‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 128 sur 207 · DIAGNOSTIC DE LA MÉLANCOLIE A LA PREMIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE LA MÉLANCOLIE A LA PREMIÈRE PÉRIODE

ésordonné que possible, décliirent leurs vêtements, poussent d'une lanière continue, et surtout pendant la nuit, des cris perçants ou laintifs dont la fréquence et la continuité sont très caractéristiques e cette forme de maladie mentale (Falret).

Cette agitation est habituellement en rapport avec des hallucinaons terrifiantes de la vue et de l'ouïe; c'est-à-dire qu'on la rencon- •e le plus souvent à la première période de la paralysie générale.

Cette forme de mélancolie avec agitation a bien des ressemblances vec la manie aiguë; c'est ce qui prouve une fois de plus combien i classification symptomatique est vicieuse.

Il ne faut pas s'inquiéter de. savoir si le délire avec agitation doit rendre la nom de manie ou de mélancolie; ce qu'il faut recherlier, c'est \ancUurc de ce délire accompagné d'agitation : apparent-il oui ou non à la paralysie générale? est-il d'nn pronostic rave ou bénin? le malade qui en est atteint est-il immédiatement lenacé dans son existence? est-il menacé pour un avenir rapproché e démence paralytique? ou bien, au contraire, son délire et son citation sont-ils susceptibles d'être rapidement et définitivement lodifiés par un traitement convenable?

Là est la question. Le principal signe, pour la résoudre, le plus dèle, le plus constant, c'est l'élévation de la température. Dans la lanie simple, dans la mélancolie avec agitation, rjui n'apparl.ienl %s à la paralysie générale, la température n'est jamais élevée auessus de la normale; le pouls est fréquent, il est vrai, la face peut re vultueuse, la langue peut être sèche, mais il n'y a pas d'exagéition de la température. Dans la mélancolie avec agitation, qui upartient à la paralysie générale, au contraire, la température est Dnstamment au-dessus de la normale ; c'est que l'agitation qui se iint au délire est toujours en rapport avec une poussée congestive îrs l'encéphale.

Il est encore une autre forme de mélancolie simple que l'on peut )nfondre avec la paralysie générale à forme mélancolique : C'est la mélancolie simple anxieuse.

Dans les formes aiguës, la débilité intellectuelle peut ne pas avoir 1 temps d'être amenée par les lésions de la périphérie du cerveau ; elle existait, elle pourrait être complètement masquée. Au milieu des symptômes aussi variés qu'efi"rayants que présen-

PARALYSIE GÉNÉRALE

tent les malades, ceux dont le délire revêt plus spécialement la forme mélancolique ont, dit Calmeil (1), « l'air effrayé, cherchent à échapper aux mains de ceux qui les protègent, comme si leur vie était menacée; ils crachent sans cesse autour d'eux comme pour se débarrasser d'une salive suspecte; ils opposent une résistance inouïe lorsqu'on cherche à introduire quelque médicament dans leur bouche; ils ne reposent pas une seule nuit, sont assiégés par des voix menaçantes, par des bruits étranges, et font dans quelques cas des efforts désespérés pour se précipiter ou pour se donner la mort d'une manière quelconque. »

Le délire mélancolique revêt parfois chez les paralysés le caractère d'un délire de pauvreté.'

De même que dans la forme expansive de la paralysie générale on rencontre un délire de richesses, dans la forme dépressive on rencontre parfois un délire très curieux à étudier, que nous proposons d'appeler délire de pauvreté.

Les malades prétendent qu'ils sont ruinés ; ils refusent de manger parce que les vivres sont trop chers, de se coucher pour ne pas avoir à payer leur lit, de se vêtir parce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter des vêtements (obs. de M. Linas) i^l). D'autres disent qu'ils sont condamnés à mourir dans la plus profonde misère; ils se privent de manger sous prétexte que les aliments sont trop chers.

Notre malade de l'observation LXVIII présentait ce délire bien plus accentué encore ; il est vrai qu'elle en était à la deuxième période de sa maladie (p. 457).

b . Du délire hypochondriaqiie considéré an point de vue du d iagnostic de la paralysie générale. — Le délire hypochondriaque a-t-il, lorsqu'il appartient à la paralysie générale, un caractère particulier qui puisse le distinguer du délire hypochondriaque simple? Telle est la question qu'il s'agit de résoudre.

Baillarger a insisté sur le caractère spécial du délire hypochondriaque dans la paralysie générale. Certains auteurs ont partagé sa manière de voir, d'autres l'ont combattue. Le dépouillement de nos observations vous indiquera dans quel camp vous devez vous ranger.

{\) Calmeil, Mal. inflamm. du cerveau, p. 146. (2) Linas, Thèse, 1857, obs. V.

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