‹ Leçons cliniques sur les maladies mentales et sur les maladies nerveuses professées à la Salpêtrière [electronic resource]Chapitre 143 sur 207 · W l'AliALYSII'] GÉNÉP.AI.E A FORME MÉLANCOLIOI E · texte numérisé non relu

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pas malades, nous no pouvons pas nous expliquer ces diverses sensations, mais ce n'est pas une raison pour les nier.

La mélancolie et l'hypochondrie du paralysé général peuvent encore tenir à des lésions pulmonaires, hépatiques, spléniques, rénales et intestinales.

La tuberculisalion pulmonaire est fréquente chez les paralysés généraux. Clouston (i) a remarqué que, dans trente -trois cas de paralysie générale accompagnée de tuberculisation, le délire avait été d'abord mélancolique et accompagné d'impulsions au suicide; dans ces cas, la tuberculisation n'avait pas été l'effet du refus d'acceptation des aliments ou du dérangement de la nutrition, et, dans la plupart des cas, elle n'avait causé que de faibles dérangements; elle était presque latente et ne s'accompagnait ni de toux ni d'expectoration.

On rencontre fréquemment, à l'autopsie des paralysés généraux, des lésions du foie, de la rate, des reins, de nature irritative. Piien n'est fréquent comme l'existence dans les reins d'adhérences entre la substance corticale et la capsule, et d'un état d'hyperhémie plus ou moins intense. Les capsules du foie et de la rate portent souvent aussi les traces d'inflammation d'âge différent, et, comme nous l'avons dit, la substance de la rate est souvent altérée.

Les lésions intestinales ne sont pas moins fréquentes chez les paralysés généraux, qui ont présenté du délire mélancolique ou hypochondriaque. Elles consistent en entérite simple ou ulcéreuse ; l'entérite simple peut occuper tout l'intestin, ou l'intestin grêle, ou le gros intestin seul; nous avons vu aussi des cas où les ulcérations étaient très nombreuses et occupaient même l'estomac.

Ces ulcérations sont comparables par leur aspect à l'ulcère simple de l'estomac et aux ulcérations atoniques; leurs bords ne sont pas tuméfiés, et il est rare que la paroi musculeuse soit perforée.

On comprend que l'existence d'états morbides gangréneux ou inflammatoires chroniques puisse donner lieu à des sensations douloureuses et à des conceptions délirantes tristes.

Ces lésions intestinales ulcéreuses nous paraissent pouvoir être produites de la même façon que les phlyctènes et les ulcères de la

(I) Ann. mi'd.-pstjch., I80i, l. IV, p. HO

LÉSIONS DU SYMPATHKJUE.

)eaii chez ces mêmes malades, et reconnaître pour cause des altéations des cellules des cornes antérieures de la partie moyenne de a substance grise de la moelle. Or la liaison entre ces lésions mélullaires et les troubles fonctionnels du sympathique est singulièement éclaircie par la connaissance que l'on a de grosses cellnles jLie Jacubowitch a démontré être les cellules d'origine du sympahique (dans la partie moyenne de cette substance grise près de a limite externe). Les lésions intestinales seraient donc pour moi e résultat de troubles vaso-moteurs.

Nous avons des préparations histologiques qui montrent les léions des cellules de la moelle en rapport avec ces troubles vasonoteurs.

Aux lésions médullaires et viscérales que nous avons indiquées ;omme pouvant produire le délire mélancolique et hypochondriaque, 1 faut ajouter les altérations du grand sympathique, surtout lors- |u'il s'agit d'expliquer le délire hypochondriaque.

Les divers modes de délirehypochondriaquepermettent d'ailleurs le suivre la lésion dans les diverses ramifications de ce nerf imporant.

Ainsi les conceptions singulières qui se lient à l'acte de la défélation, à l'acte de la digestion, de la déglutition, indiquent des molifications de la sensibilité ganglionnaire.

Poincarré et Bonnet ont décrit des lésions qu'ils ont li'ouvées lans les ganglions du grand sympathique et qui peuvent être consilérées comme un pas important dans la pathogénie des troubles du ;ympathique. Nos observations nous ont appris que chez les hypoîhondriaques, il existe fréquemment, dans les ganglions semiunaires, des lésions inflammatoires avec multiplication nucléaire.

Mais si ces lésions du sympathique peuvent expliquer le délire lypochondriaque dans la paralysie générale à marche lente, elles ;ont impuissantes, à notre avis, à expliquer ces cas de paralysie générale aiguë accompagnés d'hypochondrie et suivis rapidement de a mort. Dans ces cas, ou bien 1" les lésions cérébrales peuvent être tellement sraves, le ramollissement de la substance corticale être :ellement intense etétendu, qu'il explique sulTisamment la forme du lélire, la lésion jetant le malade dans une sorte de déliquium et i'anéantissement qui imprime au délire un caractère éminemment

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dépressif (nous avons en effet constaté un certain nombre de fois un ramollissement considérable de la substance corticale chez des paralysés généraux hypochondriaques); bien 2" les lésions sont de prime abord généralisées et s'étendent au bulbe, à la moelle en même temps qu'au cerveau, et déterminent dans les organes des premières voies digestives, innervés par les nerfs bulbaires, des sensations pénibles qui amènent l'idée hypochondriaque.

L'examen histologique du bulbe et des noyaux d'origine des nerfs bulbaires que j'ai fait chez des paralysés généraux au début de leur affection, m'a en effet appris que, dès les premières périodes, le bulbe est atteint, que les cellules des noyaux d'origine des nerfs bulbaires sont altérées rapidement, et que sur le trajet des fibrilles de ces nerfs il se fait une multiplication nucléaire d'origine vasculaire dont la présence trouble nécessairement le fonctionnement de ces nerfs.

Des cas où le délire hypochondriaque est impossible à expliquer. — > il est encore des cas plus difficiles à expliquer; ce sont ceux oii le délire hypochondriaque survient brusquement et est passager. Dans ces cas, on pourrait dire que la même lésion qui, lorsqu'elle est permanente, produit un délire hypochondriaque permanent, produit, lorsqu'elle est passagère, un délire passager, et nous ne serions pas en peine de trouver des analogies pour expliquer ces lésions passagères. Pourquoi n'y aurait-il pas dans le sympathique, dans la moelle, dans les viscères, des poussées congestives analogues à celles qui se font dans le cerveau et qui provoquent les accidents temporaires étudiés par Bayle et par Calmeil ? Demander pourquoi la paralysie générale revêt la forme hypochondriaque, c'est demander pourquoi la folie hystérique revêt la forme érotique, pourquoi la folie pellagreuse revêt la forme suicide et mélancolique. Il est permis de faire des hypothèses, tant que ces hypothèses reposent sur des observations bien prises.

Messieurs, l'existence d'un délire dépressif à une période quelconque de la paralysie générale a-t-elle une influence appréciable sur la marche de la maladie, sur la gravité du pronostic? Pour résoudre la question, il nous faudra, comme dans les chapitres

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