PARALYSIE GÉNÉRALE CONSÉCUTIVE A LA FOLIE MÉLANCOLIQUE
4" Une portion du corps genouillé externe gauche dont la consistance est diminuée offre des ampoules vasculaires, de l'hyperhémie, beaucoup d'amas globulaires, des cristaux d'hémaline, des grains de pigment. On trouve plusieurs de ces cristaux autour d'un vaisseau notablement dilaté en ampoule.
5" Dans le nerf olfactif gauche il existe une énorme rpuuililé île cristaux d'hémaline et de graimialions graisseuses dans la substance nerveuse et dans les parois vasculaires. Plusieurs vaisseaux sont obstrués par une gangue granuleuse rougeàtre et non transparente.
Messieui's, nous dégagerons des faits ci-dessus, sous forme de conclusions, les données qui nous semblent devoir ressortir comme les plus importantes :
1" La mélancolie se rencontre dans la paralysie générale à toutes les périodes et il faut bien se garder de considérer le délire ambitieux comme pathognomonique.
2" La mélancolie peut se trouver sous toutes ses formes : mélancolie avec idées de suicide, avec stupeur, avec agitation, avec idées religieuses, avec idées de persécution; mélancolie sans délire, etc., etc.; bypochondrie, délire hypochondiiaque, mélange d'hypochondrie et de mélancolie.
3" La présence du délire dépressif n'excltit pas nécessairement le délire ambitieux préalable, simultané ou consécutif.
4° Dans certains cas, le délire ambitieux affecte une forme à laquelle nous paraît convenir la dénomination de délire d'exagération. . 5° Le délire dépressif de la périencépbalite est toujours un délire général, parce qu'il est en rapport avec des lésions ditTuses d'origine vasculaire.
6° Il peut s'accompagner d'hallucinations psycho-sensorielles, surtout de l'ouïe, que déterminent souvent les lésions hyperhémiques des couches optiques.
7° Le délire dépressif présente généralement, à quelque période qu'on l'observe, un caractère de débilité qu'on ne rencontre pas dans la folie simple.
8" Malgré ce caractère différentiel, l'examen seul des troubles psychiques ne permet pas habituellement, du moins dans les premières périodes, d'établir un diagnostic cei^tain, et de dire si un cas donné de mélancolie appartient ou non à la paralysie générale.
9° Il faut donc s'aider de l'examen des troubles somatiques.
CONCLUSIONS. i68
10° Parmi les troubles soniatiques, je place en première ligne la iniiniition ou la perte de l'odorat, parce que ce symptôme est le lus précoce, le plus constant, le plus facile à reconnaître.
11° Puis viennent tons les troubles somatiques décrits par les uteurs; nous y nvons ajouté la fièvre et les caractères sphygmograliiques du pouls.
Pi" Nous avons insisté avec un soin tout particulier sur l'étude de à mélancolie qu'on rencontre d'habitude à la période prodromique, larce que nous croyons qu'un traitement rationnel institué dès cette fériode pourrait enrayer les phénomènes vasculaires qui constituent a lésion essentielle de la paralysie générale, et parce que je crois avoir aisi un rapport entre la durée de la })ériode prodromique et la durée le l'évolution de la maladie.
13° On n'est pas encore en mesure de diagnostiquer sûrement ;ette période prodromique à forme mélancolique, parce que lesdivei's dgnes que nous avons énumérés n'ont de valeur que quand ils se rencontrent en grand nombre chez le même individu.
14° Le déhre mélancolique, quelles que soient sa durée, sa forme, a période à laquelle il apparaît, ne semble pas donner à la maladie nie gravité exceptionnelle, à moins qu'il ne s'accompagne de stupeur et de refus des aliments.
15° Le délire hypochondriaqne, au contraire, est d'un pronostic 'àcheux, parce qu'il est en général en rapport soit avec une lésion Lîérébrale étendue et rapide, soit avec des altérations des viscères.
16° Le délire hypocliondriaque chez les paralysés généraux a des caractères spéciaux, à quelque période ({u'il apparaisse :
1" Il est absurde : l'absurdité du délire se rencontre même dès e début ; dans la maladie confirmée, elle arrive à un degré dépassant toute expression ;
"2° Il porte sur des sujets peu variés (obstruction des organes, négation de l'existence et de la personnalité, délire de pauvreté, micromanie, etc.);
3° Il survient brusquement ;
4" Il est mobile et sans consistance.
17° Le délire dépressif de la paralysie générale n'est pas heureument modifié par l'emploi de l'opium : l'opium, qui réussit si bien dans la mélancolie simple, échoue dans la mélancolie paralytique :