‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 134 sur 207 · DIAGNOSTIC. TROUBLES CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC. TROUBLES CIRCULATOIRES

îirconstance qui a fait méconnaître l'existence de la fièvre dans la )aralysie générale; une deuxième circonstance, qui explique le ;ilence des auteurs à l'égard de ce symptôme important, c'est ce ait que j'ai signalé plus haut, de l'abaissement de la température lu-dessous de la normale, | qu'on rencontre presque constamment ;hez les paralysés en dehors des poussées fébriles.

Quand je parle de la fièvre chez les paralysés, je ne veux pas întendre ces poussées de fièvre bien nettement accentuées qui accompagnent les attaques apoplectiformes, tétaniformes, épileptibrmes, ni ces accidents de délire aigu, de manie congestive, de )ériencéphalite à forme insidieuse, qui s'accompagnent d'une grande élévation de la température et qui sont du pronostic le plus jrave.

Je ne parle que de la fièvre dans la paralysie générale qui suit ;a marche habituelle. Or, c'est surtout à la première période (à a période intéressante à étudier au point de vue du diagnostic et lu traitement) que se montre la fièvre que nous venons de décrire ; )lus tard la maladie a une marche chronique, sans autre réaction ébrile que celles que provoquent les complications (attaques apo- )lectiformes, etc., méningite spinale, pneumonie).

Il ne faudrait pas se laisser tromper par les apparences de la lèvre et considérer comme ayant de la fièvre un mélancolique qui mrait des frissonnements, des sueurs, de la rougeur de la face, et nême de l'accélération du pouls, s'il n'a pas en même temps une lugmentation de la température jugée au moijen du thermomètre. !lombien ne voit-on pas d'erreurs de diagnostic fondées sur ces ca- ■actères accessoires de la fièvre! J'ai vu, l'année dernière, une jeune naïade mélancolique qui avait été maintenue pendant trois semailesau lit, à Beaujon, comme atteinte de mmmg\i& spéciale, parce [u'elle avait de temps à autre ces phénomènes de rougeur de la ace, d'accélération du pouls, de sueurs, etc., dont je viens de parer ; chez cette malade, ces rougeurs passagères de la face étaient ;n rapport avec un état de chloro-anémie; j'ai observé aussi des naïades que l'on a saignés par erreur.

Mais l'étude que nous avons faite de la fièvre dans la paralysie générale, étant basée principalement sur les observations thermométriques, doit aider à éviter ces erreurs regrettables.

PARALYSIE GÉNÉRALE A FORME MÉLANCOLIQUE

II est encore un autre élément de diagnostic qui nous a plusieurs fois permis de distinguer la folie simple de la paralysie générale : c'est l'état de la contractilité et de la tonicité artérielles, c'est-à-dire l'état de sthénie ou d'asthénie vasculaires.

Dans la mélancolie simple, le pouls est le plus ordinairement petit, serré, résistant, comme crispé, dans un état comparable à celui de beaucoup de muscles de la vie organique ou animale; les courbes obtenues par le sphygmographe sont alors très peu hautes, sans dicrotisme ni plateau ; les lignes ascendantes sont courtes, le tracé sphygmographique se rapproche d'une ligne horizontale.

Nous ne parlons pas, bien entendu, des cas de folie par athérome, ni des cas de folie simple, chronique, avec athérome et démence consécutives.

Dans la mélancolie appartenant à la paralysie générale, au contraire, le pouls est assez développé, assez facilement dépressible, et le sphygmographe permet de constater une médiocre tension artérielle avec des lignes ascendantes plushautesquedansl'étatnormal, se continuant par une ligne courbe ou par un plateau avec la ligne descendante; dans la ligne descendante, on peut remarquer des oscillations, un degré variable de dicrotisme. Cet état s'accentue au fur et à mesure que la maladie progresse.

Il y a donc dans la folie simple et dans la paralysie générale deux états différents de la pulsation radiale.

Dans la folie simple, névropathique, il y a fréquemment des spasmes des muscles de la vie animale et de la vie organique, et état sthénique.

Dans la folie paralytique, il y a asthénie; cette asthénie est bien en rapport avec le relâchement de certains groupes de muscles de la vie organique, elle peut être considérée comme un état de paralysie vaso-motrice, ainsi que cela s'observe dans les maladies fébriles.

En résumé, l'étude du pouls et de la contractilité artérielle corrobore l'opinion émise plus haut sur la nature fébrile de la paralysie générale, et constitue un moyen de diagnostic à employer dans les cas oii l'état lypémaniaque, la stupeur, le mutisme, l'absence d'inégalité pupillaire, l'impossibilité d'étudier les sens, et les mouvements de la langue, des lèvres ou des membres, ou l'absence de renseignements sur les antécédents du malade, rendent difficile

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