‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 136 sur 207 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DU DÉLIRE MÉLANCOLIQLE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DU DÉLIRE MÉLANCOLIQLE

Baillargcr n'a pas encore formulé son opinion sur la nature le ces folies congestives auxquelles il a cependant assigné des ymptômes, une marche et un pronostic spéciaux.

Si la paralysie générale commence par de la congestion, il est les folies qui restent toujours congestives, c'est-à-dire ne sont amais caractérisées par de l'artérite, de la transsudation de parties onstituantes du sang et leur organisation en cellules et en noyaux mbryoplastiques. On ne rencontre pas non plus, dans ces folies ongestives, d'adhérences méningo-cérébrales, mais on trouve du iqueté, des apoplexies capillaires, des produits d'épanchements anguins, des cristaux d'hématine, d'hématosine et des infractus.

Dans ces formes, les symptômes sont aussi différents de la paraysie générale.

En effet, les malades atteints de folie congestive ont les pupilles oujours égales; ils sont toujours sérieux, ou bien s'ils sourient, 'est pour se moquer et persifler; ils manifestent une grande vivaité, ont la parole brève et nette, ils sont très hallucinés d'un ou de ilusieurs, sens et ont, consécutivement aux hallucinations, des coneptions délirantes qui concordent avec l'habitus extérieur : Venemble de ces aliénés est homogène.

La mémoire, dans cette folie congestive, reste nette; les aliénés e rappellent exactement toutes les circonstances de leur vie, avant t depuis leur maladie. Cette particularité les distingue absolument es paralysés généraux aussi bien que l'absence d'ataxie.

Vous avez vu dans mes salles des malades qui présentent cet état epuis dix à douze ans, sans qu'il se soit produit aucune manifestaion propre à la paralysie générale.

c. Alcoolisme. — Ce diagnostic est une chose difficile, même uand les deux états sont nettement accentués, puisqu'on voit tous îs jours des aliénistes très distingués s'y tromper et prendre pour e la paralysie générale ce qui était de l'alcoolisme, puisqu'il existe ncore nombre d'auteurs qui admettent une paralysie générale de ature alcoolique.

La paralysie générale et l'alcoolisme sont deux états morbides out à fait différents au point de vue anatorno-pathologique, différents ussi au point de vue symptomatique; nous ne pouvons cependant

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pas nier que le diagnostic ne soit difficile et qu'il ne peut être affirmé, dans quelques cas, qu'après l'examen des lésions cérébrales.

Lorsque les maladies ne sont pas encore nettement accentuées, cette difficulté est plus considérable. Dans l'alcoolisme, on trouve, en effet, comme dans la paralysie générale, même quand la maladie est peu avancée, de la débilité intellectuelle, des hallucinations, parfois des idées de grandeurs, des troubles de la sensibilité, de la vue, etc. Nous allons néanmoins essayer de différencier l'alcoolisme avec délire lypémaniaque de la paralysie générale à forme mélancolique.

A \a. période prodromique, le diagnostic est à peu près impossible; vouloir établir des nuances entre deux états aussi mal caractérisés l'un que l'autre, serait faire un travail inutile.

On a, dira-t-on, pour établir ce diagnostic, les antécédents ; il est bien certain, en effet, qu'un homme de mœurs sévères qui viendrait à présenter des troubles somatiques et intellectuels dénature douteuse ne pourra pas être taxé d'alcoolisme.

Mais la proposition inverse n'est pas aussi évidente et il est permis de se demander, si un homme qui fait des excès habituels de boissons et qui présente à un moment donné des troubles somatiques et intellectuels difficiles à caractériser, est atteint d'alcoolisme ou d'un commencement de paralysie générale. Le doute est parfaitement légitime, nous disons même que, le plus souvent, la question est insoluble; car enfin il n'est pas inadmissible que la paralysie générale survienne chez un homme qui fait des excès de boissons, tout aussi bien qu'elle survient chez un individu qui n'en fait pas.

D'autant plus que les excès de boissons habituels sont bien de nature à amener au cerveau des fluxions passagères qu'on peut considérer comme causes prédisposantes à l'invasion ultérieure d'une i?iflammation cérébrale.

Et en outre, qui peut affirmer qu'un homme qui fait des excès de boissons, alors que c'est contraire à ses habitudes antérieures, n'est pas déjà paralysé général? Bien souvent, en effet, les habitudes d'ivrognerie appartiennent à la paralysie générale. Nous nous expliquons :

Tous les auteurs ont noté au début de la paralysie générale et surtout à la période que l'on appelle prodromique, un changement de caractère et d'habitudes : tel individu qui était rangé jusqu'alors

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