‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 131 sur 207 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

à forme mélancolique, Cl ils oui toujours été moins bien étudiés.

En France, c'est Bouillaud qui a le plus attiré l'attention sur les troubles ataxiqiies; il a consacré tout le livre cinquième de sa Nosographie médicale (1846) à l'étude des ataxies des centres nerveux ; il a prouvé que dans la paralysie générale des aliénés, l'ataxie jouait un grand rôle.

Depuis cette époque, Calmeil et Baillarger ont aussi considéré les symptômes ataxiques comme ayant une grande importance.

En Allemagne, Westphal, qui a étudié avec soin la paralysie générale par propagation (consécutive aux maladies de la moelle) el qui a signalé la fréquence de la paralysie générale consécutive au fabes dorsalis, a conclu que « dans la maladie appelée paralysie l générale, les symptômes ataxiques étaient plus importants que le^ symptômes paralytiques (i). «

Aux phénomènes ataxiques nous croyons devoir rapporter :

1° Les tremblements tibrillaires qu'on observe dans les muscles de la face et le tremblement de la langue tirée hors delà bouche, les divers troubles de la parole ;

2° Le tremblement et l'inhabilité manuelle, le tremblement de l'écriture ;

3° Les troubles ataxiques qui ont pour siège les membres inférieurs et qui affectent avec ceux qui appartiennent à l'ataxie locomotrice une parenté sin- laquelle nous aurons à insister.

Tremblement de la langue et des muscles de la face. — L'ataxie est caractérisée par des secousses non rythmées, qui ne se produisent, en général, que quand l'individu imprime un mouvement à sa langue, aux divers muscles de sa face, et surtout aux lèvres.

Parfois même, quand les malades sont le plus en repos et ne se disposent pas à, parler, on peut observer du tremblement fibrillaire de tous leurs muscles de la face; mais ce n'est habituellement que quand les malades se disposent à parler que, une ou deux secondes avant l'émission des sons, on voit une trémulation dans leurs divers groupes de muscles.

Ces secousses sont parfois très légères, tibrillaires, difficiles îi

(1) Nota. Il n'a pas signnli' la rai-p.té di^ la paralysie a;énéi-alp chp?. la IVnimp, riiïiicitlaiil avfo uiio raiTlt; pi'oporlioimclle ilii iahes dursnlix.

l' Vn VLYSIE GENEHALE A FORME MELANCOLIQUE.

constater; elles occupent de préférence la lèvre supérieure et les sillons naso-labiaux.

D'autres lois elles sont très nettes et on peut les voir d'assez loin.

D'autres fois elles sont comme vermiculaires, consistant en petits soubresauts. Quand le malade a fini de parler, elles cessent la plupart du temps, mais persistent quelquefois.

Un des caractères les plus importants de ces tremblements fibrillaires, c'est d'être passagers. On les observera pendant un jour, pui« on pourra être huit jours avant de les voir reparaître.

Mais, quand on peut les constater, on peut presque sans hésitation avancer qu'on a affaire à une paralysie générale.

Je ne veux pas être plus affirmatif, car j'ai quelquefois constaté dans la folie simple de l'ataxie des lèvres et de la langue chez des femmes très névropathiques, chez des hypochondriaques, chez des lypémaniaques à forme anxieuse ; mais je ne me rappelle pas avoir jamais constaté cliez ces malades du tremblement fibrillaire des autres muscles de la face, non plus que de l'hésitation de la parole.

La projection de la langue en avant ne s'effectue que par une succession de mouvements désordonnés, tantôt dépassant le but, tantôt ne l'atteignant pas; la langue tenue hors de la bouche est agitée par des ondulations de durée inégale, d'intensité variable, non rythmées, quelquefois vermiculaires. Quelquefois, lorsque la langue est tirée depuis quelques instants hors de la bouche, les muscles qui la constituent sont comme fatigués et le tremblement augmente notablement; les mouvements peuvent même être si étendus, que la langue arrive à toucher alternativement les dents supérieures et inférieures.

Quand le malade veut arrêter ce tremblement, il ne fait que l'accentuer.

De même que les mouvements des lèvres, ceux de la langue n'ont rien de pathognomonique ; ils se rencontrent dans l'alcoolisme, dans la sclérose en plaques, dans la sénilité, et, exceptionnellement, dans des états nerveux divers. Cependant, lorsqu'on surprendra ce phénomène chez un mélancolique, surtout s'il n'a pas d'habitudes d'alcoolisme, il y aura lieu de redouter chez lui la paralysie générale,

Page 1