‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 133 sur 207 · DIAGNOSTIC. TROUBLES CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC. TROUBLES CIRCULATOIRES

dans les parois vasculaires; 2° des altérations de la substance grise centrale (formation dans les parois des vaisseaux sanguins et autour de ces parois de noyaux embryoplastiques, compression et altération consécutives des cellules des cornes postérieures). Il est de règle de voir que la partie postérieure de l'axe rachidien est bien plus exposée que la partie antérieure à être le siège d'une inflammation identique à celle du cerveau : même dans le bulbe, ce sont les nerfs dont les cellules d'origine sont le plus rapprochées de la partie postérieure qui sont les premiers troublés dans leur fonctionnement (facial et hypoglosse). Cette spécialisation des lésions à la partie postérieure de la moelle et à la partie antérieure du cerveau m'a donné à penser qu'elle exprimait un rapport fonctionnel de la plus haute importance.

Ce n'est qu'exceptionnellement que les cornes antérieures de la moelle sont le siège d'une lésion importante, mais alors cette lésion se traduit par des symptômes qui sont très intéressanfs au point de vue du diagnostic, car ils ne se renconlvcni jamais dans la folie simple. Ces symptômes sont : 1° des douleurs dans les muscles ; 2° l'atrophie aiguë de tous les muscles du corps. Hanot a présenté à la Société de biologie, en 1872, deux observations, dont une avec autopsie, d'atrophie musculaire aiguë dans la paralysie générale.

4° Les douleurs chez les paralysés généraux peuvent encore tenir à des lésions viscérales, pulmonaires, céphaliques, spléniques, rénales, intestinales. Je vous en parlerai à propos de la pathogénie du délire hjpochondriaque.

Des troubles circulatoires dans la mélancolie qui appartient à la ' paralysie générale. — On observe constamment, au début surtout, des mouvements fébriles passagers.

La question de savoir si la paralysie générale est une phlegmasie est pour moi complètement jugée aujourd'hui; je partage l'opinion soutenue magistralement par Parchappe et par Calmeil. Les autres auteurs ont pour la plupart contesté la nature inflammatoire et fébrile de la paralysie générale (Baillarger, Marcé, Morel, Falret, Westphal) ; la plupart des Allemands et quelques-uns de leurs imitateurs en France ne regardent pas la paralysie générale »

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PAliALYSIE GÉNÉRALE A FORME MÉLANCOLIQUE.

comme une inflammation, mais comme une dégénérescence. Il n'est pas indifl"érent de trancher cette question de pathogénie, car on peut espérer guérir une inflammation, tandis qu'on est désarmé contre une dégénérescence ou contre une variété morbide dont on ignore la nature. L'étude de la fièvre dans la paralysie générale est, disais-je, de la plus haute importance pour prouver la nature inflammatoire de la maladie, et pour perineLLre de dire si tel délire mélancolique appartient ou non à la périencéphalite. Il est des malades qui arrivent dans nos salles sans aucun renseignement antérieur, plongés dans la stupeur, le mutisme ; leurs pupilles peuvent être égales ; il est impossible, vu leur état de mutisme, d'étudier l'état fonctionnel de leurs sens ; leur refus de se prêter à l'examen empêche de savoir s'il y a de l'ataxie ; il est alors très difficile de poser le diagnostic de folie simple ou de paralysie générale. Dans ces cas, la constatation de la fièvre est d'un grand secours et tranche la question du diagnostic. La fièvre a dans la paralysie générale des caractères particuliers, c'est ce qui ressort des études que j'ai communiquées à l'Académie de médecine en 1875.

1° La fièvre est périodique ou rémittente avec exacerbations, elle peut ne durer que quelques heures ou quelques jours pour se reproduire de nouveau après des intervalles de huit à quinze jours.

2" La fièvre survient en général brusquement.

3" La température n'atteint pas un chiffre exagéré; c'est ainsi qu'elle s'élève rarement au delà de 39" ; elle oscille entre 37%8 et 38°,6. Les courbes graphiques montrent bien manifestement tou ces caractères de la fièvre; elles montrent en outre que chez les paralysés la température habituelle est au-dessous de la normale, de sorte qu'une température de 37°, 4, qui serait normale chez un individu sain, doit être considérée comme fébrile lorsqu'elle appartient à un paralysé général. Tout comme chez un ictérique,une tem^ pérature de 37%4 doit être considérée comme fébrile.

4" La température est toujours plus élevée le soir que le matin.

5'' L'élévation de la température s'accompagne de rougeur de la face, rarement de sueurs, le plus ordinairement d'une augmentation de la mauvaise humeur des malades et d'excitation.

L'observation de la fièvre chez les paralysés doit être biquotidienne et prolongée pendant des mois entiers ; c'est là une première

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