DIAGNOSTIC
cérébrales, et qui traitaient par des saignées, des purgatifs, les malades.
Le diagnostic de l'épilepsie dans les attaques épileptiformes de la paralysie générale des aliénés est quelquefois difficile à établir.
La similitude entre la première et les secondes est en effet souvent tellement complète que les meilleurs esprits hésitent à porter le diasrnostic.
11 faut attendre la fin de l'attaque et même quelques jours après l'attaque. Si l'on constate alors que le malade a perdu de sa mémoire et de ses facultés intellectuelles générales, et en particulier de l'attention, de l'initiative, de la volonté, de l'aptitude à la direction de son ménage et de ses affaires ; si l'on note qu'il est atteint d'une parésie plus ou moins complète de la face ou d'un membre, ou d'un peu d'incontinence d'urine, et si l'on observe qu'il a conservé des secousses choréiformes dans un côté du corps, on peut être certain que l'attaque convulsive est symptomatique de la paralysie générale.
Ucclampsic occupe aussi une place dans la question du diagnostic différentiel de l'épilepsie avec les autres affections convulsives.
On ne peut diagnostiquer l'éclampsie qu'en tenant compte des antécédents, des circonstances concomitantes (grossesse, accouchement, débuts d'une fièvre éruptive, dentition, albuminurie) ; de plus, l'éclampsie présente presque toujours le caractère aigu, est souvent accompagnée de fièvre et se lie à un état morbide qui se manifeste par d'autres symptômes, et ne laisse pas entre les convulsions des intervalles de santé parfaite; l'épilepsie est un état chronique, apyrétique, d'une étiologie vague, qui présente, entre les attaques convulsives, un état de santé complète. En outre, il est rare que la première attaque d'épilepsie n'ait pas été précédée de phénomènes prodromiques analogues à ceux que j'ai décrits.
L'hystérie est facile à distinguer de l'épilepsie. En effet, au lieu d'observer, comme dans l'épilepsie, un cri unique, la perte immédiate et complète de connaissance, la pâleur, puis la lividité de la face, sa laideur, la raideur générale, les secousses générales, la morsure de la langue, l'écume à la bouche, le coma, le slertor, la stupeur consécutive, on entend des plaintes, des sanglots; on assiste à des efforts pour se débarrasser la gorge ; on voit une teinte et une apparence non désagréables de la face qui exprime la souf-
DE L'ÉPILEPSIE
franco, mais non la laideur; aucun signe d'asphyxie, pas de morsure de la langue, pas de stertor, pas de perte de connaissance; après l'accès, aucune stupeur, seulement de la fatigue, des sanglots ou des rires.
L'hystérie peut exister chez un même malade en même temps que l'épilepsie (1). Les travaux de Sandras, Bourguignon, Landouzy, Maisonneuve, Beau, Briquet(2), Moreau (de Tours}, Dunant, autorisent à admettre deux formes bien distinctes d'hystéro-épilepsie : dans la première il y a tantôt des accès d'hystérie et tantôt des accès d'épilepsie; dans la seconde, les accès se composent, en même temps, de symptômes hystériques et de symptômes épileptiques réunis (Landouzy). A ces deux formes types on peut, avec Dunant, ajouter un groupe d'hystériques qui ressentent quelques-unes des manifestations non convulsives de l'épilepsie (vertige, absence), et un groupe d'épileptiques qui présentent quelques symptômes de l'hystérie non convulsive.
Il est une classe d'accidents vertigineux (vertige nerveux) qui peuvent être une cause d'erreur dans le diagnostic : ce sont ceux qui sont liés d'une part à des lésions de l'oreille interne, siégeant spécialement dans les canaux demi-circulaires, et d'autre part à des désordres gastriques.
Le diagnostic de ce genre d'accidents doit se fonder sur l'absence de perte complète de connaissance, sur l'existence des bruits dans les oreilles, de diminution de l'ouïe, de douleurs auriculaires, de lésions de la membrane du tympan.
Le vertige a stomacho se distingue en particulier du vertige épileptique par les circonstances étiologiques qui lui sont spéciales (excès d'aliments, inanition ou dyspepsie habituelle). Dans ce cas, le malade ne perd pas connaissance.
Pour trancher la question, l'épilepsie est- elle idiopathique ou symptomatique, le médecin doit remonter aux antécédents de toute sorte, se bien renseigner sur la façon dont se sont manifestés les premiers phénomènes, sur leur relation ou non avec une maladie qui aurait précédé l'épilepsie, sur les principaux caractères des attaques, sur l'état de l'intelligence, de la motilité et de la sensibilité.
(1) H. Landouzy, Traité complet de l'hystérie, 2° édition. Paris, 1848, in-8°.
(2) Briquet, Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie. Paris, 1859, in-8'.