INSUFFISANCE DE LA CLASSIFICATION ACTCELLE
avait pas fait disparaître les traces ? Cette malade a peut-être côtoyé de très près la paralysie générale ; et il est bien possible qu'il en soit de même dans les observations de soi-disant folie simple, avec délire hypocondriaque à caractères spéciaux.
Dans le cas actuel, nous avons eu l'attention attirée sur le symptôme fièvre, parce qu'il y avait un érysipôle de la face; mais supposons que les malades ne soient pas alités et que, dans le cours d'une folie simple, ils aient, ce (jui arrive souvent, une poussée congestive vers l'encéphale avec fièvre; ils pourront alors présenter des idées hypocondriaques à caractères spéciaux, de môme qu'ils pourront présenter une recrudescence dans les phénomènes d'excitation, sans que le médecin se doute de la cause organique qui entraîne ces manifestations; car, enfin, il n'est pas dans les habitudes des médecins de prendre tous les jours la température de leurs malades, surtout s'ils ont affaire à des cas de folie simple.
Celte poussée congestive, qui aura passé inaperçue, pourra disparaître au bout de quelques jours, comme elle l'a fait chez notre malade; en môme temps, les idées hypocondriaques spéciales pourront également ne plus se manifester, et les médecins qui auront assisté à cette scène morbide, sans en pénétrer les secrets, ne manqueront pas de dire, et avec la plus entière bonne foi, que les conceptions hypocondriaques, telles que M. Baillarger les i\ décrites comme appartenant spécialement à la folie paralytique, existent également dans les autres formes de folie.
Ils auraient tort, à notre avis; car nous sommes de plus en plus convaincu que le délire hypocondriaque à caractères spéciaux est toujours symptomatique d'une lésion encéphalique de nature fluxionnaire ou inflammatoire.
Morel (de Rouen) a bien senti le défaut de la classification actuelle, lorsqu'il a cherché à en fonder une sur l'étiologie; mais, faute de faits et d'observations assez nombreuses, pathogéniques et anaLomo-pathologiqucs, sa classification nouvelle manque d'une base solide; elle pèche aussi par un côté important : elle tend à confondre ensemble des formes tout à fait difïérentes, lorsqu'elle admet une folie héréditaire, car il y a peu d'aliénations mentales où l'on ne trouve de l'hérédité morbide.