DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DU DÉLIRE MÉLANCOLIQUE
ievient, dès qu'il est malade, avide d'émotions, coureur de emmes, etc. ; tel autre devient avide de boissons : nos observations îtbien d'antres signalent ces habitudes d'ivrognerie, comme annonçant le début de la paralysie générale.
On voit donc que la question est très complexe et que la recherche ies antécédents n'a pas toute l'importance qu'on pourrait lui supposer
Lorsque la paralysie générale est à la première période et qu'elle affecte la forme mélancolique, on arrive à la différencier de l'alcoolisme en s'appuyant: 1" sur les signes psychiques ; 2° sur les troubles somatiqucs.
Sur les signes pffychifjues. — Est-il possible de différencier le dé lire mélancolique de la paralysie générale de celui de l'alcoolisme ?
S'il s'agit de délire mélancolique, survenant après une intoxication alcoolique aiguë, le doute sera bientôt levé, parce que chez les alcoolisés de cette catégorie, le délire est fugace, et qu'au bout de quelques semaines, on voit les conceptions délirantes disparaître peu à peu et la raison revenir.
Porter un diagnostic immédiat est le plus souvent très difficile : on peut cependant remarquer chez les alcoolisés une confusion d'idées et une apathie qu'on n'observe pas chez les paralysés à la première période.
S'il s'agit d'ivrognes de profession atteints de délire aigu à forme lypémaniaque, voici les caractères de ce délire :
Les malades n'ont pas conscience de leur état et ne comprennent pas la signification de leur séjour dans les asiles. — Leur raisonnement est troublé; les malades interprètent d'une façon erronée des sensations réelles qui sont ainsi le point de départ d'illusions. Il est facile de les arracher à leur préocupations tristes et même à leur stupeur par des interrogations. Les malades relèvent alors la tète, répondent plus ou moins nettement, mais bientôt, si l'on ne se hâte de les presser de questions, le délire reprend le dessus. — La volonté est considérablement affaiblie si l'on en juge par l'indécision qui règne dans les actes les plus simples de la vie et par le peu d'énergie des malades.
« Le délire dépressif triste (avons-nous dit dans une précédente
PARALYSIE GÉNÉRALE A FORME MÉLANCOLIQUE
leçon) revêt tantôt le caractère de la tristesse proprement dite, tantôt de la douleur, tantôt de la honte, tantôt du repentir ou de l'indifférence. — D'autres fois, les conceptions délirantes sont des idées de culpabilité, d'influence magnétique, jointes à des hallucinations presque toujours terrifiantes et injurieuses.
» Elles donnent la mesure de l'état de souffrance morale de ces aliénés. Aussi, pour échapper à ces tortures intimes, le uns vont-ils se plaindre à l'autorité et font ainsi découvrir leur délire, d'autres cherchent une fin dans le suicide.
))Les hallucinations ont dans l'alcoolisme un caractère particulier; c'est surtout pendant les premières heures de la nuit qu'elles tourmentent les malades: ils rêvent tout éveillés, ont des cauchemars, voient sur leurs lits des serpents, des rats, etc. S'ils s'endorment malgré cela, les hallucinations persistent et troublent leur repos.
» Il est rare que cet état dure au delà d'un mois ou deux, non pas que les malades soient au bout de ce temps radicalement guéris; ils conservent en effet quelques symptômes d'alcoolisme chronique, moins de force musculaire, d'énergie morale, de facilité à travailler, à comprendre, moins de mémoire surtout, et de plus ils retombent avec une extrême facilité après quelques excès ou bien à la suite d'une peine morale, ou d'une abstinence plus ou moins absolue d'excitants alcooliques. »
Ce tableau n'a rien de bien caractéristique et il ressemble assez à ce qu'on observe dans la paralysie généi'ale mélancolique.
Nous ne pouvons pas dénaturer les faits pour soutenir notre cause; il nous faut accepter les choses comme elles sont, et conclure que par l'examen seul du délire, le diagnostic entre la paralysie générale mélancolique et le délire dépressif des alcooHsés est presque impossible.
Si le déliredes paralytiques revêt laforme hypochondriaque le diagnostic devient possible; car nous avons vu que même à la première période de la paralysie générale, le délire hypochondriaque a souvent un caractère vraiment spécial qu'on ne rencontre pas ailleurs, pas même dans l'alcoolisme ; les alcooliques diront qu'ils ont de la pesanteur d'estomac, de tête, du feu dans le gosier, etc. ; mais ils ne parleront pas d'intestins bouchés, de sang aqueux, etc., etc.
Dans une troisième catégorie de délire alcoolique il faut placer