ANESTHÉSIE CUTANÉE
X, p. 88) avaient déjà signalé celte singulière forme de délire hy- Dochondriaque; en 1856 (avril), Legrand du Saulle en rapporta m cas. Micliéa n'hésite pas à considérer l'analgésie comme la cause de cette perte de conscience.
Influence de Vanesthésic cutanée sur la production du délire hypofihondriaque. — Nos observations ne corroborent pas cette assertion; car dans celle où se trouve notée la perte de la conscience du moi, nous n'avons pas vu signalée l'analgésie. Michéa croit aussi que riiyperesthésie cutanée est une cause de délire hypochondriaque. Ne pourrait-on pas aussi considérer l'hypochondrie de la paralysie générale dépressive comme de la même nature que cette exagération du moi qu'on observe dans la forme expansive? Les personnes qui ont vu beaucoup de paralysés ont pu remarquer cet égoïsme révoltant qu'on observe à la première période de la maladie quand elle affecte la forme expansive : les malades ne parlent que d'eux, tout ce qui n'est pas eux leur est étranger et indifférent. Le moi je se présente a chaque instant dans leur conversation. Ils parlent de leurs talents et de leurs faits et gestes, de leur excellente santé, sans s'inquiéter de celle des personnes qui les écoutent. L'excès de la personnalité ressort de la même façon, lorsque le paralysé général parle de ses conceptions hypochondriaques.
Nous serons presque porté à comparer les troubles viscéraux de 'a paralysie générale à ceux qu'on observe chez les petits enfants mal alimentés. Ces graves troubles de nutrition des enfants à la mamelle, que Parrot a si bien étudiés sous le nom à'athrepsie des nouveau-nés, ne produisent pas chez ces petits malades des douleurs bien vives, bien localisées; les nourrissons qui succomberont en quelques semaines ou même en quelques jours aux progrès de la désorganisation qui s'opère en eux, ne ressentent qu'un malaise vague; ils poussent des cris de détresse, mais dont il est impossible ie déterminer la cause. La même chose arrive chez les paralysés ; '1 est le plus souvent impossible ',de localiser le point de départ de leurs sensations, mais ce n'est pas à dire pour cela que ces sensations soient imaginaires. Ce que les petits enfants expriment par leurs cris de détresse (le mot est de Parrot, il est à conserver), les paralysés l'expriment en disant qu'ils ont le sang aqueux, la vessie pourrie, le crâne bourré d'étoupes, etc. Nous qui ne sommes