DU TRAITEMENT DE LA FOLIE
gommeux d'opium uni à la digitale contre l'excitation des aliénés (1).
La méthode des injections sous-cutanées, si justement prônée par le prolesseur Béhier, en 1859, par Bourdon, par Courty (de Montpellier), et parfaitement exposée dans la thèse de Jousset, devait être utilisée dans la folie, chez des malades qui n'ont pas conscience de leur état et qui résistent à tout, jusqu'à rendre impossible la prise de médicaments par la bouche.
L'application de cette méthode au traitement de la folie me paraît avoir été faite en 1857, par Erlenmeyer, le premier, ou du moins cet auteur a publié le premier travail sur ce sujet. Il a assigné à cette méthode l'avantage d'une action immédiate et sûre (2) .
La méthode des injections sous-cutanées de morphine est employée aussi à l'Asile des aliénés d'Illenau (3).
Les avantages qui ont été reconnus à l'emploi de cette médication , par Roller, sont une action sédative qui dure de trois à six heures et une vertu curative dans la lypémanie et dans les aliénations où il existe des névralgies.
D'un autre côté, Reisner (4) dit n'avoir rien obtenu avec la morphine dans la folie triste, et il affirme que la morphine n'a jamais retardé ni prévenu les accès de folie intermittente, et n'a jamais guéri les malades dont la folie dépend d'hallucinations de la vue et de l'ouïe. Pour ce médecin, la morphine est efficace contre les anomalies de la sensibilité périphérique , et elle a peu d'effet dans la manie aiguë.
Kraft-Ebing, élève de Roller (5), insiste sur la coexistence, dans la plupart des afFections mentales, de deux facteurs, l'un central, l'autre périphérique, intimement liés l'un à l'autre, et il déclare que c'est cette découverte de l'élément périphérique de nature névralgique qui a conduit le médecin d'Illenau à faire usage des injections sous-cutanées dans la folie.
(1) Annales médico-psijchologiqiies, janvier 1868.
(2) Erlenmeyer, Ann. méd.-psijch., 1857.
(3) Atmales de la Société de médecine de Gand, 1868.
(i) Reisner, Annales médico-psychologiques, t. XII, p. 280, 1869. (5) Kraft-Ebing, An7i. de la Soc. de méd. de Gand, p. 147. 1870.