie générale.

La nommée Prus , âgée de quarante-huit ans, est entrée à la Salpêtrière le

28 novembre 1871, avec un certificat portant : qu'elle a des idées de persécution, des hallucinations injurieuses, qu'elle entend des voix qui l'appellent pétroleuse, qui la menacent de la prison.

Conformation ordinaire de la tète.

Pupilles égales. Vue et ouïe normales. Oreilles symétriques. Ne reconnaît pas le poivre à l'odorat, le reconnaît à la vue. Pas de tremblement de la langue ni des lèvres.

(I) Materne, De la paralysie générale à forïiie dépressive, loc. cit.

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